‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 146 sur 295 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

cent des Cordillères dans leur l'orme actuelle. Eu comparant entre elles les chaînes de montagnes des douze systèmes de soulèvement, on constate aussitôt (pi'il existe entre leur étendue et leur âge relatif un rapport déterminé qui ne peut point être accidentel. Nous remarquons, de plus, que les chaînes les plus anciennes sont peu élevées et ne possèdent qu’un faible développement, tandis que les plus jeunes deviennent de plus en plus élevées et plus étendues à mesure que l’époque de leur soulèvement se rapproche des temps modernes. La Hundsrück et le Taunus, qui probablement constituent les premiers soulèvements de notre pays et paraissent n’avoir jamais subi de nouvelles modilications, dépassent seulement sur quelques points l’altitude de 2000 pieds, et se tiennent dans une élévation moyenne de 1500 à 2000 pieds. La hauteur moyenne du Hartz oscille entre les mêmes limites, mais il porte sur son dos le massif granitique du Brocken à 5508 pieds. Le Thuringerwald, soulèvement beaucoup plus récent que le redressement des couches de la grauwacke du Hartz, est contemporain des porphyres de la partie méridionale de cette dernière montagne. Néanmoins, son point le plus élevé, le Beerberg (5000 pieds), reste au-dessous du Brocken ; sa crête oscille entre 1250 et 2500 pieds. Entre le soulèvement de la grauwacke du Hartz et celui du Thuringerwald tombe le système des Vosges et de la Korèt-Noire, contemporains l’un de l'autre. Leurs points les plus élevés atteignent 4000 pieds (ballon de.SouIz dans les Vosges) cl 4590 pieds (Feldberg dans la Forêt-Noire), tandis que leur élévation moyenne varie entre 2000 et 5000 pieds. L 'Odenwald et le Spessart, prolongements de la Forêt-Noire, ne s'élèvent qu'a 2180 et 1900 pieds avec une altitude moyenne de 1200 à 1600 pieds. L’Erzgcbirge, plus jeune que ces deux derniers et que le Tburingcrwald, forme avec son contemporain, le Fichtelgebirge, une longue et basse chaîne de hauteurs, dont le point le plus élevé, le Schneeberg dans le Fichtelgebirge, n’atteint que 5220 pieds et le Keilberg dans ('Erzgebirge, 5800 ; la hauteur moyenne de cette dernière chaîne se tient entre 5000 et 5400 pieds ; celle de l’autre entre 1700 et 1800 pieds. Si le Jura appartient à la même période de soulèvement, ce qui est vraisemblable, il constitue la chaîne la plus élevéo de ce système ; car sa crête, en Suisse, se maintient entre 5000 et 4000 pieds, et ses points les plus élevés le Mont-Tendre et le Heculet dépassent 5100 pieds. Le Riesengebirge, dont le soulève-

ment est contemporain de l'éruption du granit dans le Hart/, atteint 5000 pieds à son point le plus élevé, le Sclineckoppe, et son arête principale oscille en 5000 et 5000 pieds ; c’est la montagne la plus élevée de l’Allemagne après la Alpes. Les Pyrénées et les Apennins, qui par leur direction se rattachent au Riescngokirge, et appartiennent à la même époque, ont une étendue et une élévation plus grandes. La chaîne italienne s’élève au Monte Cerno a une hauteur presque de 9500 pieds et se maintient en général entre 5000 et 4000 pieds. Les Pyrénées dépassent de beaucoup leur voisin du sud ; le sommet de la Maladetta s’élève à l’altitude de 10,700 pieds, le Mont-Perdu à 1 0,500 ; beaucoup de sommets atteignent 9000 pieds et la chaîne dépasse rarement 8000 pieds. Les trois systèmes des Alpes ont leurs points les plusélcvés dans le Montc-Viso (12,990 pieds), le Mont-Blanc (14,764 pieds) et le pic de Ortie (12,022 pieds). Les altitudes ne croissent pas régulièrement en suivant l'Age des soulèvements, ce qui a lieu pour la niasse et l’étendue. Les Carpalhes, qui se relient à l'extrémité orientale des Alpes, s’élèvent à 9500 pieds (Huska Povana). Le pic le plus élevé du Caucase, l’Elbrus, est placé à 16,700 pieds et le point culminant de l’IIinialaya, le Gaurisankar, dépasse 27,000 pieds.

D’après ces données, les montagnes sont d’autant plus vastes et plus élevées, qu’elles sont plus jeunes, et l’époque de leur soulèvement parait être en connexion intime avec leur dimension. Si nous rappelons maintenant que dans beaucoup de montagnes on constate les traces évidentes de soulèvements répétés à des périodes successives, nous pouvons attribuer aux montagnes jeunes plusieurs époques de soulèvement et expliquer leur masse, leur hauteur et leur dimension énormes par la répétition de ces phénomènes. Ceci établi, les Cordillères sont évidemment les montagnes les plus jeunes de la Terre et, bien que leurs sommets les plus élevés n'atteignent pas l’altitude du Gaurisankar (les points les plus hauts des Andes s’élèvent seulement à 19,900 et à 20,100 pieds, p. 127), il n’existe cependant aucune autre chaîne qui s’étende sur une longueur de 1800 milles géographiques, en possédant en même temps une hauteur relative aussi grande que les Cordillères.

Si jamais il y eut dans le cours de l'existence du Globe un moment où tous les continents actuels se trouvaient submergés audessous du niveau des mers: si la température élevée, qui régnait

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