‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 145 sur 295 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

de la portion méridionale, citée déjà, et de la région orientale soulevée à une époque postérieure. Le système du Mont-Blanc a relevé les couches les plus anciennes du terrain tertiaire et d’une époque plus récente que le Monte Viso, auquel il se relie en suivant une direction différente. 11 s’étend du N.-E. au S. -O.

12. A ce système se rattache comme dernier soulèvement en Europe le système des Alpes , depuis le Valais jusqu’en Autriche et dont l'exhaussement eut lieu après le dépôt de la molasse et du nagellluh. Les bouleversements dont il fut accompagné donnèrent lieu à la formation des puissants dépôts de graviers, qui ont précédé immédiatement l’époque actuelle. Ces graviers sont encore, dans les vallées des Alpes, dans leur gisement primitif, tandis que les couches de la molasse ont été soulevées. La direction principale des Alpes court de l’O.-S.-O. à l’E.-N.-E. et forme un angle aigu avec le système du Mont-Blanc.

O11 11’a plus que des conjectures basées sur quelques rares observations, et principalement sur la coïncidence de direction, pour classer les autres montagnes européennes et extra-européennes avec les systèmes de cette série, et pour déterminer le synchronisme de leurs soulèvements. L’avenir fera voir jusqu’où les hypothèses proposées concordent avec les faits. Tour le moment nous ne pouvons leur accorder notre attention qu’à titre de propositions conjecturales sous lequel nous leur donnons une place dans ce chapitre.

Elie de Beaumont considère le Liban et les montagnes de, la Syrie jusqu’au Siuaï comme contemporains du système de la Corse et de la Sardaigne. Il rattache au système des Pyrénées et des Apennins, les Gliales de l’Inde antérieure et les Alleghanis de l'Amérique du Nord, auxquels du reste l’identité de direction permet encore d’y ajouter les montagnes des deux rivages de la mer Rouge, les chaînes parallèles de l'Inde postérieure et la péninsule de Malacca. Au système du Mont-Blanc se relient les montagnes de la partie orientale de l'Espagne, qui se prolongent en Afrique pardessous le détroit de Gibraltar ; la chaîne principale de l’Atlas suit aussi la même direction, et son prolongement à travers l’Océan Atlantique va toucher à l’angle de l’Amérique du Sud au cap Saint- Roque, à partir duquel une haute chaîne de montagnes s’étend sans discontinuité, et avec la même direction, jusque dans l’intérieur du continent. Elle sépare le bassin du Tocantins des petites rivières si-

tuées à l’est. Les montagnes de la Seandinavie, du nord de l'Ecosse et les volcans de l’Islande, y compris l’ile voisine de Jean-Maycn, (dirent encore un parallélisme marqué avec le système du Mont* Blanc. En Asie, le Caucase, le Paropamisus et ('Himalaya ont une direction qui se rattache à celles des Carpathes orientaux et comme la partie occidentale de cette chaîne peut très-bien être considérée comme un prolongement de L arête principale des Alpes, ces montagnes asiatiques viennent aus^i se relier à ce système. Ces quatre groupes de montagnes décrivent donc au centre du continent oriental un arc immense dont le soulèvement est le plus récent qui se soit produit dans ce massif de terres fermes. La chaîne des Andes est encore plus jeune que toutes ces montagnes. Dirigée du nord au sud, elle décrit un grand arc tendu vers l’E., ou même suit une ligne du N .-N. -O. au S.-S.E. Cet arc a pour pendant sur l’hémisphère oriental un autre arc avec une courbure tout à fait analogue. Sa moitié septentrionale est constituée par les montagnes du Kamtschatka, du Japon, des Philippines et des Moluques, tandis que sa moitié méridionale est décrite par les montagnes de la côte orientale de l’Afrique. — L’àge récent de ces soulèvements se déduit de la présence des volcans dans les Cordillères et dans les montagnes dn littoral septentrional de l’Asie. Les deux systèmes concordent entre eux à ce point de vue, aussi bien que pour leur direction, circonstance qui, avec les observations que nous possédons, nous permet de les regarder comme contemporains. Les volcans sont, comme nous l’avons reconnu précédemment, les produits les plus récents des matières on fusion et gazeuses comprimées, cherchant une issue à la surface de l’écorce terrestre. Les chaînes de montagnes qui portent des volcans sur leurs plateaux et leurs cimes ou le long de leurs flancs ont dû cire, par cela même, soulevées plus tard que toutes les chaînes sans volcans. Aucune montagne ne nous présente autant de volcans, ou n'est en connexion aussi intime avec eux, que la chaîne des Andes de l’Amérique et que les hauteurs correspondantes du littoral oriental de l'Asie. Il n’existé donc aucun doute, que ces deux systèmes ne soient le résultat d’un dernier grand déchirement, qui se produisit assez tard dans les périodes récentes, peut-être même après le dernier soulèvement des Alpes et causa d’immenses changements de niveau.

Maintes autres circonstances viennent encore confirmer l’Age ré-

Page 1