‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 151 sur 295 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

axe tin notre orbite terrestre. La longueur respective des saisons repose sur la direction de cette ligne, et sa disposition actuelle fait que, pour le moment, le printemps et l’été des zones boréales et modérées réunis ensemble dépassent de sept jours en longueur l’automne et l’hiver; par conséquent, l'inverse a lieu pour le pôle sud. Mais l’état actuel ne subsistera pas éternellement ; car la cause qui le produit, la position du grand axe de notre orbite terrestre, varie, et par conséquent aussi les effets qui en résultent. L’excédant va toujours en diminuant, jusqu’à ce que les deux sommes deviennent égales. Alors celle qui avait été la plus petite jusque-là devient peu à peu la plus grande, pour décroître de nouveau aussitôt qu’elle a atteint le maximum. Le cycle de ce mouvement embrasse environ ‘21,000 ans. Cette période ayant lieu, l’opposition la plus complète entre deux situations doit se produire après 10,500 ans, et par conséquent, pendant cet espace de temps, les deux saisons longues s’abrégent constamment, tandis que les deux saisons courtes s’accroissent. Mais, pendant le cours des autres 10,500 années, les deux premières s'accroissent de nouveau et les deux dernières diminuent à leur tour. Les observations des astronomes ont prouvé que le moment, où le printemps et l’été de l’hémisphère boréal réunis possédaient leur plus grande longueur, est tombé en l’année 1248, lorsque Frédéric 11, de la maison de Hohenstaufen, portait la couronne impériale. Alors notre printemps et notre été réunis étaient de huit jours plus long que l’automne et l'hiver. Depuis cette époque, ces deux saisons ont décru, tandis que l’automne et l’hiver s’augmentaient. Cette évolution se continuera jusqu'en l’année 11784 de notre ère, époque à laquelle les deux dernières saisons auront leur plus grande longueur, comme elles l’avaient 21 ,000 ans auparavant, c’est-à-dire 9252 avant Jésus-Christ. Mais entre ces deux limites il y aura un point du temps où les deux saisons froides seront exactement égales aux deux saisons chaudes, et ce point sera éloigné de 5250 ans des deux extrêmes. Puisque la plus graude opposition a eu lieu en l’année 1248, le moment de l’égalité complète est tombé assez exactement 4000 avant la naissance du Christ; et alors le printemps et l'été réunis étaient d'une longueur identique à colle de l’automne et de l'hiver. « Il est curieux, remarque Littrow en exposant cette théorie, que la plupart des rhronologistes ont placé à cette date l'époque de la naissance de la Terre, ou, pour

parler plus exactement, l’époque îles traces les plus anciennes de la présence de l'Homme sur notre Terre*. »

Appliquons maintenant ces faits à la géologie et aux périodes de révolutions terrestres. 11 n’est pas concevable qu’un fait aussi connu des astronomes ait pu rester inaperçu pour les géologues, ce qui d'ailleurs n’a pas eu lieu; plusieurs d’entre eux s'en étaient déjà occupés*. Mais l’application qui en avait été faite n’avait donné aucun résultat satisfaisant ; on croyait que le rapprochement plus grand de la Terre par rapport au Soleil, durant le printemps et l’été de l'hémisphère austral, devait compenser l'influence des printemps et des étés plus prolongés de l’hémisphère boréal, parce qu’au moment de ces deux saisons la Terre se trouve à sa plus grande distance du Soleil. Mais Adhémar fit voir* qu'il ne fallait pas s’occuper de la quantité de chaleur que la Terre reçoit, mais de celle qu’elle retient. Au pôle Sud, les nuits, durant l’hiver, sont beaucoup plus longues qu’au pôle Nord, et en même temps le premier a un hiver plus long que le dernier ; il en résulte qu’au pôle Sud le nombre des heures de nuit est plus grand que le nombre des heures de jour, tandis que l’inverse a lieu au pôle Nord. Le pôle austral, tout en recevant pendant le jour une quantité de chaleur égale à celle que reçoit le pôle boréal, rayonne beaucoup plus durant ses nuits plus longues ; et sa température moyenne se trouvera évidemment inférieure à celle du pôle Nord, tant qu’il restera dans la position présente. Mais cela ne durera que jusqu’en l’an 0500 de notre ère, époque à laquelle le printemps et l’été seront d’une longueur égale à celle de l’automne et de l’hiver. Après cette date, le printemps et l’été de l’hémisphère austral s’accroîtront et deviendront {dus longs que l’automne et l’hiver du même hémisphère, tandis que le rapport inverse se produira sur l’hémisphère boréal. Ce qui a lieu actuellement au pôle Sud se produira au pôle Nord, dont la calotte de glace, qui, selon toute vraisemblance, s’accroît déjà lentement, puisque nous avons déjà dépassé le temps des plus grandes chaleurs pour notre hémisphère, s’accroîtra de plus en plus après l’année G5U0 et atteindra sa plus grande extension vers H750 de notre ère.

1 ïs,i merveilles du ciel, p. 10’».

- II. Philipps, lies causes les plus proc/uinirs des phénomènes matériels de l univers, traduit «h* l'anglais. Stuttgart, 1820. Iti-X. r* Ouvrage cil»', p. 10.

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