CHAPITRE XIV
riaire, tout le pays plat et peu élevé de ee côté'des Alpes était submergé sous les eaux ; de vastes inondations déposèrent les assises diluviennes de lelim, de graviers et de cailloux, et creusèrent peu à peu les vallées des grands fleuves avec leurs rives élevées. Dans ces dépôts, on trouve surtout les restes de Mammouth, de Rhinocéros, d’Urns et de Cheval, d’Hyène des cavernes et d’Ours des cavernes. Colt-! période se termina avec le siulèvement de la Scandinavie, et de nouveaux glacière se formèrent dans les Alpes et les montagnes du Nord, et s’avancèrent lentement à la rencontre les uns des autres. Des siècles s’écoulèrent avant que les glaciers de la Suède fussent descendus jusque dans le milieu de l’Allemagne. Les glaciers actuels de la Suisse, placés dans des conditions favorables, ne progressent que d’une lieue en cinquante ans, dans les cas où la température , des vallées profondes contribue aussi à favoriser leur marche en avant. La limite méridionale du grand glacier du nord de l’Europe est tracée par les blocs erratiques (p. 58) transportés par lui- et abandonnés, après sa fusion, sur les points où nous les rencontrons. Nous pouvons admettre, comme cause de la fusion et de la disparition complète de la calotte glaciaire, l’élévation do la température à son degré actuel dans l’Europe centrale et septentrionale.
Agassiz ’, le défenseur le plus récent île cette théorie si ingénieuse, a su tirer parti, avec une grande habileté, de toutes les particularités sur lesquelles elle repose pour la rendre de plus en plus admissible. Mais il n’a pu expliquer la cause d’une catastrophe si considérable; lacune qui a laissé beau jeu aux attaques des opinions adverses. De nouveaux savants, reprenant la théorie en partant de points de vue différents, ont tenté, avec plus de succès, de combler cette lacune. Ils se sont efforcés de prouver la nécessité du phénomène avec une rigueur mathématique, et ensuite ont mis en pleine lumière sa réalité. Nous reviendrons sur ce point, avec plus de détails, dans le chapilre xvi, qui traitera des périodes de Création, et nous nous contenterons, pour le moment, du fait acquis. Ajoutons seulement que l’existence d’une période glaciaire, à la (in des dernières révolutions qui ont précédé les temps actuels, n’entraîne pas avec elle un abaissement général de la température à un degré au-dessous du point de congélation de l'eau sur toute la surface de
* Voir Fourrage de cel auteur que nous avons déjà cité (page 55).
la Terre, mais que les causes du phénomène proviennent plutôt de circonstances complètement différentes. Nous n’avons donc pas besoin de faire descendre le refroidissement général de notre planète à un degré aussi bas, et d’imaginer un nouveau réchauffement dans la température |>our la périodo subséquente. Il nous faut, au con- Iraire, toujours avoir devant l’esprit que la Terre, pendant toute la suite de temps écoulés depuis la première apparition des organismes jusqu’à la formation de la glace, possédait dans l'hémisphère nord une température incontestablement plus élevée que celle qui règne aujourd'hui dans nos latitudes, et avait alors une chaleur spécifique plus grande. Les restes fossiles das êtres organisés de cette époque ne laissent place à aucun doute sur ce point. C’est encore une er- , reur d’admettre, comme on l'a fait jusqu'ici, que les corps congelés des grands animaux terrestres, tels qu’Kléphants et Rhinocéros, sonl réellement enveloppés dans les blocs de glace sur le littoral septentrional do la Sibérie. En fait, ils se trouvent empâtés dans le sol gelé lui-même (p. 1Ö0, noie 2). Ils y sont encore debout et si bien conservés, qu’on a pu les considérer comme des individus isolés qui s'étaient enfoncés accidentellement et encore vivants. Sans doute égarés dans ces régions, alors que le sol, non. encore congelé, était trop peu consistant pour porter le poids énorme d’un Éléphant, ils purent s’y enfoncer àssez profondément pour y être complètement ensevelis. Ce fut seulement plus tard, lorsque la couche de terre gelée profondément se souleva uniformément en même temps que le sol augmentait par de nouveaux dépôts, que le cadavre arriva dans la glace, où il fut comme embaumé pour nous. Nous n'admettons donc pas que jamais des phénomènes autres que les éruptions de matières plutoniques ou volcaniques aient agi dans les cataclysmes de cette période de temps. Nous attribuons auT ■ grandes eflluves île chaleur, dont l’exhalation dut accompagner ces phénomènes, la température élevée du Globe terrestre pendant cette époque, et le refroidissement postérieur à la période de repos qui vint après. Sur quelque point limité, la présence d’un foyer volcanique puissant peut avoir ralenti cette décroissance uniforme de la chaleur, fait curieux réalisé jusque dans les temps historiques en Islande: mais' tôt ou tard, ce foyer dut s’épuiser et entraîner un rapide abaissement relatif de température qui, en somme, ne lait que donner à ces régions un climat eu rapport avec leur position