‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 129 sur 295 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Ces animaux détruits sont du reste jusque dans les -couches supérieures différents des organismes actuels des mêmes contrées, et par leur forme ils rappellent beaucoup plus les types des tropiques que les habitants actuels de la mer du Nord et de son littoral. Quelques rayonnés seulement et quelques mollusques sont communs à cette période et à l’époque présente.

Entre ces deux grands bassins tertiaires, l’un au nord de la France, l’autre en Angleterre, se place, comme anneau intermédiaire, le bassin belge non moins étendu et dont les assises se rattachent plus étroitement au dernier par leur composition minéralogique, mais sont en contact immédiat avec le premier dans le sud-ouest, ce qui ne laisse place à aucun doute sur la formation simultanée des trois bassins dans une seule mer tertiaire. Les différences dans les matières déposées et la présence répétée de formations d’eau douce ont eu pour cause des oscillations du fond de la mer pendant la longue période que dura le dépôt, lie même qu’en Angleterre le calcaire grossier |tarisicn est représenté par des bancs puissants de sable, de même en -Belgique sa place est occupée par des sables et des calcaires arénacés, et au-dessus par des sables verts qui correspondent au sable blanc marin avec coquilles du bassin de Paris.

La ressemblance beaucoup plus grande des êtres organisés existants dans les deux systèmes de couches, qui contiennent les assises distinguées par les écrivains français en couches miocènes et couches pliocènes, est plus que suffisante, puisqu'on n’y peut découvrir aucune division tranchée, pour qu’on les rassemble en un seul groupe formant le second étage du terrain tertiaire'. Ils se présentent dans l'Europe centrale cl méridionale sur plusieurs pointa et y constituent des gisements considérables. Leurs couches alternant de mille façons et leurs fossiles animaux et végétaux très-riches en espèces n’ont été étudiés soigneusement que dans ces dernières années, bien qu’ils fassent connus depuis longtemps à cause du haut intérêt technique et économique qu’ils offrent. Nous ne pourrons donner ici une description spéciale que des plus importants d’entre eux.

Hans le nord de l’Allemagne les couches miocènes à liçjnite sont immédiatement situées au-dessous d’un terrain de transport peu

1 Celte réunion des terrains miocène et pliocène dans uii groupe unique rjral au terrain rtH’ètir, est généralement admise maintenant en Mlemagne, et ce groupe a pris le nom de néoyène. — G.

serre et occupent une vaste étendue. Elles sont composées de bancs d’argile, de sable et de cailloux, entra lesquels s'intercalent des amas de lignite. Elles se rattachent étroitement aux assises éocènes les plus récentes dont nous allons parler tout d’abord, Le sable, qui forme ordinairement Ja couche la pins supérieure, est souvent trèspeu agrégé en masse et ne constitue pas un vrai grcs, mais un simple banc arénaçé qui, exposé à l’air, se décompose en un sable extrêmement fi il micacé ou glauconrfére. Il ne possède un certain degré de cohésion que dans quelques régions. Cependant dans plusieurs lieux, à Halle par exemple, on le trouve sur une certaine étendue couvert par un grès très-solide et très-dur qui parait s'être formé par iufiltration de silice dans le sable. Ce grès porte le nom roche tuberculeuse (knollenstein) a cause de sa forme en fragments isolés et irréguliers ; dans le Rhin il forme les blocs polis entraînés par l’érosion du sable poreux. Les lianes argileux sont ordinairement plus résistants, mais ne constituent pas encore une roche solide ; leur texture est beaucoup plus meuble que les argiles des formations plus anciennes. Ils ont une couleur blanche ou gris-clair, quelquefois jaune, rouge ou brime, renferment çà et là des nodules de pyrite ferrugineuse, sont fortement mélangés de sable ou d’autres alliages (glaises), nu bien sont purs et s'approprient tout particulièrement à desmanipulations industrielles, emploi auquel on les a appliqués depuis de longs siècles. Toute la poterie et la vaisselle de terre est faite de cette argile, d’où ou lui a donné les noms d'argile plastique, argile à potier, par lesquel- on la désigne, pour la distinguer d’autres bancs argileux fortement mélangés de chaux et de sable, plus récents, le lehm, qui ne peut être employé que pour les tuiles et la poterie grossière. La véritable argile plastique est onctueuse au toucher, d’une texture fine, se prend en masse compacte et ne laisse pas pénétrer l’eau ; dans le lelim, au contraire, l’eau s’infiltre facilement et l'entraîne rapidement. Des assises épaisses d’argile, comme on en rencontre de (iü pieds et au delà, protègent contre l'humidité les couches situées au-dessous d’elles et forment un toit sur lequel les eaux se rassemblent pour aller reparaître dans la direction de leur pente. Leur existence explique la grande richesse en sources jaillissantes de certaines parties déclives du sol formant des enfoncements et l’élévation de l’eau dans les trous de sondage qui rencontrent une de ces couches déclives imperméables et vien-

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