‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 150 sur 295 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

tout à partir île la formation des dépôts aqueux , elles eurent pour causes les soulèvements opérés’par l’expansion des gaz confines et dilatés parla tompératurc élevée. Elles sc répétèrent comme nous l’avons vu dans toutes les périodes, croissant peu à peu en intensité locale, mais se restreignant à de plu» faibles étendues, jusqu’à ce qu’enfin s’établit l’équilibre, qui distingue l’époque actuelle des périodes antérieures. Il est évident qu’avant les éruptions, la quantité de chaleur employée à maintenir les masses platoniques à l’état de fusion, s'ajoutait à la somme totale du Globe terrestre, qui, par conséquent, possédait une température plus élevée. Les roches platoniques une fois- soulevées enlevèrent à la Terre une partie de sa chaleur par leur rayonnement prolongé peut-être pendant plusieurs milliers d'années, comme nous pouvons le croire d’après certaines observations; mais en même temps elles échauffèrent l’atmosphère dans leur voisinage et la maintinrent à un degré semblable à celui des tropiques. La série des zones, telle que nous la voyons aujourd’hui, était donc, tant que ces grandes éruptions sc continuèrent, d’autant moins possible, que les parties delà Terre alors peuplées d’organismes présentaient une étendue relativement petite. Composées d’abord simplement d’ilots situés aux pieds de ces masses éruptives, elles s’agrandirent peu à peu à mesure que les soulèvements continuèrent à s'élever. Toute terre émergée et peuplée d’êtres organisés pouvait donc jouir d’une température élevée et uniforme, et avoir un caractère tropical ; de plus, elle put le conserver pendant toute la durée des périodes que durèrent les grands soulèvements de montagnes, ainsi que nous le montrent les débris retrouvés descréatures vivantes. Ce que nous avons dit plus-haut de l’Islande, en recourant à des sources historiques, s’applique sans restriction à tout le Globe terrestre pendant la seconde grande période de création. Il sc refroidit lentement pendant sa durée, parce qu’une partie assez importante de sa chaleur lui fut enlevée par de violentes et immenses éruptions; mais cette chaleur, tant que dura son irradiation dans l’atmosphère, lui conserva un caractère tropical et une tempéralurenniforme sur toute la surface habitée. Cet état de choses cessa aussitôt que les dernières grandes éruptions sc furent produites et que la chaleur émise par elles eut été perdue dans le refroidissement général. Alors s’établit peu à peu cette moyenne de chaleur émise par le foyer central et par le Soleil, qui distingue les

temps modernes de cette seconde période. Nous avons donc les meilleures raisons pour séparer les temps actuels, si profondément modifiés, de cette seconde période pour en faire une troisième; ils s’en distinguent, en effet, et au point de vue physique, par la différence des zones, et au point de vue biologique, par l'apparition de l’espèce humaine.

La troisième grande période de création commence donc avec la division de la sphère en zones et avec l’apparition de l'espèce humaine ?ur la Terre; elle s’étend jusqu’à nos jours. C'est la période du repos et de l’équilibre, de la stabilité et de l’achèvement et qui, par ces caractères, semble porter le sceau de l’éternité. Qu’il en soit ainsi et que la Terre ne doive plus éprouver aucune révolution violente, cela pourra peut-être paraître douteux, si les considérations que nous allons ajouter ont quelque valeur. Plusieurs faits, cités plus haut (p. 511), semblent indiquer que le commencement de la dernière époque s’est produit avec un abaissement de température considérable et subit sur l'hémisphère septentrional. La théorie du refroidissement ne peut servir à expliquer les causes d'un changement aussi brusque ; aussi cette hypothèse rencontre-t-cllc de nombreuses objections parmi les adversaires de celte théorie et estelle vivement combattue par eux. Pour mon compte, j’avoue qu’elle ne me satisfait nullement, d’autant- moins qu’il semble complètement impossible de trouver une explication passable pour un phénomène aussi singulier. Cependant un livre, publié récemment par un savant français1, a essayé de déchirer le bandeau qui jusqu’ici voilait la vue des géologues et des naturalistes, et a dirigé leurs regards sur des faits qu’ils ne se trouvaient guère en mesure de remarquer, ayant l’esprit occupé ailleurs.

Le fait bien établi de la stabilité de la chaleur terrestre ne permet d’expliquer un abaissement subit de la température jusqu’au point de congélation par aucun phénomène purement géologique. Dès lors, on se trouve nécessairement en face de la supposition, si le fait a réellement eu lieu, que la cause doit être recherchée seulement dans les rapports de position de la Terre aux autres corps célestes, et avant tout au Soleil. Nous trouvons une circonstance de celle nature dans le déplacement lent de l’ouest à l’est du grand

* .1 Adhnmar. t.cx révolution* tir la mer. l oip/i?, 1815. In-X.

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