‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 142 sur 295 · CHAPITRE W · texte numérisé non relu

CHAPITRE W

méridional qui, nous l’avons vu, n’onl pris aucune part au soulèvement. Cette circonstance, d'une part, et l'infiltration des filons de granit dans le pyroxène, sur les points où ces deux roches se trouvent en contact (avec l’euphotide, p. ‘202), d’autre part, démontre l’apparition postérieure de la première. Les roches pyroxéniquos sont donc les seules qui ont pu causer le redressement des massifs schisteux du Hartz. Hausmann, par des observations rigoureuses, a prouvé la réalité du fait, et il a fait voir, en s'appuyant sur la multiplicité des points éruptifs du pyroxène, que les couches neptuniennes du Hartz ont subi un nombre égal de soulèvements localisés, phénomène à l’aide duquel il a expliqué les ondulations qui existent dans la direction des plans de stratification. Il distingue sept de ces soulèvements partiels, et, après que les couches du Hartz, eurent ainsi pris la direction du S. -O. au N.-E., il fait apparaître les granits et les porphyres dans une direction opposée dcl'O.-N.-O. à l’E.-S.-E., par une série de soulèvements postérieurs. Un dernier soulèvement, le plus jeune de tous, releva les couches des sédiments plus récents, situés sur le versant méridional du Hartz. Ce redressement s’effectua dans la période qui suivit le dépôt de la craie et avant la formation des couches tertiaires. Hausmann place aussi dans la même période le redressement vertical des bancs de gypse, situés sur la lisière méridionale du Hartz, et il croit pouvoir attribuer ces deux phénomènes à des causes analogues. Sa théorie n’a encore qu’une valeur conjecturale, et on ne peut, pour le moment, lui donner une rigueur réellement scientifique.

L. de Buch, le premier, puis F. Hoffmann et enfin Hausmann ont donné d'ingénieuses explications pour rendre compte des métamorphoses que les sédiments neptuniens ont éprouvé au contact du pyroxène et du granit. Les roches pvroxéniques, ne se développant qu’en bandes ou en lignes étroites parallèles aux couches des roches stratifiées, ont produit des métamorphoses beaucoup plus faibles que le granit et causé dans les masses neptunicnnes de simples modifications, tantôt formelles, tantôt matérielles. Dans ce dernier cas, le pyroxène était accompagné d’une infiltration d 'oxyde (le fer et d "aride silicique dans les strates de la grauwake. Nous n’essayerons pas de dire sous quelle forme l’acide silicique se trouvait, lorsque s’effectua le métamorphisme, bien que l’hypothèse la plus probable est qu’il pénétra par voie aqueuse. En tous cas, il est par-

faitement certain que les schistes siliceux, les quartz ferrifères, Vhomstein et les schistes novaculairef, ont été formes par ce procédé. Ils enveloppent les roches pyroxéniques avec un développement plus ou moins grand, et, en s’écartant d'elles, vont se perdre dans la grauwaeke. 1,’influcncc du granit, comme agent de métamorphisme, a été plus énergique ; et, bien que les métamorphoses produites par lui soient on partie les mêmes que celles du pvroxène, il li en est pas moins constant que les effets de sa contiguïté sont heaueoiqi plus grands et beaucoup plus développés. Le schiste siliceux, voisin du granit, est beaucoup 'plus puissant; et Hausmann l’a distingué, à cause de cela, en le désignant par le nom de schiste siliceux eu roche (Kicselsehieferfels). Le homfds a pii se former par l’infiltration de silicates alcalins dans la grauwacko ou dans la quart/.ile ; à cette substance est venu s’ajouter du silicate de magnésie pour la production du mir«, de la chlorite et de la hornblende, et pour causer de nombreuses modifications du hornlêls. Le gneiss et le micaschiste, tout en étant pou communs datis le Hartz, n’y manquent cependant point absolument. On a constaté la présence du gneiss sur le haut du Brocken formé de granit, et celle du hornfels dans toute la région environnante. Celte dernière roche apparaît encore très-fréquemment au milieu des granits du Hosstrappe, et le recouvre même comme une écorce à sa surface. (Voy. la carte précédente, page 320.) k

Après cette description typique du Hartz, nous allons passer en revue les autres chaînes de l’Allemagne. Mais, avant de commencer, nous devons avouer que les conclusions déduites de la disposition de leurs couches sont, sous beaucoup de rapports, encore plus hypothétiques que celles où nous sommes arrivés sur l'âge du Hartz, et qu’en étudiant avec soin chaque groupe de montagnes, nous constaterons, comme très-vraisemblable, l'existence d'un seul et même soulèvement qui s’est, réalisé en plusieurs fois et à des époques différentes.’ Le sujet dont nous nous occupons ici est encore trop nouveau, et les observations sur lesquelles s’appuient les théories sont encore trop incomplètes pour que nous puissions espérer posséder, dès maintenant, une caractéristique définitive de l’âge relatif des montagnes. Nous nous contenterons donc de quelques données générales, et nous laisserons à l’avenir le soin d’en faire l’examen critique. Actuellement on admet douze époques différentes

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