CHAPITRE XIX
de nouvelles couches et épaississent celles qui existaient auparavant, ou les poussent en avant. Au-dessous de l'épithélium on rencontre une seconde couche composée de libres élastiques ou de tissu cellulaire, qui, chez tous les animaux, sert d’enveloppe protectrice pour les autres organes. Ce tégument renferme des vaisseaux sanguins et des nerfs et sa structure n’a plus d'analogie avec le tissu cellulaire végétal. 11 est formé par un tissu fibreux peu serré, rempli de nombreux vides et il constitue la première membrane sensible des organes végétatifs ; il est le siège où reposent les matières colorantes de la surface et la matrice où se forme l'épithélium qui le recouvre. Lorsque les organes de la végétation ont un mouvement autonome nécessaire à leurs fonctions, au-dessous du second tégument, il existe une troisième couche formée de fibres musculaires, qui donne l’impulsion à ce mouvement. Ce tégument musculaire à une épaisseur variable en rapport avec la force qu’il doit produire ; par exemple, il est extrêmement épais dans l’estomac de beaucoup d’oiseaux et dans le cceur, où il manifeste son activité en se contractant et se détendant par des mouvements qui ne relèvent poiut de la volontédo l’animal ; ils prennent leur source dans le tissu lui-même et sont appelés automatiques. Au-dessous de la coucbc musculaire qui ne se rencontre que dans les organes végétatifs possédant des mouvements automatiques, on trouve de nouveau du tissu cclluraire, ou bien lorsque l’organe végétatif est suspendu librement dans une cavité du corps, une line membrane très-résistante, qui est composée, non-seulement de cellules et munie d’une enveloppe épithéliale, mais encore se présente comme une modification locale du tissu cellulaire animal. Elle exhale une moiteur sous forme de vapeur, qui la maintient très-glissante et lubrifiée; cette sécrétion lui a fait donner le nom de membrane séreuse. Lorsque ce liquide est sécrété en masse et ruisselle on le nomme sérum'.
Les organes de la nutrition et de la reproduction des animaux sont formés à l’aide de ces éléments. Quelques simples et identiques que ces organes soient dans leurs éléments matériels, ils ne s’en montrent pas moins très-divers, par leurs formes, dans chaque classe du règne animal. Une description générale, à moins qu’on
1 Toutes lot maladies connues sous le nom d’hydropisic sont le résultat d'une sécrétion exagérée de sérum par le tissu cellulaire et les membranes séreuses. Elles prouvent l'identité de ces ilcux üsmis animaux.
ne veuille faire un tableau spécial de l'organisation animale, ne peut point entrer dans l’étude des formes de tous les organes. -Nous nous contenterons donc de constater le fait suivant, qui est trèsimportant comparé avec la nature de la plante; dans l'animal, aucune partie du corps ne possède une vie se suffisant à elle-même, mais l’ensemble ne subsiste que par la réciprocité d’action des parties les unes sur les autres, parties qui ne sont avec le tout que dans un rapport subordonné. Plus cette disposition se complique, plus le type animal s’élève dans son mode d’organisation, et plus intimes sont les rapports des parties entre elles et avec le tout. Nous ne pouvons donc pas détacher des parties isolées du corps animal pour leur donner une existence individuelle, si tous les organes essentiels de la vie animale ne s’y trouvent point. Les animaux des espèces les plus inférieures, chez lesquels les organes ne se sont pas encore séparés et isolés de la masse générale de l’organisme, nous offrent un exemple de ce cas. Ils se multiplient par segmentation de parties détachées de leur corps. Les types homonomes eux-mémes des Articulés, dont le corps est composé de parties semblables en nombre indéfini et reproduisant par leur similitude tous les éléments substantiels et morphologiques de l’animal, peuvent donner naissance à plusieurs individus par division en plusieurs segments. Mais celte faculté cesse avec le caractère de l’hétéronomité et aucune partie détachée ne peut plus vivre d’une existence individuelle. Dès lors, séparer du corps les organes essentiels devient aussi dangereux que de leur faire une simple blessure. Cette opération, dans tous les cas ou l’organe constitue un des mécanismes fondamentaux de la vie animale et ne peut être remplacé par aucun autre, entraine comme conséquence inévitable la mort de l’individu. En général les centres des organes de la sensibilité et de la nutrition sont ceux qui jouent un si grand rôle dans la vie de l’individu et qui uc peuvent être offensés sans suite fâcheuse. Les organes de la locomotion et de la reproduction, au contraire, ne jouent jamais un rôle aussi considérable dans la conservation de l'individu, et leurs lésions ne deviennent mortelles que dans les cas où des parties importantes des organes de nutrition et de sensibilité sont affectées en même temps. La force plastique de la vie répare du reste les petites lésions par le mouvement périodique de la matière dans tous les organes, mais les grandes pertes ne peuvent être compensées que