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laits grandioses d'une nature semblable que le géologue anglais Lyell, à qui nous devons la description donnée ci-dessus de la brèche du Sinielo, a le premier fait connaître exactement Nous voulons parler de la célèbre cataracte du Niagara, entre le lac Erié et le lac Ontario. Ces deux lacs appartiennent au bassin du Saint-Laurent, l’Erié occupant la partie supérieure et l’Ontario l'inférieure. Un plateau de calcaire s’étend en un vaste arc de cercle
Kig. 1. — Ctmadc du l'urnlhollol «Irland«»).
autour de l’Ontario et le sépare des quatre grands lacs placés beaucoup plus haut. Cette terrassées! la cause de la cascade du Niagara. Les eaux des lacs supérieurs s’y précipitent dans l’Ontario. Actuellement la chute se trouve assez exactement au milieu entre les deux lacs. Elle est éloignée de l'Erié de 5 milles 3/4, de l’Ontario de 3 milles 1/2. Mais primitivement elle devait être sur le hord de la terrasse à 1 mille 1/4 plus bas vers l’Ontario. Cette assertion s’appuie sur ce que, depuis la chute jusqu’au bord de la terrasse, le llctivc est encaissé dans une étroite gorge de 500 à 1,000 pieds de
* Voy. son Voyage dann l'Amérique du Sord.
large, dont les parois se dressent presque à angle droit ; et, en outre, sur ce que le mouvement de recul de la cascade continue toujours. Ce phénomène provient du lleuvc et de son action érosive. L’eau, après avoir coulé rapidement pendant 1/4 de mille à travers une solide couche calcaire d'une épaisseur de 50 pieds, se précipite1 du haut d’une seconde couche calcaire, épaisse de 90 pieds, au-dessous de laquelle existe une couche de schiste d'une puissance égale. Celle-ci est continuellement rongée par le choc des eaux et surtout des troncs d’arbre qu’elles roulent avec elles. Les couches supérieures perdent leur support à la suite de cette destruction et s’effondrent de temps en temps, ce qui recule la chute d’une distance égale vers le sud. Un a établi, d’après des observations remontant à 40 ans, ipie le progrès moyen est 1 pied par année. Le fleuve a donc employé 35,000 ans pour creuser la gorge longue de 1 mille 1/4 et il lui faudra encore 70,000 ans |>our atteindre lç lac Érié. On peut aflîrmcr avec certitude que le l'ait se réalisera un jour.
Les modifications produites par la mer sur les rivages de la terre ferme ne sont pas moins importantes, quoique tout aussi locales. Son action est dans ses effets généraux analogue avec celle des fleuves, soit parce que, comme nous l’avons vu plus haut, la mer au voisinage des côtes obéit à des courants constants ; soit parce qu’elle est tenue dans un mouvement périodique régulier par les marées, mouvement qtii ne sc propage pas jusque dans les mers intérieures, telles que la mer Baltique et la mer Noire; soit, enfin, que fouettée par les vents, elle se soulève avec violence. Tous ces mouvements agissent sur les côtes et y produisent un rejaillissement auquel les roches les plus dures cèdent peu à peu. C'est pour cela qu’on a attribué à la mer, comme aux fleuves, le pouvoir de ronger scs rivages, action qui a d'autant plus d’influence sur la forme de ceux-ci, que les roches qui les composent sont plus molles et plus friables. Nous savons comment la mer transforme peu à peu des bandes de terre en des, entame celles-ci et à la lin achève de les détruire. Tel est le destin, que font prévoir pour la petite île d’Heligolaud, située à l'embouchure de l’Elbe, les recherches faites ré-
1 En réalité il y n doux cascades. I.n petite île. en effet Tioaldstand , qui se trouve ntl bord de l'abîme, partage la cascade eu deux moitiés inégales. I.a plus importante, nommée llorse-Shoe, sur la fùte anglaise, est large de 1,800 pieds, l/ilc en a environ l.fiOO. I.n cascade la plus petite mesure 1,600 pieds. La hauteur perpendiculaire est de 100 pieds.
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cemment sur son ancienne étendue'. Cet événement n’aura peutêtre lieu qu’après de longs siècles, mais enfin se réalisera. Quel- ■piefois la mer pendant les violentes tempêtes se précipite dans les petites baies du rivage, les creuse et les transforme en golfes. Nous avons dans notre pays plusieurs faits de cette nature bien constatés et (pii appartiennent aux temps historiques. Un des plus récents est la formation du Dollart à l’embouchure de l'Ems, que la mer creusa peu à peu depuis 1277 jusqu’on 1559. Un peu plus tôt ( I2I8| le Jahde se forma de la même manière à l'embouchure du Weser, avec des dimensions beaucoup plus grandes, et vers le même temps (de 1219 à 1282) eut lieu l’union du Zuiderzée, fermé jusque-là, avec la mer. Les îles nombreuses en forme de dunes qui s'étendent sur la côte orientale du Schleswig, depuis lcJutland jusqu’au Holstein, sont encore attaquées par les Ilots. Beaucoup ont déjà été détruites et toutes éprouveront le même sort qu'Ileligolaud. Les côtes de la Hollande et de la Frise, placées dans les mêmes conditions, modifient leurs contours presque chaque année.
Sur tous ces points la mer ne rencontre qu’une plage de sable unie dont elle emporte aisément des parties, même lorsque les vents y ont entassé les dignes naturelles de sable connues sous le nom de dunes. Ces dunes de sable sont un des caractères presque généraux de toutes les côtes au nord-ouest de l’Allemagne et de la Hollande. Elles opposent un obstacle aux assauts dis flots, mais elles sont trop faibles pour résister à toutes les attaques de l’Océan. Tantôt les Ilots, bouleversés par la tempête, les rompent et creusent des golfes dans les terres placées derrière elles. Tantôt clics sont entièrement rongées ou emportées par les vents de la mer sur les terres et occasionnent un ensablement du sol qui cause de plus grands dommages qu’elles ne rendent de services en brisant les flots. Les rivages abrupts et élevés, surtout lorsqu'ils sont formés de roches dures, offrent plus de résistance que ces côtes plates. Bien que la nier ne puisse les submerger ni les entamer par leur surface, clic exerce cependant une action érosivc sur elles. Lorsque les côtes sont formées de roches cristallines ou compactes, les fissures qui existent dans leur masse deviennent la principale cause de destruction exercée par la mer. Elle entraîne, en effet, peu à peu les quar-
1 Vov. K. W. M. Wiehel, i'Ile d'HcUgaland recherches sur son étendue dan* l’an tvfuite et te. fnescid, etc.). Ilmiiliour^, 18 S8. I*.
tiers séparés et expose de nouvelles surfaces à la décomposition. Les débris tombent au pied de l'escarpement, s'accumulent avec le temps et forment par la suite une forte digue, qui brise la puissance des flots et arrête la destruction. Les solides murailles de rochers échappent ainsi aux changements continuellement produits par la iner. Mais si le rivage est composé de masses terreuses ou stratifiées, l’action dç la mer est encore plus énergique. Dans ce dernier cas, il importe beaucoup de faire attention à la direction des assises par rapport à la mer, si l’on veut bien comprendre son action. On constate, en effet, que les strates qui plongent dans la mer sont détruites bien plus aisément que celles qui s’élèvent de la terre vers la mer. L’eau pénètre facilement entre les assises et en se retirant emporte avec elle une partie de la couche détruite en causant l’éboulcment des parties supérieures. Dans l’autre cas. la destruction des couches supérieures devient impossible et ne peut se concevoir que par l’érosion mécanique du bord libre ou une excavation suivie d’éhoulemcnt.
Heligoland irous donne sur ses côtes du sud-ouest un exemple bien connu de cette espèce. Nous l’avons liguré dans la planche ci-contre. Le rivage élevé, abrupt et dentelé est composé de bancs d’argiles marneuses, rouges et arénaeées, qui plongent vers la terre et alternent avec de minces assises de grès blanc très-fin. L’extrémité dénudée de ces strates est exposée à toutes les attaques de la mer*. Le rivage rongé par les flots s’élève perpendiculairement à une grande hauteur jusqu’à son bord extrême et projette dans la mer des dents traversées latéralement par de grandes ouvertures, telles qu’on les voit sur la planche figurant le Momers-Gat. Devant et à l'intérieur de ces ouvertures gisent les nombreux débris formés par la destruction des blocs de rochers. — Les rivages terreux et surtout les falaises crayeuses (pii forment la côte orientale de l’Angleterre et celle* des îles danoises et de Rügen résistent encore moins que le grès et les strates marneuses d’ilcligoland. La mer lcsaffouille constamment et les parties qui reposent au-dessus, manquant d'appui, s'abiment dans les flots. La marée les emporte, la base de la falaise est de nouveau mise à nu, et l’œuvre de destruction se continue. Cependant les côtes terreuses de l’époque tertiaire
1 Yov. rinU*ro*«nnt travail il«* O. Volger sur la Géognoxic d'Hcliyolaud, Ijuiiebottty , Ükycbvry, etc. Brunswick, 1 H 10.
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renferment des blocs de roches plus dures, que l’on rencontre plus particulièrement dans les marnes. Ces blocs naturellement sont précipités avec la falaise, niais sont trop volumineux pour être transportés par la mer et trop durs pour sc désagréger. Ils restent donc en place et avec le temps forment devant le rivage une digue qui protège contre l’érosion les parties moins résistantes placées derrière elle. Dès lors les pluies seules et la désagrégation naturelle des roclios agissent pour entamer ces falaises et les modifier.
Kig. i. — Falai'C'i Jileligolautl.
Ces digues de rochers qui défendent le bord extrême des côtes contre l’action érosivc de la mer, sont remplacées ailleurs par des bancs de sable et d eyalets entassés. Déjà dans la formation des deltas nous avons décrit des phénomènes analogues produits par la rencontre des fleuves et de la mer, et nous avons prouvé que les dunes sont le résultat du conflit de deux mouvements opposés. Ici nous voyons des formations de même nature auxquelles la mer semble donner naissance. On appelle bancs de ijalets des entassements de cailloux roulés gros et petits, de fragments de roches de toutes sortes que la mer rejette hors de sou lit, ou bien de coquilles deniol-
lusques qui vivent là uu y ont été apportées par un courant constant ou par un vent fixe. Le plus souvent ces matériaux sont remportés par le Ilot qui les avait jetés à la cote et ne peuvent pas s’y accumuler. Mais en certains points, où régnent des vents lixes qui à certains moments se déchaînent en tempête, l'impulsion énergique des Ilots sur les galets l’emporte sur l’action de retrait des eaux. Il seibrme peu à peu une digue de cailloux, que le sable et la vase infiltrés dans leurs interstices soudent ensemble et qui constituent ainsi une masse solide. Ces digues sont les bancs de galets. Ils résistent parfaitement au choc quotidien des Ilots et protègent le rivage aussi bien que les rochers qui s’en détachent, dont nous avons déjà parlé, et qui s’entassent devant lui. Le plus souvent les deux circonstances agissent en même temps. Les gros blocs désagrégés deviennent la cause qui retient les petits galets apportés par les Ilots. C’est par cette voie que se sont formés les grands bancs de galets placés devant les rivages crétacés que nous avons cités et dont l’ile pittoresque de Rügen nous offre de beaux exemples à Arcona et Stubben-Kammer.
Les bancs de sable diffèrent des bancs de galets en ce qu'ils sont uniquement composés de sable lin et qu’ils changent facilement de forme et de dimensions. Ils se forment tantôt sur les rivages plats et sablonneux au moyen des sables rejetés par la mer, tantôt sur les points où plusieurs courants se rencontrent, ou bien encore lorsqu’un courant se trouve brusquement arrêté. Sous l’influence tle ces deux causes, l’eau dépose ses graviers ou ses sables légers, et comme elles sont aussi constantes que le mouvement des eaux elles-mêmes, il en résulte un continuel exhaussement du bas-fond. C’est par ce procédé que naissent, devant l’embouchure de presque tous les fleuves, ces bancs de sable qui n’arrivent pas à former des deltas ou des îles ; ceux-ci eux-mêmes ont toujours commencé par n’ètre que des bas-fonds de cette nature. Les détroits et les promontoires du rivage sont très-appropriés pour former de ces bancs de sable. En effet, on y voit presque toujours deux courants opposés. La mer Haltiqm^en présente des exemples variés. Le détroit entre l’ile de Rügen et la côte de Poméranie s’ensable tellement à son extrémité occidentale, qu'il ne peut cire tenu ouvert à la navigation que par des moyens artificiels. Cet ensablement provient à la fois et du ralentissement cpie le courant du détroit éprouve à sa sortie dans la