‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 190 sur 295 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

comniodation du type aux différents milieux. C'est d'elle que nous avons déjà vu sortir, chez les Gastéropodes, la distinction en Gastéropodes à poumons et Gastéropodes à branchies ; mais elle n’a joué aucun rôle chez les animaux précédents, puisque tous, à la seule exception de ces derniers, sont uniquement aquatiques et île quittent point leur élément humide. Mais les Articulés et les Vertébrés s’adaptent à tous les milieux, circonstance qui lait naître chez eux la première et la plus importante différence : je veux parler de celle qui affecte les organes de locomotion. Elle doit être très-marquée, puisque ces organes sont ceux qui subissent les premiers l’action des différences de médium. Les nageoires, les ailes, les pieds, avec leurs formes propres, sont le produit de ces différences. L’action du parasitisme ne parait, au contraire, avoir d’importance que pour les Articulés : tous les Vertébrés, en effet, ainsi que les autres groupes du règne animal déjà décrits, pourvoient eux-mêmes à leur alimentation et ne sont pas liés immédiatement au processus alimentaire d’un autre animal, aux dépens duquel ils se nourrissent. ('.et enchaînement à un autre être entraîne, pour les Parasites, quelques particularités importantes; par exemple, une mobilité imparfaite. En effet, le corps de l'animal, sur lequel ils résident, constitue le, champ limité de leur liberté de mouvement, et souvent meme ils sont attachés à un seul organe déterminé. Les Parasites de cette espèce n'ont besoin que d organes alimentaires très-imparfaits, puisque leurs aliments leur arrivent déjà élaborés. Ils manquent donc souvent d'organes respiratoires et de vaisseaux sanguins; ces appareils ayant pour but de faire subir aux aliments des modifications avant d'être assimilés. Au contraire, tous les Parasites, dont le genre de vie ne consiste point à habiter dans les cavités fermées des autres animaux ', ont des organes de reproduction très-développés; les mouvements de l’animal habité et ceux de ses organes exposent l’œuf du Parasite à des risques : il est nécessaire qu’il déploie une grande fécondité. Des milliers de ees omis périssent, et la probabilité de son développement n est qu’en raison directe du grand nombre d'œufs qu’il produit. Les considérations démontrent

1 I cs Parasites vivant entièrement «laits «les cavités tannées sur leur hôte et dépourvus d'organes sexuels, tels «jue les tiraius «le ladrerie, doivent être considérés, d'après los travaux les plus récents, aniline une phase particulière dans l'évolution d’animaux jMHirvus de sexe à un autre période. — G.

partout dans la Nature une conformité au Dut et que des faits, regardés souvent par nous comme inutiles et superflus, sont au contraire nécessaires. Lorsqu’un animal succombe sous la quantité innombrable de ses Parasites, circonstance possible, se réalisant même souvent, la faute eu est, en partie, à sou individualité particulière ; il pouvait, en effet, s’en débarrasser pur des mouvements rapides, si les envahisseurs venaient du dehors, ou bien arrêter leur multiplication exagérée en maintenant régulièrement ses actions vitales1. Les phénomènes pathologiques, qui souvent favorisent le développement des Parasites, ne dépendent point sans doute de la volonté des malades ; mais la Nature ne s'inquiète plus d'eux : elle voit dans chaque être impuissant à se maintenir dans les limites de son activité normale, un individu destine à mourir et l'abandonne à son destin. L’homme seul peut intervenir ici et rendre leur régularité aux organes affaiblis et troublés; toute l'histoire de la médecine nous enseigne qu'il ne doit cette faculté qu'aux observations et aux expériences laites sur lui-méme.

Nous allons commencer maintenant le tableau systématique des Articulés; nous l’abrégerons le plus possible, afin de lie point épuiser notre patience sur le nombre immense de leup formes réelles. D’ailleurs une très-petite partie d’cn'lre eux possède un intérêt géologique général. Actuellement encore le plus grand nombre échappe à l’observation ordinaire par la petitesse de leur corps et par leur mode d’existence cachée.

En prenant pour point de départ les modifications apportées par les influences de milieux sur le type des Articulés, nous voyons qu’ils se divisent en quaire sous-embranchements ou classes ; à savoir : les Articulés aquatiques, les Articulés amphibies, les Articulés terrestres et les Articules aériens.

Les Articulés aquatiques ont généralement un type homonome, à nombre indéterminé et portent d’après leur forme générale le nom de Vers. Ils constituent la cinquième classe du règne animal, sont aquatiques, sinon toujours, n'habitent au moins que des lieux humides ; ont des organes de locomotion sans articles et souvent petits, et des branchies, lorsqu'ils sont pourvus d'organes respira-

1 Afin de rendre ma pensée plus claire, jajnute que les Parasites capables de tuer un animal sont toujours tirs Articulés, et, comme ils arrivent toujours du dehors Jc/mcitmons , il est possible de se {garder contre eux.

Page 1