CHAPITRE XIV
ou moins grande de cette matière, elles ont pris un degré de solidité très-différent. Beaucoup sont restées friables et terreuses, d’autres ont pris plus de cohésion et constituent une masse argileuse à laquelle on donne le nom de ijaiUetle (knorpelkohlc). L’apparence du tissu végétal conservée non-seulement sur des fragments isolés, mais sur des troncs entiers, l’empreinte du réseau des feuilles, la présence de fruits et de graines dans quelques lieux, prouvent sans réplique l’origine végétale du lignite et permettent d’établir clairement les parentés de familles de ces plantes du monde primitif. Elles correspondent aux arbres forestiers des régions chaudes intcrtropicales, de même que les animaux de la même époque sont analogues aux habitants actuels de cette même région des tropiques.
Les lignites ne sont pas exclusivement limités aux couches tertiaires moyennes ; on en a trouvé dans le terrain éocène «lu bassin de Paris et on en rencontre jusque dans les assises tertiaires les plus jeunes; mais nulle paît ils ne se montrent aussi abondants et aussi fréquents que dans l’étage miocène. Ils se sont accumulés surtout dans les enfoncements en forme de cuvette sur la lisière des terrains déprimés du nord de l'Allemagne. On y a ouvert des carrières dans beaucoup de localités, et ils existent encore inexploités dans beaucoup d’autres. Ce fait est prouvé par la présence d’une résine fossile bien connue sous le nom d’amère jaune (l’électron des anciens) et qui provient des mêmes arbres dont les troncs sont enfouis dans les couches à lignite. Les anciens avaient déjà soupçonné que l’ambre jaune est d’origine végétale ; sa nature résineuse et la présence d’insectes ou d’autres corps étrangers démontre très-clairement qu'il a étéjadisà l’état liquide. Au moment de son écoulement, celte résine était limpide, liquide cb gluante comme toutes les résines actuelles à l’état frais, et les objets qui tombaient sur ses globules s’y attachaient fortement. Les êtres vivants, tels que de petits insectes, étaient incapables de s’arracher de sa surface visqueuse et s’enfonçaient de plus en plus dans la masse en se débattant, jusqu’à ce qu’un nouvel écoulement les enveloppât complètement et les ensevelit pour toujours. La résine se durcissait, se fendillait plus tard et enfin tombait sur le sol, d’où elle fut entrainée par les Ilots lorsque de grands cataclysmes vinrent submerger les forêts et les recouvrirent de couches d’argile et de sable. Les masses légères d’ambre furent emportées loin de leur premier gisementet enfouies dans des couches où elles ne peuvent exister
que comme matières de transport. Leur forme çn nodules ronds et leur surface polie prouvent incontestablement la série de phénomènes que nous indiquons. Elles existent d’ailleurs autrement que comme épaves rejetées par la mer Raltique, le long des côtes du Mecklembourg, de la Poméranie et de la Prusse; on les trouve encore dans les terrains de transport de ces régions et même dans le bois de quelques gisements de lignite'. Mais on rencontre encore plus fréquemment dans le lignite une autre résine fossile, la rétivité. Elle ressemble à l’ambre jaune, mais n’est jamais aussi limpide, possèdo toujours une couleur jaune de cire, est facilement friable, cellulaire et spongieuse, ne renferme aucun insecte et ne brûle pas avec une flamme claire, mais «e consume lentement au milieu d’une fumée épaisse. Sa production par les arbres des lignitcsesl clairement indiquée par les lieux où on la trouve, de même que celle de l’ambre jaune l’est par la ressemblance qu’il a avec le copal et par la présence d’insectes qui existent aussi dans beaucoup d’autres résines. L’origine végétale de ces deux substances est si évidente, qrt’elle n’est plus mise en doute par personne.
Dans les lignes précédentes nous avons esquissé les traits généraux du terrain à lignites et fait connaître les assises les plus importantes qui lui appartiennent, nous allons maintenant jeter un coup d'œil sur sa distribution géographique et compléter sa description générale en étudiant avec plus de détails un bassin particulier. Cette méthode d'exposition est d’autant plus nécessaire, qu’aucune autre formation ne présente d’aussi grandes variations locales. Dans quel (pies lieux de l’Allemagne on y a ouvert de nombreuses mines, comme en Saxe et dans les environs de Halle. Une partie de la ville repose sur le lignite et tout le territoire urbain est riche en dépôts charbonneux. Au loin dans les environs s’étendent des amas isolés qui, du côté de l’ouest, atteignent jusqu’au pied du Hartz, et aii sud remontent dans la vallée de la Saale vers Weissenfels jusqu’audessus de la vallée del’Elster, du côté de Zeit/,. Un autre petit district de lignite se trouve à l’ouest d’Allenbourg et un troisième au nordest à Dorna*. La planche ci-contre nous fait pénétrer dans les mines
1 l/étudc microscopique de In structure de ce l>ois à ambre a fait reconnaître un genre Prxice très-rapproché de nos l’inus, et on l'a décrit sous le nom de P cure (Finîtes) xuccimfrr. — G.
a La grande formation tertiaire du nord de l'Allemagne a ses limites au nord sur les rivages du la mer du Nord et de la mer Baltique, et dans le Schleswig-Holstein place nu mi-