‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 169 sur 295 · CHAPITRE Will · texte numérisé non relu

CHAPITRE Will

autre point plus important est que cet axe ne porte plus de vrais rayons, mais des appendices disposés symétriquement à droite et à gauche. Il en résulte que leur nombre est toujours pair, et ne peut jamais être impair. L’axe est tantôt un tronc simple et homogène (type des Mollusques), tantôt articulé, c’est-à-dire composé d’une série de segments identiques en nombre plus ou moins grand. Chez les animaux inférieurs, le nombre des segments n’est pas fixe et déterminé; chez les animaux supérieurs, il est déterminé et invariable pour tous les individus d’une même espèce. Lorsque tous les segments sont semblables, chacun d’eux porte des appendices semblables et en nombre égal, lorsque ces appendices existent (type homouome); mais lorsque les segments sont dissemblables, ils portent aussi des appendices dissemblables, et beaucoup d'entre eux même n’en portent point du tout (type hétéronome). Comme ces appendices servent toujours aux mouvements de déplacement de l’axe, on leur donne le nom général d'organes de locomotion. Dans le type hétéronome, les articles de l’axe se divisent en groupes distincts au nombre trois. Le premier groupe porte les organes des sens et la bouche; on le nomme la tète. Le second comprend tous les anneaux dans lesquels se trouvent les organes de la nutrition et de la reproduction, c’est le tronc. Sa moitié supérieure porte le nom de poitrine, et l’inférieure d'abdomen ou bas-ventre. Lorsqu’il existe encore une partie de l’axe après le tronc, elle prend le nom de queue. Celle-ci n'a jamais de cavité dans laquelle elle puisse recevoir des matières étrangères à sa substance propre ; elle sert, pour ainsi dire, de limite déterminante pour la position de l’ouverture postérieure des organes de la nutrition appelée anus. Ce tjpe général de tous les animaux à articles présente deux modifications essentielles, en ce que le système d’articulations est tantôt extérieur et apparent (type des Articulés), tantôt ne peut se reconnaître que dans une charpente intérieure qui donne au corps sa forme (type des Vertébrés). Dans le premier cas, c’est la peau qui donne au corps sa forme et en soutient les parties ; elle se transforme en une cuirasse dure, cornée ou calcaire. Dans le second cas, l’enveloppe extérieure est isolée des supports du corps, placés intérieurement et recouverts par les parties auxquelles ils servent de point d’appui. Ils forment une charpente solide de parties calcaires, les os, et |H»rtcnt dans leur ensemble le nom de squelette;

sa présence est caractéristique pour tous les animaux supérieurs.

Nous avons donc constaté trois types primordiaux dans le règne animal, desquels nous avons vu sortir six classes principales de formes. Cette grande diversification nous permet de croire à l’existence d’une riche variété d’espèces. Les faits sont parfaitement d’accord avec cette croyance ; seule, la classe des Jusectes a déjà plus d’espèces que tuut le règne végétal. Elle offre à f*œil du savant, par Ig nombre prodigieux de ses membres, une série presque fatigante ne dégradations du type idéal, qui se relient par des passages si doux, que le travail d’un seul homme ne suflirait plus à porter, dans cet écheveau embrouillé d'analogies et de différences, l'ordre nécessaire pour faire une massification scientifique de l’ensemble. Actuellement nous n’en possédons point de semblable et c’est à peine si nous pouvons avoir quelque confiance dans le dénombrement des individus. Tout ce que nous pouvons affirmer, en prenant pour base les quelques contrées qui ont été soigneusement explorées, c’est que les Insectes dépassent du double le nombre total des plantes. Pour arriver à comprendre la possibilité d’une quantité si prodigieuse de formes différentes, il nous faudra jeter un coup d'œil sur les principes qui servent de base à cette diversification ; mais, auparavant, nous devons étudier de plus près les différences morphologiques, tout aussi importantes, sur lesquelles reposent la distinction du règne animal et du régne végétal.

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