‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 170 sur 295 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Distinction des formes naturelles dans le règne végétal et le règne animal. Tableau du règne végétal.

Nous avons déjà fait connaître la nature des substances matérielles, qui constituent la base de tous les corps organisés, et nous * avons vu que la matière organique, en pénétrant dans l’organisme pour s’y incorporer, prend une forme élémentaire, qui lui sert de point de départ pour se transformer et entrer dans des combinaisons moléculaires particulières à chaque corps. Ce mode propre de groupement des atomes nous a paru être le caractère essentiel des agrégats organiques1, et nous l’avons considéré comme la différence principale existant entre ceux-ci et la matière inorganique, en tant que cette dernière est toujours homogène et jamais composée de parties limitées semblables ou dissemblables.

Nous avons reconnu au fond de toute matière organique, comme élément primordial (p. 506), la cellule, petit agrégat formé d’une membrane molle, élastique et fermée, contenant un liquide non élaboré et qui n’csl pas encore organisé. Mais cette cellule n’est pas un atome primitif, elle se développe seulement au sein d’éléments homogènes par groupement d’atomes empruntés à ce milieu. 11 se forme, par un processus’ encore mal expliqué, des globules rudimentaires beaucoup plus petits que la cellule, autour desquels on

* Je remarque encore en passant (|ue tous Ici liquides organiques, qui servent à la production de nouveaux tissus et ne sont pas des matières d'élimination, renferment des corpuscules destinés à opérer lu transformation du liquide en matière solide par la naissance des cellules.

* On prétend que ces globules primitifs sont des goultclettcs de graisse qui transe forment ['albumine en une membrane par simple contact .

voit naître une membrane dans le liquide. Cette pellicule s'accroit cl, comme toutes les membranes1 organiques, aspire intérieurement le fluide qui l’enveloppe. Elle s’étend à la suite de celte absorption, comme le lui permet son élasticité, jusqu’à ce que la cellule soit complète. Alors, ou bien elle reste en cet état, ou bien elle continue à se développer par la nutrition et de nouvelles cel- * Iules naissent à l’intérieur de sa membrane.

Cette évolution si simple se reproduit de la même manière pour tous’les corps organisés. Elle n’établit donc aucune différence entre la plante et l’animal, mais prouve tout au contraire de la façon la plus évidente leur affinité primordiale. Cependant l’identité primitive du type idéal organique, qui existe à la base des deux règnes, doit se résoudre finalement dans une opposition ; ce qui ne peut arriver que par un développement antithétique du principe fonda- ^ mental uniforme. Et en effet nous constatons ce développement des cellules primordiales dans les- deux règnes, car il n’y a que les plantes les plus imparfaites qui soient composées de cellules exactement semblables ; mais ce développement prend un caractère particulier suivant qu’il a lieu dans le règne végjtal ou dans le règne animal. Dans le règne végétal la cellule, sans beaucoup modifier sa forme, reste toujours cellule, constituant un élément avec ses contours propres et ses fonctions particulières, qui continue à se nourrir soi-même par endosmose et exosmose et à offrir à ses voisins la substance nutritive, phase d’activité auxquelles eux aussi sont soumis. Quelques cellules s’unissent bien pour former des tubes en perdant les cloisons de leurs extrémités soudées entre elles, mais on peut considérer tout cet assemblage comme une seule grande Cellule qui, tout en restant fermée, s’est beaucoup étirée et dans laquelle la disparition des cloisons facilite la rapidité de transmission des liquides. Elle conserve toujours son activité propre de cellule, et se sert de ses voisines comme auxiliaires dans son existence individuelle. Il n’existe donc dans la plante aucun centre de vie, aucun foyer d’activité et d’organisation dont la destruction compromette ou anéantisse l’existence de l’individu entier, autre que la

1 IjC phénomène d'absorption tirs membranes organiques et leur faculté de transsudalion prennent dans le langagr technique le« noms A’ en tlostno.se et d'exosmoae. Ces doux propriétés appartiennent û toutes les membranes organiques ; elles sont imlis|iensalilos à la nutrition et à In vie de tout l’organisme.

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