‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 17 sur 295 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

et de sms. La plus répandue de ces substances dans les sources est le calcaire. Nous la rencontrons à la surface de la terre, formant, surtout avec l'acide carbonique et l’acide sulfurique, des combinaisons que nous appelons chaux proprement dite et yypxe. Ce dernier est soluble dans l’eau pure. Touto source qui, dans son parcours à travers les couches terrestres, traverse des gisements de gypse, peut donc en présenter des traces. Le carbonate de chaux insoluble dans l’eau pure le devient dans les eaux chargées d’acide carbonique. La présence de ce gaz dans la plupart des sources et fontaines, produit les dissolutions de chaux que l’on peut constater danj presque toutes les eaux de sources. Cette chaux n’est pas apparente par ellemême; elle ne dévoile sa présence que par l’évaporation de l’eau, en formant un dépôt, et comme elle n’existe qu’en très-petite quantité, il faut évaporer une grande masse d’eau dans un même vase, ou au moins la faire bouillir. Pendant l’ébullition, l'acide carbonique se dégage avec l’air atmosphérique et la chaux- se précipite. 'Ajoutons que le carbonate de chaux est plus soluble dans l’eau froide que dans l’eau chaude. Toute élévation de température de l’eau favorise donc la séparation de la chaux. Une foule de phénomènes assez généralement connus, mais obscurs pour beaucoup de personnes, ont leur principe dans les lois que nous venons de formuler. Nous remarquons que nos théières se recouvrent à l’intérieur d’une croûte pierreuse ou incrustation, sans penser qu’elle résulte du carbonate de chaux de l’eau, pure en apparence, que l’ébullition a fait déposer sur les parois du vase. Nous admirons les beaux calcaires tufacés de Carlsbad, avec leur bigarrure de couleurs, lorsque nous les voyons polis et travaillés en œuvres d’art, et nous avons là un des exemples les plus frappants des grandes quantités d’éléments solides que peuvent contenir les eaux de source. Avec quelle rapidité, en effet, les bouquets de fleurs, les nids d’oiseaux et tout ce qu’on y jette se recouvrent d’nne croûte pierreuse ! L’eau chaude a ici une action plus énergique, non-seulement parce que le carbonate de chaux y est moins soluble à cause du dégagement plus considérable de l’acide carbonique, mais encore parce qu’elle s’évapore plus rapidement que de l’eau froide et dépose ainsi, dans un temps court, plus de matière solide, beaucoup de sources, tant froides que chaudes, donnent naissance à des dépôts analogues et produisent des masses calcaires considérables, que l’ou nomme.

suivant leur forme, calcaire concrétionné, tuf calcaire ou stalactite. Les calcaires concrétionnés sont des dé|xits à structure cristalline apparente ; les tufs calcaires ont un aspect terreux et sont ordinairement poreux ; les stalactites présentent des couches cristallines concentriques, et ressemblent par leur forme extérieure à de grandes chandelles de glace. Elles se forment dans les grottes naturelles ou artificielles de la voûte desquelles suinte de l’eau qui, en s'évaporant, abandonne la chaux qu’elle avait dissoute dans son trajet à travers les couches terrestres jusqu’à la voûte de la grotte. Ces trois genres de dépôts, dn reste, ne se composent pas uniquement de carbonate (le chaux; ils contiennent en général d'autres éléments, tels que du carbonate de strontiane, du sulfate de magnésie, du gypse, du sel de Glauber, du sel de cuisine, de 4 silice et jusqu'à du fer qui, sous forme d’oxyde, donne à ces dépôts leur couleur brune et produit dans les calcaires tufacés des bandes à nuances variées, suivant la quantité plus ou moins grande que l'eau eu tenait en dissolution avec le carbonate. Le grand nombre de sources avec dépôts de tufs et de concrétions sur toutes les régions de la Terre, et surtout en Italie, où les concrétions prennent le nom de travertin, employé dans leurs constructions par les anciens; enfin la présence presque universelle de stalactites dans les cavernes de notre pays, nous démontrent que le pouvoir dissolvant exercé par les eaux sur les roches calcaires dans les temps modernes est [dus considérable que ne le laisserait croire l’apparente pureté des eaux de source. Cette propriété a certainement joué un rôle considérable dans les époques primitives de la Terre. Il nous importe de noter que les matières qui se sont formées par dépôt dans une dissolution présentent en général une nature cristalline; ce qui nous autorise, sans plus ample démonstration, à considérer les dépôts terreux ou compactes comme des matières n'ayant subi d’abord qu’un mélange mécanique avec les eaux. Les tufs dont nous avons parlé forment une exception. En effet, ils ne sont pas cristallisés, mais compactes, c’est-à-dire composés de cristaux extrêmement petits, pulvérulents, (pii n’ont pas pu s’accroître, à cause de la rapidité avec laquelle leurs éléments se déposaient dans l’eau agitée. Les tufs ont encore généralement une structure poreuse très-irrégulière. Ils renferment des corps étrangers, des herbes, des joncs, et ces corps y ont laissé leur moule. Il semble, de plus, que la présence de végétaux dans

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