‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 199 sur 295 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

A coté des quatre vertèbres antérieures, déjà très-modiliécs quant à leur disposition, se développent simultanément avec leur ossification des os de revêtement particuliers, qui recouvrent les éléments cartilagineux de la tête, le crâne primordial, et se rattachent à chacune des vertèbres crâniennes, formées par l'ossification de, ces derniers. Il en résulte un espace vide servant à abriter l’organe nerveux central, et auquel on a donné le nom de cavité' cérébrale ou cavité crânienne. Sur toute son étendue, les os de revêtement et les vertèbres qui s’y rattachent sont intimement unis par des sutures. Cette partie du squelette porte le nom de crâne. Dans les vertèbres suivantes, qui sont plus nombreuses, ou en majorité, les éléments inférieurs s’effacent dans l’épaisseur de la corde dorsale, taudis (pie les éléments supérieurs, se dressant au-dessus d’elle, forment un arc en se réunissaht ; aussi ceux-ci l’emportent-ils sur les premiers par leur masse et constituent la portion principale de la vertèbre. Celte partie prend le nom de corps de la vertèbre. Au-dessous du corps de la vertèbre, il doit se former une cavité polir recevoir les organes végétatifs, ce qui, d’après les lois du type, ne peut s'effectuer qu'au moyen d’os. D'autres os minces et recourbés en demi-cercle viennent donc s’attacher à la fois aux apophyses transverses et au corps de la vertèbre, avec lesquels ils sont unis par une articulation, et ils se courbent en bas, par leur extrémité libre, les uns vers les autres. Ces os s’appellent côtes; elles appartiennent exclusivement à la partie du corps que l’on nomme le tronc, circonscrivent la cavité du tronc et constituent un caractère typique, inséparable de cette cavité et avec elle du tronc entier. Elles restent souvent libres par leur extrémité inférieure, comme cèla a toujours lieu chez les Poissons, et seulement pour la moitié postérieure du tronc chez les autres Vertébrés. Dans la moitié antérieure, elles viennent s’appuyer sur une série de petites vertèbres que l’on appelle la colonne verlébrale secondaire, inférieure ou pectorale, tandis que la supérieure porte 1e nom de colonne vertébrale primaire, ou dorsale. Les vertèbres inférieures n’ont en général qu’un ou deux éléments et se soudent en un seul os, le sternum. Après le tronc, suit enliu une série de vertèbres dont les apophyses, tantôt ne se ferment point, tantôt se joignent en haut et en bas de la même manière. Celte partie de la colonne vertébrale est la queue. Elle renferme aussi un canal dorsal et abdominal, mais jamais de cavité pour abriter Icsorgancs des

Tondions nutritives et végétatives, dont la présence dans une cavité au-dessous de la colonne vertébrale en l'ait toujours une cavité thoracique, même lorsque ses vertèbres ne portent plus de côtes.

Jusqu’ici nous n’avons décrit que la tige du corps des Vertébrés, et il nous manque encore les supports des organes de locomotion et des organes des sens, qui ne peuvent point faire défaut aux Vertébrés, situés au degré le plus élevé de l'animalité. Pour les placer, la Nature s’est servi des deux parties déjà existantes du corps, le crâne et le tronc. Le premier porte les organes des sens avec la bouche , et est par conséquent la véritable tète, les second les appareils de la locomotion. La présence simultanée des organes des sens et des appareils masticateurs sur la tête des Vertébrés, entraîne cette grande complexité dans la forme de cette partie du corps, qui a empêché si longtemps de reconnaître son schéma typique, en le ramenant à une série de vertèbres modifiées. Ici encore ce n’est pas à- l’observation minutieuse, préoccupée surtout de trouver des différences plutôt que de faire disparaître celles qui ne sont qu’apparentes, mais au regard infaillible de génies naturels qu’il a été réservé de trouver le principe: le crâne est une colonne vertébrale. Okcn a été l’heureux maître qui a donné la formule et a ainsi débarrassé l’anatomie comparée de ses entraves ; taudis que Guatlie, scrutant la nature avec la même sagacité et la même justesse qu’il apportait à l’élude de l’homme, était déjà arrivé depuis longtemps à la même pensée, mais n’avait pas pu ou pas voulu la publier1. Okcn procéda sur le champ à la démonstration de son idée avec sa prudence habituelle, et en suivit les conséquences avec autant de bonheur (pie de fruit pour la scieucc. L’empirisme, irrité de voir, malgré tous ses efforts, le voile de ténèbres déchiré violemment par d’autres devant les ra-

1 la théorie d’après laquelle I© crade se couj|h>so de vertèbres cal contestée aujourd'hui |iar l'école empirique et a été considérée cou une fausse, depuis «pie les diflérenccs entre les os de revêtement et les os propres du crâne formés par ossification du crâne primordial ont été reconnues. Je crois que et; fait peut militer sur l'apprériation de la théorie vertébrale, selon qu’on pousse plus ou moins loin la comparaison. Que les vertèbre« crâniennes lie soient pas des vertèbres dorsales, rien de plus exact, et |>nr conséquent on ne doit point tenter de les identifier. Celui qui voit là une forme primitivement homologue pont à bon droit combattre la théorie vertébrale du crâne. Mais celui |»ur qui les vertèbres du tronc et celles du crâne sont seulement les modifications diverses d’un type primordial commun à toutes les vertèbres et qui ne se présente nulle part dans sa pureté et saus modifications, trouvera, à mon avis, dans les éléments générateurs de ces deux <»s des étais suffisants |iour appuyer son opinion. 11 n’y faut voir que des organes homologues et non identiques.

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