CHAPITRE XV
de soulèvement, et on les classe avec leurs produits dans l’ordre suivant :
1 . Comme exemple des soulèvements les plus anciens, nous trouvons, dans notre pays, le redressement des couches du Hundsriick et du Taunus, avec lequel coïncide, en Angleterre, le soulèvement du Westmoreland et du sud de l'Ecosse. Les couches neptuniennes de ces chaînes de montagnes sont composées de schistes argileux cl de Grauwacke. En Allemagne, elles ont la même direction du S. -O. au N'.-E. que nous avons reconnue pour les assises de grauwackc du Hartz, mais elles s’inclinent presque toutes vers le nord, dans le sens opposé à celui du Hart/.. Le terrain houillrr qui existe au sud du llundsrück est contigu avec la grauwackc et incline faiblement vers le sud ; il est donc plus jeune que le soulèvement. Dans le Weslmoreland, les assises les plus anciennes du terrain houillcr, et même les couches du terrain dévonien (p. 245), n’ont pas été relevées, et par conséquent sont plus jeunes que le redressement des couches. Il semble même que quelques-uns des étages du calcaire de transition, non redressés, se sont déposés postérieurement au soulèvement de la grauwaeke. Leur direction du S. -O. au N.-E., se reproduit dans beaucoup de terrains de grauwackc et on l'a observée notamment dans le Westerwald, l’Eifel, dans la formation de grauwaeke située entre le Thuringerwald, le Eichtelgehirge et l’Erzgebirge et dans les grauwaekes de la Bohème. Peut-être qu'avec »le nouvelles observations on pourra démontrer que ce redressement général des couches de la grauwackc est le résultat d’un phénomène uni»|ue et simultané.
2. Il existe une autre série de montagnes de grauwaeke avec une direction différente. Les couches y courent à peu près de l’ouest à
l'est, ou inclinent un peu du nord au sud, et par couséipienl se •
trouvent irpposées presque à angle droit avec une des directions précédentes. Los terrains de grauwaeke du sud de l'Irlande, du Bocage en Normandie et du Belchen au sud des Vosges, affectent cette direction. Les formations houillères qui les accompagnent, avec leurs grès rouges, ne sont point soulevées, et prouvent que ce soulèvement suivit de très-près les précédents, tout en obéissant il une direction différente.
5. Le système du nord de l'Angleterre se compose de calcaires houillers et de grès soulevés dans la direction du nord au sud. Il se
caractérise par une disposition en dos d’âne avec redressements multiples, cl les couches ne s’y trouvent sur aucun point dans une position verticale. La chaîne s’étend depuis le Derby jusqu’aux frontières de l’Ecosse, relève les puissantes assises carbonifères qui l’accompagnent, et n’a donc, pu se soulever qu’après leur dépôt et la formation du terrain permien. Les roches plutoniques qui ont causé son soulèvement sont restées invisibles.
4. Le système des Ardennes ou des Pays-Bas et du sud du pays de Galles a une direction semblable à celle du premier système, du S.-O. au N'.-E.; mais à l’ouest, il incline de plus en plus au nord et arrive à prendre la direction du second système. Il se compose de couches de grauwacke fortement relevées, au pied desquelles les rouelles houillères se trouvent redressées et même renversées; en Angleterre, les assises du zeehstein et du grès bigarré, demeurées horizontales, viennent s’adosser sur ces dernières. Ün voit donc que le soulèvement de ces grauwaekes s’est produit après le dépôt des couches houillères, mais avant la formation du zeehstein, et par conséquent est beaucoup plus jeune que le soulèvement du premier et du second système entre lesquels il semble, par sa direction, constituer urr anneau intermédiaire. Peut-être la grauwacke du Taunus, du' Hundsrück, des Ardennes, de l’Eifel et du Westerwald subit-elle une série de soulèvements successifs et partiels, comme dans le Hartz, et les parties les plus anciennes (Hundsrück et Taunus) précédèrent-elles le dépôt du charbon simultanément avec le redressement de la grauwacke du Hartz, tandis que les plus récentes furent relevées postérieurement à la formation du terrain houiller.
5. Le système du Rhin se compose des Vosges et de la Foret- Noire, deux chaînes de montagnes de formation très-analogues. Elles enferment entre elles le Rhin depuis Bâle jusqu’à Mayence, et s’étendent par conséquent du S. -S.-O. au N.-N.-E., avec leurs pentes abruptes opposées l’une à l’autre. A l’intérieur et sur les versants opposés, elles sont formées de roches plutoniques et métamorphiques, et surtout de gneiss, au pied desquelles se développent, sur une vaste étendue, les couches neptuniennes du trias, dont les étages les plus jeunes, le muschclkalk et le keuper, ne sont plus soulevés et relevés. L'époque de son soulèvement tombe donc entre la formation du grès bigarré (grès des Vosges, p. 258) et des argiles schisteuses plus jeunes, qui le recouvrent. L’Odcnwald et le