‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 149 sur 295 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ciens avec peux qui vivent aujourd’hui, ne laissent prise à aucun doute. — La différence des zones, dans les temps modernes, est dépendante de la position de la Terre par rapport au Soleil, de l’obliquité de l’axe autour duquel la Terre exécute sa rotation quotidienne par rapport au plan de l'orbite sur lequel elle se meut autour du Soleil, et enfin en partie aussi de l'ellipticité de l’orbite elle-même. Pour expliquer cette différence des zones dans les périodes récentes, on a proposé d’admettre un changement dans la position respective delà Terre au Soleil ; mais les faits invoqués étaient trop incomplets, puisque même avec cette théorie il restait encore des lacunes insolubles dans l’explication. Depuis lors, on est donc revenu de ces hypothèses qui changent les rapports de la Terre au Soleil, dans le cours de la création, ou qui cherchent à rendre intelligibles les causes et les effets d’un pareil changement. On s'est arrêté à ce fait inébranlable, que la Terre roule encore aujourd’hui en obéissant aux mêmes lois éternelles qui règlent son mouvement depuis le premier moment de son existence individuelle comme corps cosmologique.

Le décroissement de la température à la surface de la Terre, du moins dans les zones froides et tempérées où il s’est évidemment produit parallèlement avec les révolutions successives, a besoin pour être expliqué d une autre cause. Elle s’offre d’ailleurs tout naturellement dans la progression du refroidissement continuée après la naissance des organismes. Ce refroidissement progressif, qui peut-être offre la théorie la plus vraisemblable pour expliquer la différence en question, peut se concevoir de plusieurs manières et demande à cause de cela que nous lui consacrions quelques développements. Et d'abord, sa nécessité aussitôt après la naissance des organismes sera prouvée, si nous pouvons démontrer que la Terre s’est refroidie lentement depuis les temps historiques. Cette démonstration ne peut point se déduire d’observations de température qui nous manquent, mais nous 1’cmpruntcrons à l'étude des mouvements de la Terre. Si on admet qu’elle se refroidit constamment de plus en plus, sa matière doit se condenser et son volume, ou l’espace qu'elle occupe, devenir plus petit. Son mouvement de rotation doit s’en accélérer, le temps dans lequel elle exécute une révolution autour de son axe être raccourci et le jour actuel être moins long qu’autrefois. Nous possédons des observations très-exactes sur la durée du jour, faites en l’année 440 avant Jésus-Christ, par l’astro-

nome Hipparque. d’Alexandrie. Elles preuvent que, pendant une duree de près de 2000 ans, le jour ne s’est pas changé d’un centième de seconde, et que la période de rotation n’a pas varié; la Terre ne s’est donc pas refroidie pendant ces 2000 ans. Si aujourd'hui il se produit encore une perte réelle de chaleur par le rayonnement, cette perte se trouve compensée par l’échaulTement que la Terre reçoit des rayons solaires. Les deux phénomènes se font si bien équilibre depuis au moins 2000 ans, qu’aucune perte de chaleur à la surface ne peut plus se produire par rayonnement dans les espaces. Mais si la Terre ne perd plus de chaleur, probablement depuis la dernière époque de bouleversement, comment cette perte a-t-elle pu avoir lieu à une époque antérieure avant qu’elle ne se trouvât dans un rapport invariable avec le Soleil? Celte question a une trop grande importance dans l’histoire du développement de la Terre pour que nous puissions la négliger.

Peut-être croira-t-on avoir trouvé la solution en disant que les couches neptuniennes n’étaient pas encore aussi nombreuses qu’aujourd’hui et par conséquent n’opposaient pas uh obstacle aussi difficile à vaincre à la transmission de la chaleur de bas en haut. Mais les dépôts stratiliés ne sont nullement des produits nouveaux ajoutés de dehors à ceux qui existaient auparavant. Ce sont les matières désagrégées, des roches plus anciennes, normales et anormales, qui existaient déjà sur d’autres points et avec des formes différentes, comme parties constituantes de l’écorce du Globe terrestre. Celui-ci ne s’est donc pas accru de couches nouvelles et son écorce n’est pas devenue plus épaisse, puisque la naissance des strates les moins anciennes n’était en réalité qu’un transport de matière d’un point à un autre. Ce phénomène n’a affecté en rien l’épaisseur et le volume de l’écorce ; il se résume simplement par ce fait, que l'eau se précipitait sur les points où elle trouvait de nouvelles dépressions et en comblait les inégalités. Mais nous avons toutes les plus grandes probabilités pour admettre que l’abaissement progressif de la température a eu pour cause les éruptions de matières plutoniques. Ces éruptions se produisirent dès les temps les plus reculés; d’abord, à ce qu’il semble, elles ne furent que le résultat de la pression des couches extérieures déjà solidifiées sur les matières centrales encore à l’état liquide, pression dont l'accroissement marchait parallèlement avec la progression du refroidissement; plus tard, et sur-

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