‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 158 sur 295 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

produire des corps organiques inférieurs et imparfaits à l'aide des eorps élémentaires. C'est encore un problème de savoir si ce système repose sur des bases positives, bien que la plupart des voix de nos contemporains se soient prononcées contre. Nous lui accordons cependant quelque valeur ; car, eu réalité, ou ne lui oppose aucune objection réellement scientifique, et, sans lui, l'origine des organismes sur ta Terre ne s’explique plus que par l’intervention immédiate d’une puissance supérieure. Mais cette intervention extérieure ne trouve, dans toutes les autres parties du développement de la Terre, aucun motif pour y être introduite, et contredit même tous tes autres résultats scientifiques. Si nous l'admettions à l’origine des premiers organismes, il faudrait que nous la fassions reparaître après chaque bouleversement du Globe; ce qui est évidemment contraire au plan grandiose de l’ordre du monde.

Bien que la génération spontanée , en tant que loi naturelle, soit un ‘postulat nécessaire de la science positive, nous ne pouvons cependant pas nier que les expériences les plus récentes rendent son existence très-improbable pour la période actuelle. Longtemps on s’appuya, avec do bonnes raisons, sur ces parasites en tozoaires, qui vivent dans les cavités fermées du corps animal et y séjournent de longs espaces de temps. Ils n’ont aucun organe sexuel et ne peuvent produire aucune postérité. On croyait avoir la preuve rigoureuse qu’ils sont nés par génération spontanée ; car un animal qui n’a pas d’organes sexuels ne peut point produire d’œufs, ni enfanter des petits. Mais on a reconnu depuis que ces prétendus entozoaires ne naissaient point en ce lieu, mais qu’ils y étaient introduits du dehors sous une forme absolument différente, et pénétraient dans leur lieu d’existence en s'ouvrant un chemin à travers les enveloppes fermées de toutes parts : il faut que, par une circonstance quelconque, l’animal dans lequel ils habitent d’abord meure, pour que ces vers arrivent à leur habitat définitif. Ils sont avalés avec leur premier hôte par un second, et atteignent leur complet développement dans le corps de celui-ci, en devenant des êtres munis de grands organes de reproduction1.

* Il y a peu de temps encore que Pineau tenta de démontrer la (jcnn al 10 oriyinariu nu moyen d'observations directe*. Mais, depuis que de Sieliold a découvert les migrations des parasites sans sexe, la théorie «le leur génération spontanée a p»*r«lu beaucoup de sa faveur.

Rien que la generatio originär in ait perdu ses principaux appuis pour l'époque présente, la question do l'origine première des organismes sur la Terre ne se trouve point pour cela entamée. On explique très-bien pourquoi actuellement il ne naît plus directement aucun animal nouveau, en faisant voir que tous possèdent des appareils sexuels de reproduction ou des équivalents. Mais on ne comprend pas comment des animaux ont jamais pu naître sans une action directe venue du dehors, aussi longtemps qu'il n’existait point encore d'animal muni d'organes sexuels. Actuellement, que des créatures capables de se reproduire vivent partout depuis longtemps, il n'est plus nécessaire qu’il en sorte de nouvelles du sein de la matière primitive. Peut-être aussi que les éléments matériels, dont elles pourraient se former, n'existent plus, la plus grande partie de la substance organique se trouvant déjà engagée dans des organismes vivants et ne pouvant plus fournir les matériaux pour la naissance de nouveaux individus autrement que par génération sexuelle. Enfin, la lutte dans laquelle les organismes sont plongés pour satisfaire à leur nourriture rend impossible toute accumulation de matières organiques libres, puisque jusqu’aux organismes morts eux-mêmes servent d'aliments à un grand nombre d’autres organismes vivants, et que, selon toute apparence, une très-faible parlio de leur masse retourne à scs éléments inorganiques. Mais aux premiers âges de l'organisation tout était différent, et le mode de son origine aussi dût être d’une autre nature. A moins de vouloir recourir à des miracles et à des mystères, nous devons admettre que la naissance des premiers êtres organisés sur la Terre s'est produite par le libre jeu des forces génératrices de la Nature elle-même, et nous pouvons comprendre pourquoi cette force créatrice n’existe plus actuellement eu nous reportant aux lois générales d’après lesquelles il est pourvu au nécessaire et non au superflu*.

Maintenant, nous nous trouvons en face de cette question : d’où

1 On m'a reproché d'être inconséquent si, admettant ce principe, je combattais la descendance de tous les hommes d'uu seul couple primitif; mais ceux qui ont voulu me mettre en contradiction n'ont pas réfléchi que, dans le cas en question, la multiplicité est justement le nécessaire. Si In Nature a pu, à un moment donné, créer um couple humain, elle |Miuvnit tout nus«! bien en produire plusirurt, et même elle dut le faire du moment où elle voulut assurer l'existence de sa créature. Elle se montre, pour la unissanre des êtres, économe jusqu'au strict nécessaire dans le choix des moyens; mais, ce choix fnil, elle les emploie avec abondance et prodigalité, comme nous le prouve partout la génération sexuelle. Et nous ne nous <Hcii|»ons ici que des moyens de naissance.

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