‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 168 sur 295 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

de plus de deux ; et chacune d’elles est, avec toutes les autres, dans un rapport uniforme; elles sont encore* caractérisées par l’égalité de la distance, qui les sépare toutes du point central du système entier. Ces animaux présentent donc un simple point central (a), au lieu de la ligne sur laquelle se coordonnent les parties des auimaux symétriques. Il en résulte cette conséquence, qu'ils peuvent être divisés par moitiés égales dans plusieurs sens. Cette division n’est plus possible dans les animaux irréguliers (5), chez lesquels chaque partie existe sans connexion uniforme avec les autres. Cette impossibilité constitue leur caractère essentiel.

Si nous comparons encore une fois, d’après ces données, le type animal avec le type végétal, nous constatons une nouvelle différence. Le végétal, pris dans son ensemble, n’a jamais un type symétrique ou régulier, et ne peut pas l’avoir, puisqu’il est composé de parties semblables en nombre illimité : ce qui est incompatible avec la symétrie et la régularité, qui, toutes deux, se fondent sur des rapports numériques définis. La symétrie et la régularité n'apparaissent, chez les plantes, que duns la forme des organes pris à part, la seconde particulièrement dans les feuilles, la première surtout dans les fleurs, où chacune des parties a une disposition symétrique. Si on objecte que la projection de l’axe végétal sur un plan donne une figure régulière, ce qui, en réalité, est exact, cette assertion, admise avec toute sa rigueur, n’est vraie qu’autant (pie l’axe principal ne donne naissance à aucun axe secondaire; cas (pii dans la nature est le plus rare. Existe-t-il des axes secondaires ou rameaux, leur disposition, à laquelle ne préside aucune loi , entraîne cette irrégularité extérieure, que l’on ne peut méconnaître, comme formant le caractère général des plantes. Il est donc parfaitement juste de dire que le caractère essentiel du règne végétal consiste dans l'existence simultanée des trois formes fondamentales sur chaque plante, tandis que l’absence de cette simultanéité constitue la propriété typique du règne animal. Les animaux réguliers ont bien, à la vérité, des parties de forme symétrique et disposées symétriquement entre elles; mais les animaux symétriques, qui sont la manifestation la plus élevée de l’animalité, ne présentent plus cette union. Chaque partie y est semblable à celle qui lui correspond, niais elles offrent des oppositions de telle nature qu’il est impossible de les confondre et de les remplacer l'une par l’autre. Pour prendre

un exemple dans les choses usuelles de la vie, nos gants et nos chaussures, lorsqu'ils sont bien faits et adaptés aux formes naturelles, ne peuvent pas être changés indifféremment à droite ou à gauche.

Si nous abordons maintenant les rapports numériques auxquels sont soumis les types constants des animaux, nous constatons que, sur ce point, comme sur tous les autres, il n’existe pas de principe stable chez les types irréguliers. Chaque espèce, et peut-être même chaque individu, a son nombre particulier; et le total des parties oscille entre des limites arbitraires, qui ne peuvent être fixées avec

précision. Afin de rendre ce fait plus intelligible au lecteur, nous avons emprunté au grand ouvrage d'Ehrenberg un groupe d’infusoires (Euijleiia viridis). Chacun des individus figurés a une forme particulière ; mais il 11e la conserve pas toujours, et clic est Ki«. i'J forme» divor.« tio dans un mouvement continuel de mu-

riridis, daipn*> Ehrenberg. ,, , . .

difications qui ne s arrête jamais tant qu’il vit, parcourant et recommençant sans cesse un cycle complet de métamorphoses. Avec la régularité, nous trouvons aussitôt une forme générale constante, sans qu’il existe pour cela un nombre de parties semblables toujours aussi invariable. Toutefois ce nombre ne varie que par exception. En règle générale, il obéit à des lois déterminées ; et ce sont les nombres premiers, 3, 4 et 5, qui, soit simples, soit doublés, représentent le plus souvent ce rapport numérique; on ne trouve que rarement des quantités plus élevées. Les parties semblables forment donc des rayons qui sortent de l'axe central et qui, par la conformité extérieure avec les formes végétales, rappellent beaucoup les fleurs régulières. L’axe est, le plus souvent, un disque, un cône ou un cylindre, sur la périphérie ou l’extrémité desquels s'attachent les rayons. Au milieu, se trouve la bouche, ou entrée du tube digestif. Sa position en haut (Polypes), ou en bris et en avant (Rayonnés), sert à distinguer les deux grandes classes de ce type animal.

Les animaux symétriques ont un axe placé horizontalement, à l’exception de l’Homme seul, chez qui il est vertical ; et ils se distinguent parla des animaux réguliers dont l’axe est vertical. Mais un

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