CHAPITRE XVIII
Maintenant il ne me raste plus qu’à faire connaître les termes qu’on employait avant la conception de ce schéma et qui sont entrés dans l’usage général. En les appliquant au schéma, j'espère pouvoir transformer, pour mes lecteurs, les formules mathématique# du végétal en un organisme vivant'.
L’axe vertical de la plante, dans le langage ordinaire, prend le nom de tiije, au moins pour la partie qui se trouve au-dessus du sol. L’autre portion souterraine est confondue avec la racine, confusion qu'il faut rejeter*. Les rayons périphériques, qui naissent simultanément avec l’axe, sont les feuilles ; plus tard, en se développant, elles se transforment en axes secondaires et prennent le nom de rameaux. Ceux-ci portent des rayons, tout comme l’axe principal ; mais leur absence est la règle chez beaucoup de plantes, les Palmiers, par exemple ; et comme ils manquent aussi, sans règle, sur beaucoup de végétaux où ils pourraient se développer, ils causent celte dissemblance qui existe dans la physionomie extérieure des individus. De là aussi la grande uniformité d’aspect dans les plantes qui, comme les Palmiers et les végétaux bulbeux, n’ont pas de rameaux. Outre ces axes secondaires, absolument analogues à l’axe principal, la plupart des plantes, même celles qui sont dépourvues de rameaux, possèdent d’autres axes secondaires qui naissent simultanément avec les rayons aux mêmes points d’attache, mais se distribuent et se développent en obéissant à des lois autres que celles dos rayons de l’axe principal. C’est sur eux que s’épanouissent les I leurs . Nous étudierons mieux, et plus en détail, leur type et leurs éléments, lorsque nous aurons appris à connaître les formes particulières de l’axe principal et de scs rayons : nous reprenons donc leur étude.
1 I, 'exactitude des considérations que nous venons de développer ne peut plus être mise, en doute, depuis la liellc et claire démonstration qui en a été faite pnr C. F. Naumann [Irr gninçonce romidérii comme, dupotilion fondamentale dex feuille *, etc. Leipiig, 1K4.Y ln-8 . Nous y renvoyons comme à l'exposition mathématique la plus complète, l’our la forme des spires, qui fut d'abord remarquée par Schimper, on peut consulter avec fruit l'excellent article publié pnr Braun dans le Journal de botanique de Uetjcnxbourg (1835, Sr. lO-li).
* tes racines ne sont, à vrai dire, que des libres minces qui se développent sans ordre sur la partie souterraine du tronc et aspirent l'humidité, fclles peuvent naître tout aussi bien sur la partie siq>érieure de l'axe que sur sa partie inférieure, et on les y trouve souvent sous la forme de racines aériennes, sur le Lierre , par exemple. Ce sont des rayons qui n'obéissent à aucune loi régulière dans leur disposition ut qui se développent |wrloul où elles sont utiles et nécessaires. On doit donc les négliger dans le schéma du type végétal.
L’axe principal (lige) ot les axe* secondaires (rameaux) sont, en principe, des corps cylindriques ou prismatiques qui vont en diminuant par en haut, en s'effilant lentement en forme de cône. Leur coupe donne presque toujours un cercle et rarement une figure polygonale régulière. Les rayons périphériques (feuilles) sopt des corps symétriques, quelquefois irréguliers par la perte d’une de leur moitié, largement étendus en surface et de faible épaisseur, mais sou vent très-longs. Ils sortent ordinairement de l’axe sous la forme d’un pédicule mince, et ne s’élargissent qü’au-dessus, ou bien forment des expansions plates, isolées et rattachées au pédicule. On trouve cependant des types à largeur égale, en forme de ruban et même cylindriques et creux : tant la nature a su déployer dans les contours des feuilles une richesse inépuisable de formes, et manifester, avec magnificence, les ressources infinies de sa fantaisie par cette variété, qui se développe dans les limites lixes du type fondamental. Les fleurs jouissent de cet avantage à un degré encore plus élevé, bien que leur forme soit peut-être plus simple. Mais l'existence chez elles de plusieurs éléments, produits par métamorphose de formes primitivement semblables, contribue essentiellement à multiplier cette variété infinie d’aspects que nous admirons dans les Heurs, et qui a fait d’elles nos favorites dans la création. Considérée dans sa forme typique, la fleur, comme la plante complète, est composée d’un axe avec rayons périphériques, qui obéissent à des lois constantes dans leur position et leur nombre. Jusque-là elle correspond parfaitement au type général de la plante ; mais complétée, elle justifie la distinction que nous avons indiquée eu employant des dénominations particulières. Trois circonstances rendent cette distinction essentielle : d’abord les modifications que subissent les rayons les uns par rapport aux autres, suivant les cycles de la spire; en second lieu, la valeur tout autre des fractions dans chacun des cycles; en troisième lieu, la contiguïté immédiate des rayons de tous les cycles et le raccourcissement de l'axe qui en résulte et qui se combine avec une grande tendance à s’étendre en surface, au détriment de la longueur.
Sur toute fleur complète, on distingue quatre cycles (vcrticilles) particuliers de spire. En allant de bas en haut, ou bien de dehors en dedans, lorsque l'épanouissement do l’axe constitue une surface plane, ils prennent les noms de calice, de corolle, d'étamines et