‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 181 sur 295 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

thmiques. A ce degré d'organisation, la cavité simple ne suffit plus à la nutrition de l’individu ; ses fonctions se partagent entre plusieurs organes différents, qui dès lors reparaissent dans tous les organismes supérieurs. Ce partage se ramène à trois modes différents d’action, la digestion, la respiration e t la circulation. La digestion enlève aux aliments introduits dans la cavité digestive, qui prend le nom de tube digestif , aussitôt qu’elle devient un canal cylindrique, leurs éléments nutritifs assimilables et les fait pénétrer dans les vaisseaux par absorption au travers des membranes. Les vaisseaux sont des tubes cylindriques déliés et ramifiés, qui se distribuent dans le corps entier conformément à son type, et transportent leur contenu, soit de la périphérie au centre (veines), soit du centre à la périphérie (artères). Ce contenu est le sang, le véritable aliment de tout organisme animal, liquide dans lequel flottent des cellules complètes et isolées, presque toujours en forme de disque aplati et à contours elliptiques, dont le noyau convexe occupe le milieu du disque (globules du sang), ou bien ne forment encore qu’un noyau cellulaire rond et inachevé (globules de la lymphe). Ce liquide est élaboré par le canal digestif, absorbé par ses parois, transporté par endosmose à travers les membranes intestinales dans les vaisseaux sanguins et distribué par les artères dans toutes les parties du corps. Chaque organe reçoit donc sa part et lui fait prendre la forme moléculaire propre à sa substance; le surplus retourne par les veines au centre, reprend en partie la même route, en partie se dirige par une autre voie vers des organes particuliers, où il vase purifier, en se débarrassant du carbone, que les organes ont laissé ou déposé dans le sang. Le carbone devenu inutile aux animaux doit être éliminé. Cette opération s’effectue par la combinaison qui a lieu entre lui et l'oxygène de l’air pour produire de l’acide carbonique; celui-ci s’échappe hors du sang sous forme gazeuse1, par un phénomène d’absorption et d’exhalation des membranes organiques. Ce processus prend le nom de respiration, et l’organe dans lequel il s’effectue, celui d’organe de la respiration. Cet organe est toujours composé d’un prolongement de l’épithélium de la membrane exté-

1 Sous ne devons pas oublier que le carbone, qui est la principale substance alimentaire des végétaux, est absorbé par eux à l’état d’acide carbonique séparé de l’oxygène et lixé, et l’oxygène rejeté au dehors, I/*s animaux et les plantes se complètent donc dans leurs besoins.

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rieurc ou membrane dermique, qui tantôt se replie à l’intérieur et reçoit dans la cavité qu’il forme le médium oxygéné, tantôt se projette extérieurement et se trouve en contact libre avec ce médium. Les organes respiratoires du premier genre portent le nom de poumons, ceux du second celui de branchies. Lorsqu’il n’existe aucun organe spécialement destiné à la respiration, il est suppléé ou par l’épithélium de la surface extérieure ou par celui du canal intestinal. Les animaux réguliers ne possèdent encore aucun autre organe particulier et même ceux que nous venons de décrire ne se retrouvent point chez tous leurs membres. 11 nous faut donc faire connaître avec plus de détails le groupe des animaux réguliers d’après ses formes et décrire l'orgnnisation propre à cliaque forme particulière.

Les animaux à type régulier se divisent le plus naturellement en deux classes, les Polypes (Polypina) et les Rayonnés (lladiata). Ces deux groupes réunis aux animaux irréguliers constituent la classe des Zoophytes de Cuvier1. Cette dénomination- ue peut cependant s’appliquer avec justesse qu'aux Polypes, puisqu'ils sont les seuls chez qui nous voyons prédominer les formes générales des plantes.

La classe des Polypes forme un groupe extrêmement naturel-, caractérisé par le type régulier le plus complet. Ses membres, qui se présentent presque toujours réunis en familles, se distinguent principalement de la classe suivante, les Rayonnés, par ce caractère et par la faculté qu’ils ont de se multiplier par fissiparité ou par bourgeonnement, faculté sur laquelle reposent leurs associations en familles. Le corps d’un Polype isolé a absolument la forme d’un verre à vin, en donnant une épaisseur plus grande au verre relativement à la cavité ouverte par en haut qu’il circonscrit. L’animal se fixe en partie à l’aide d’appendices inférieurs faisant fonction de pieds, el est en partie soudé à la base solide qui le supporte. Sa face supérieure surbaissée, au milieu de laquelle se trouve l’orilicc buccal, dont l’ouverture varie au gré de l’animal, est entourée d’organes appendiculaires composé d’une substance molle et transparente et auxquels on donne le nom de tentacules, de bras ou d’organes de préhension. Leur nombre figure, avec une grande précision, le rapport numérique du type de ces animaux.

1 Los Zoophytes <le Cuvier embrassaient encore les Yerx intestinaux et formaient dans ces limites un groupe tout à fait contre nature, caractérisé uniquement par des caractères négatifs.

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