CHAPITRE Will
lorsqu'elle persiste plusieurs années1, et change ainsi essentiellement les rapports réciproques des parties existantes. Chaque animal n'est pas simplement enfermé dans des contours déterminés, toujours les mêmes pour tous les individus d’une espèce ; mais, ce qui est encore plus important, le nombre mathématique de scs parties assenlielles estlixé invariablement, tandis que la plante produit sur son axe indéfinie un nombre indéfini de parties, et n’est soumise à des rapports mathématiques constants cl linis que dans les cycles de cet axe. Les animaux ne nous présentent aucun exemple de cette disposition. Les Zoophytes (animaux-plantes), en effet, ne sont pas des individus simples, comme les plantes, mais des groupes d’individus, pour ainsi dire, des associations en famille, une mère avec ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-fils, qui tous, bien que doués d’une existence propre et individuelle, ne peuvent sc détacher du corps maternel qui leur a donné naissance. D’autres animaux, au contraire, qui offrent dans leurs parties isolées des valeurs mathématiques indéfinies, sont cependant cnchainés dans un type constant par la disposition en séries opposées des parties indéfinies soumises à des lois mathématiques déterminées et finies. Chez eux, on trouve tout l’inverse des plantes, où la forme totale est une grandeur infinie, composée d’un grand nombre de parties limitées. Ces animaux, tels que certains Rayonnés (Crinoïdes), par exemple, ont une forme générale linie, qui sc rapproche du type végétal dans quelques-uns de leurs représentants indéfinis (les Vers solitaires, par exemple), en tant que leur axe (le corps) porte, comme dans les plantes, un -nombre illimité de membres comparables aux cycles de l’axe des végétaux. Mais la symétrie des membres, inconnue aux plantes, et l’hétérogénéité des parties subordonnées constituent des différences importantes. Ces trois groupes d’animaux son^ les seuls exemples, dans le règne animal, qui olfrent des rapports mathématiques indéfinis. Ils ne détruisent pas la loi qui préside aux deux types animal et végétal, par la manière particulière dont ils la réalisent.
1 11 lie faut pas oublier que, dans les piailles <pii vivent plusieurs années, les productions annuelles peuvent être considérées, à In rigueur, comme tics individu* entièrement nouveaux «pii se servent de ce qui existait antérieurement comme d’un substratum, et sc développent sur lui. Elles sont bien forcées d’en prendre les formes «laus leur* traits généraux, mais elles conservent une certaine indépcudnucc, d’où naissent les diversités formelles.
Le caractère que noua venons de décrire, constitue un des ailés du type fondamental de. l’animal; il en existe un second, tout aussi précis, qui en découle. Les animaux possédant une forme finie, nonseulement dans la réalité, mais encore dans leur type idéal, les éléments de cette forme se trouvent dans certains rapports réciproques invariables, qui peuvent affecter trois modes différents. Dans le premier cas, parmi les pièces caractéristiques, il n’y a jamais que deux parties, se correspondant l’une à l’autre, qui soient dans un rapport semblable entre elles et avec les autres; dans le second cas, chacune des parties semblables est dans un rapport identique avec toutes les autres; dans le troisième cas, enfin, chaque partie est avec les autres, dans un rapport particulier et qui ne convient qu’à
elle seule. De là naissent les trois formes fondamentales du type animal : la forme symétrique, la régulière et Y irrégulière. Dans la forme symétrique (fig. 28, 1) le rapport des parties semblables au tout peut s’exprimer par une ligne droite (a b), le long de laquelle elles se disposent symétriquement deux à deux. Cette ligne droite partage la forme totale en deux moitiés identiques, et présente une ligure étendue , lorsque la forme, avec scs contours purement idéaux, se réalise dans un corps. Cette circonstance nous permet de caractériser très-aisément les animaux symétriques, en disant qu’ils comprennent les êtres qui ne peuvent se diviser en deux mon liés identiques que par une seule coupe. Il en est tout autrement du type régulier (2)i Les parties identiques y sont au nombre