CHAPITRE XVIII
du pistil. Les rayons des deux premiers cycles ont conservé la forme de tous les rayons, le type de la feuille, et ils se distinguent l’un de l’autre par leur position différente sur l'axe c|, par la couleur, qui dans le calice est généralement verte, dans la corolle multicolore. Les rayons du troisième cycle ont pour forme primordiale le type de la feuille, comme le prouve péremptoirement la transformation des étamines des Heurs doubles en pétales ; mais la feuille s’est métamorphosée en une. cavité de gestation, où naissent des cellules particulières, appelées poussière des fleurs ou pollen , qui en sortent en déchirant leur enveloppe. Les rayons du quatrième cycle sont aussi des matrices ; tantôt ils sont isolés, tantôt ils se soudent, pour former un tout, et portent le nom d’ovaire. Sur les bords, par où s’est effectuée la suture, il se forme à t intérieur de la cavité des excroissances, qui probablement ne naissent pas des bords des rayons eux-mêmes, mais sortent plutôt de l’axe qui s'est prolongée entre eux. On les nomme ovules, parce que le germe de la jeune plante s’y forme comme l’œuf d'un animal ; et lorsque ce phénomène est accompli, elles prennent le nom de (/rames. Le développement de ce germe, de V embryon, est soumis à l’action des grains polliniques. Ceux-ci, en effet, se trouvant en contact avec l’ovaire, y envoient, par des ouvertures qui n’y manquent jamais, un long tube qui pénètre dans la cavité, et dont l’extrémité s’introduit dans l’ovule par une autre petite ouverture, la micropyle, qui existe sur celui-ci. Cette partie du tube polliuique donne naissance à l'embryon, soit immédiatement1, soit simplement par action de contact. Cet acte porte le nom de fécondation. C’est, en effet, avec le développement de l'embryon que commence la formation du fruit, qui se continuera jusqu'à ce que cclui-ci sorte de l’ovaire et qu'il arrive avec la graine à son état de maturation. Tons les autres cycles dé la fleur tombent après la fécondation : le calice seul persiste quelquefois, et tantôt fait partie immédiate du fruit, comme dans la pomme; tantôt lui sert seulement d’enveloppe, comme dans la noisette; Goethe, dans son célèbre écrit, intitulé :
* lut théorie émise pnr Schleiden, qu’une partie du tube pollinique lui-même se transforme on embryon, « été renversée pnr les observations j»ostéricuros d'Amici et Mohl. I/» boyau pollinique se met seulement en ronlaet avec le sac embryonnaire, mais n'y pénètre point. Schleiden lui-même et ses partisans oui abandonné leur théorie après de nouvelles
recherches.
r.H<) . . HISTOIRE DE LA CRÉATION.
Métamorphoses des plantes, et composé ave^ tant de sagacité et do poésie, a été le premier qui ait émis l'opinion que toules les parties périphériques des plantes, tous les rayons de la tige et de la fleur, n’étaient au fond qu’une seule et même chose et ne différaienl que dans leurs formes et leurs fonctions. Bien que depuis lors celte théorie ait été perfectionnée dans ses détails et modifiée sur quelques points, elle n'en subsiste pas moins dans scs traits essentiels; et les recherches les plus subtiles ont toujours conduit au même résultat, que le regard perçant de ce génie prophétique avait aperçu, avec tant de netteté et de précision, par simple intuition.
Tel est donc le schéma fondamental de la plante, schéma dont la réalisation dans 150,000 espèces distinctes ne nous donne encore qu'une manifestation incomplète de l’infinie variété idéale qu’il renferme. La Nature, en effet, en produisant les 150.000 plantes connues actuellement et bien déterminées, n’a fait que nous donner une preuve de sa puissance de production, et n’a fait apparaître qu’une infime partie des formes végétales auxquelles elle pourrait donner naissance. Avec quelle richesse infinie se manifeste l'imagination créatrice de l’esprit universel comparée à notre pauvreté d’invention. Lors même que celle-ci se déploie avec l’abondance d’un Rubens ou avec l’idéal d’un Raphaël, ses œuvres conservent toujours un cachet particulier qui trahit le pinceau du maître, sans qu'il soit nécessaire de recourir à la signature.
Considérons maintenant le type fondamental de l'animal. Dès le premier coup d’œil, nous constatons dans la forme du schéma, auquel on peut ramener en dernière analyse chaque individu, une particularité qui le distingue essentiellement' : c’est le caractère de limitation finie qu'il présente. Beaucoup d’animaux peuvent, à la vérité, continuer à s’accroître tout durant leur vie et s’agrandir dans tous les sens, mais ils ne modifient pas pour cela leur forme, leurs contours et les rapports des parties. Ils prennent seulement un plus grand développement dans leur ensemble et dans chacune de leurs parties. Lorsqu’ils ont atteint les limites qui leur sont imposées, aucune partie nouvelle, aucun doigt, aucune vertèbre ne vient s’y ajouter, autres que ceux qu'ils possédaient déjà dans les premiers jours de leur existence. La plante, au contraire, produit chaque année un plus grand nombre de rameuta: (axes secondaires).