‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 182 sur 295 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

La Louche ne conduit pas dans un tube digestif, mais dans une grande cavité abdominale, soit directement, soit par l’intermediaire d’un canal ouvert qui communique en même temps avec la • cavité de la tige jusqu’au pied. La cavité abduminalc n’est pas divisée, lorsqu’elle occupe le corps entier ; mais avec une étendue moindre, elle envoie des ramifications de nature vasculaire logées dans l’épaisseur du périsome. Autour de cette cavité et en dehors, se placent les organes sexuels, testicules ou ovaires, engagés dans ou sur l’enveloppe du corps. Le plus souvent, ils sont distribués d’après des quantités constantes, conformément au rapport numérique dominant, et sont fixés à l’aide de replis interne du périsome faisant saillie dans l’espace vide. D’après cetto organisation, tous les Polypes pondent des œufs. Ceux-ci donnent naissance à de nouveaux individus isolés qui servent de point de départ à une famille par fissiparité incomplète ou bourgeonnement. Tous les Polypes, de même que les Infusoires, sont aquatiques, et ils se nourrissent d’animalcules. Malgré leur état sédentaire, ils se les procurent facilement en produisant un remous dans l’eau, à l’aide des cils vibratilcs dont leurs tentacules sont armés. Ce mouvement, entraînant tous les petits corps flottants, les dirige vers la bouebe, et le Polype les avale ou les rejette à volonté, suivant ses besoins. Entre les cils, et dispersés ou groupés sur les tentacules, existent de minces filaments particuliers logés dans des cellules et armés de crochets à leur base. Ces petits appareils servent à saisir les animalcules et les tuent au moyen d’un suc corrosif qu’ils sécrètent ; d'où on leur a donné le nom d 'organes urticants. Plusieurs espèces de Polypes peuvent causer une douleur sur la peau de l’homme et y déterminer une inflammation. Les cils vibratilcs, qu’il ne faut pas confondre avec ces organes urticants, existent clic/, beaucoup d’autres animaux aquatiques et même la plupart des épithéliums à surface humide, y compris les organes de la respiration, en sont pourvus. Chez les Polypes, ils causent par leur agitation incessante (mouvement vibratilc) un renouvellement continuel du médium où ils se trouvent, et concourent ainsi d’une façon essentielle à la respiration. Ces particularités, ainsi que le nombre typique des bras et la conformation de l’appareil nutritif, sont les éléments à l’aide desquels on subdivise ce groupe. Jusqu’ici j’avais considéré, avec un grand nombre de zoologistes éminents, comme première division ou groupe,

les Biynzoaires, petits animaux pourvus d'un canal intestinal et d'un anus, et qui, ordinairement, sont logés dans de petites cellules ou tubes isolés et composés d’une substance cornée, et plus tard encroûtée de calcaire. Mais d’après la disposition symétrique de toute leur structure, il est très-probable que ce ne sont point de vrais Polypes et qu’ils forment un groupe particulier du règne animal et se rattachent aux Mollusques les plus inférieurs, les Tuniciers. Le premier ordre des Polypes porte le nom d’Anthozoaires (animauxlleurs). Des quatre divisions ou tributs de cet ordre, la première ( Oliyactinie ) n’a point encore de fixité dans le nombre de ses tentacules ; et, de plus, elle n’est jamais pourvue de charpente calcaire dure, et par conséquent offre peu d’intérêt au point de vue géologique. Le Polype à bras absolument nus de nos étangs (Hydre) est l'unique représentant de ce groupe; malgré sa texture extrêmement molle, il a laissé des empreintes parfaitement reconnaissables dans les dépôts de lignite. Une seconde tribu, caractérisée par huit tentacules pennées (d’où son nom d’Octaetinie) renferme le Corail rouge vulgaire, dont l’axe incrusté de calcaire a été employé depuis l’antiquité comme objet précieux de joaillerie, à cause de sa texture compacte. Les espèces fossiles de cette tribu n’ont laissé que de rares débris. Une troisième tribu comprend les Polypes munis d’un s axe solide, fortement incrusté, presque toujours immobile et soudé par sa partie pierreuse avec sa base; lorsque le parenchyme vivant vient à mourir, ce qui arrive de plus en plus fréquemment avec l’âge de la famille, cette tige morte reste toujours attachée au sol. Ces propriétés leur ont fait donner le nom de Lilhophytes . De même que les Octactinies, ils habitent la mer et actuellement surtout les régions tropicales. Tantôt ils n’ont aucun tentatule, tantôt ils en possèdent de courts, en formes de mamelons ; tantôt de plus longs et cylindriques, sans être jamais très-grands et en nombre-déterminé (l'2, d’où la dénomination de Dodécaclinie), ou des replis rayonnés en nombre indéterminé, mais grand. Ce caractère est facile à reconnaître sur le support calcaire; on y trouve toujours, au point où un Polype était fixé, un enfoncement appelé cellule dans lequel des rayons vont du centre à la périphérie. Lorsque le Polype n’avait point de tentacules, la cellule est ronde et sans rayons ; lors • qu’il avait douze tentacules, elle est hexagonale et a douze rayons, qui se ressemblent alternativement ou sont tous semblables; lors-

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