‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 162 sur 295 · CHAPITRE Will. 3C.ll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Will. 3C.ll

pour les animaux, afm que ceux-ci puissent les utiliser pour leur alimentation et les transformer en substance» organiques d'un degré • ;

de composition supérieur. Les plantes n'y recueillent qu’un avantage, qui consiste a s’accroître continuellement en poids et en volume, la faculté particulière de développement indéfini. En réalité les plantes produisent sans consommer, et par conséquent on peut le dire avec raison, elles doivent toujours prendre plus de croissance ; elles doivent accumuler danS.leurs tissus continuellement de nouvelles matières organiques; elles doivent en un mot augmenter de volume jusqu’à ce qu’elles meurent. C’est, en elïet, ce qui arrive, comme chacun le sait. Les animaux ne sont plus dans les memes conditions; ils ne sont pas de véritables producteurs de matière organique, ils ne font que la transformer. Ils métamorphosent la substance végétale en substance animale, la substance des animaux inférieurs en substance des animaux supérieurs. Dans cette transformation ils n'utilisent pas indifféremment toute la matière organisée, ils n’en emploient qu’une partie. Une grande portion est perdue et abandonnée, comme résidu indigesfifilc, à l’air, à l’eau et à la terre, qui le font entrer de nouveau dans la circulation végétale.

C’est là, pour ainsi dire, le seul service que les animaux rendent aux végétaux ; service toutefois que l’on ne doit pas considérer comme insignifiant, si on tient compte de la quantité énorme d’acide carbonique qui est formé par la respiration animale. Avec une action moins grande, quoique assez, considérable cependant, les urines et les déjections solides servent d’engrais aux plantes. Enfin, les Insectes volant de fleur en fleur jouent un rôle très-important comme agents de la fécondation végétale. Les animaux, consommant seulement de la matière organisée sans en produire, sont soumis à une limitation de développement, qui les place, à ce point de vue, audessous des végétaux. Après avoir atteint un certain degré de croissance, ils rencontrent des limites qu’ils ne peuvent plus dépasser. L’animal, en effet, ne peut s’accroître qu'autant qu’il absorbe plus qu’il ne rejette; il ne peut conserver une force et un volume semblables qu'autant que l’assimilation fait équilibre à l’élimination; il décroît aussitôt que les pertes dépassent le gain; enfin il meurt lorsqu’il n’a plus assez de force pour réparer scs pertes. L’animal est donc enchainé par une consommation incessante de matière, et celle consommation met à sa croissance des bornes qu’il ne peut

jias dépasser. l.a vie de l’animal consiste à dépenser de la matière organisée; celle de la plante à en produire.

La connaissance de -ces deux modes d’activité nous donne la véritable notion, dans laquelle se résument la plante et l’animal. Tout ce que ces deux catégories de corps naturels peuvent nous présenter de particularités et de circonstances dans leurs manifestations se subordonne, .avec un examen approfondi, à cette notion fondamentale et n’est plus qu'un accident, qui découle de ces différences essentielles et caractéristiques. Mais cette notion abstraite,- avec quelque précision qu’on la conçoive, reste vide tant qu’on ne l’applique pas aune forme déterminée. Dans la nature, en effet, les différences idéales reposent sur des distinctions formelles, les types abstraits sur des corps réels. U faut donc que nous étudiions les formes différentes de la matière dans leur ensemble et leurs détails pour en déduire la différence du type formel de la plante et de l'animal. Partout où nous rencontrons dans la nature une notion réellement différente, nous pouvons être assurés qu'il s’y trouve toujours aussi une différence de forme, différence qui sc manifestera, non-seulement dans des parties restreintes, mais au contraire sera profonde et générale, bien qu’elle puisse n ôtre pas partout aussi tranchée et aussi évidente.

En commençant cette étude sur les différences typiques, il faut bien distinguer les deux côtés, distincts l'un de l’autre, sous lesquels se présente notre problème. En effet, nous aurons à considérer la [orme générale ou le type entier et la forme des parties élémentaires matérielles et particulières des organes, des tissus qui constituent les êtres naturels. Les animaux et les plantes, sous ces deux rapports, présentent des propriétés essentiellement différentes et opposées.

Le schéma morphologique de la plante s'écarte sous deux points de vue de celui de l'animal. Le végétal, en effet, a une forme intlé/inie, dont les contours complets ne sont pas en rapport nécessaire avec la disposition des parties déterminantes, et en second lieu chacun des représentants d’un type déterminé quelconque peut encore présenter de grandes variations individuelles. La forme extérieure ne possède donc pas cette uniformité absolue, qui existe dans le règne animal chez les membres d’rfnc espèce. Ce que chaque individu, dans son autonomie, comme corps naturel orga-

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n ist':, peut l'aire entrer de personnel dans la composition du schéma, est pour les animaux complètement insignifiant par rapport n la forme totale. Au contraire, dans le règne végétal la forme extérieure de l'individu est si profondément entamée, tjue l'identité absolue du type général se trouve détruite, et qu’il ne reste plus que l’identité morphologique des parties prises à part. Les individus végétaux, lorsqu’ils appartiennent à une seule espèce, se ressemblent dans leurs traits généraux, et présentent par cette ressemblance une certaine physionomie caractéristique, mais jamais ils n’arrivent jusqu'à cette plénitude de concordance, qui atteint jusqu’il l'identité symétrique et qui est la règle générale pour tous les membres d’une espèce animale. Quelques espèces d'animaux domestiques , modifiées par une longue éducation, peuvent seules faire une exception un peu marquée à ce principe. Et mémo chez eux, les modifications n’atteignent que des parties accessoires et ne touchent jamais aux rapports absolus et mathématiques, qui existent dans les éléments de leur corps. Mais personne ne pourrait affirmer avec raison, que le nombre des rameaux, des feuilles et des fleurs de tous les Chênes, par exemple, en ne prenant même que ceux qui sont de même âge est le même pour tous, ou que ce nombre est renfermé dans des limites qu’ils ne peuvent point dépasser. Cette diversité des individus végétaux provient, comme on l’a dit, de la grande indépendance qu’ils possèdent par rapport à leur type et de la forme de ce dernier.

Toute plante parfaite réduite à sa forme la plus simple et la plus essentielle se présente à nous sous l’aspect d’un axe planté debout dans le sol et vertical, duquel partent des rayons horizontaux disposés suivant une loi fixe. Cet axe n’ayant point de limite fixée d'avance, mais dépendant de la grandeur accidentelle de chaque individu, peut être considéré comme indéfini, ce qui est nécessaire pour que la plante puisse croître et se développer sans arrêt. Mais il est particulier ou concret, en tant que les rayons qui parlent de lui sont disposés d’après une règle, qui est la même pour tous les membres d’une même espèce. La loi qui préside à la naissance des rayons est donc la base des diversifications de forme du règne végétal. Considérée dans ses traits généraux, elle se manifeste sous l’aspect de lignes droites en nombre variable, qui s’étendent verticalement le long de l’axe, et sur lesquelles, à certains points déter-

minés et egalement espacés, naissent les rayons périphériques. Ces lignes droites portent le nom d'orthos tiques, les espaces déterminés sur elles par les points des rayons sont leurs longueurs inter foliaires, et les distances qui séparent les orlliostiques entre eus se nomment

intervalles. Ceux-ci, entre autres particularités, divisent le pourtour de l'axe eu un certain nombre de parties égales et déterminent ainsi le nombre passibled’orlhostiques. Les longueurs interlobaires donnent le nombre des rayons sur chaque orthostique, et de. leur combinaison découle la distribution totale des rayons, ou en d’autres termes le type essentiel de chaque plante. Le cas le plus simple est évidemment celui où 2 orlhosllques s étendent le long de l’axe et où les longueurs interlobaires do chacun d eux se trouvent à des hauteurs semblables. Les ligures ci -contre (fig. 2li| nous présentant, la première une partie de tige d’œillet avec deux feuilles opposées, que l'on peut ramener d’après le schéma placé à coté (2), à deux or-

thostiques (a et b), dont les espaces interlobaires sont marqués par de gros points (I, 2). Mais la position des rayons alterne ordinairement et tel est, en effet, le cas de l’œillet. On n’a donc plus simplement deux orlliostiques, mais quatre opposés deux à deux. Ceux qui sont ainsi opposés projettent leurs rayons à une même hauteur, tandis que les deux autres les envoient dans une direction opposée et à une demi-longueur inlerfoliairc des orthostiques précédents. Le schéma se complique un peu, mais au fond reste le même. Si le nombre des orthostiques s’accroît d’un, au lieu de 2 rayons, il en naît 5 à chaque hauteur équidistante de. l'axe, cas réalisé dans la Veronica lonijifolia (3) représentée sché-

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