CHAPITRE XXII. 44ÿ
gards, cl forcé d’ouvrir les veux sur ce qu’il ne voulait pas aperee- • voir, se roidit d’abord avec opiniâtreté contre la nouvelle lliéorie et même voulut mettre au pilori toulc la philosophie anatomique ; mais avec le temps il y trouva son prolit et dut rendre justice à ceux qui ont les plus grands droits à la reconnaissance de toutes les générations futures, animées du feu scientifique. D’ailleurs, personne ne pourrait plus la leur soustraire aujourd'hui '.
Pour fixer les organes des sens sur la boite crânienne, la Nature a employé des os de formes particulières, enclavés entre les vertèbres crâniennes sur des points donnes, ou simplement attachés. Ces os, * d’abord considérés comme faisant partie des vertèbres crâniennes • mêmes, ont longtemps retardé la conception juste du schéma osseux de la tête. Les temporaux, les lacrymaux et les cornets des fosses nasales sont des os enclavés pour les organes des sens. Mais ils uc nous apprennent encore rien sur les maxillaires, les supports des organes de la mastication qui doivent encore être ajoutés au crâne pour en achever la construction. Cela s’effectue au moyen d’os en forme de côtes, qui s’attachent aux vertèbres crâniennes centrales, mais se soudent bientôt intimement avec elles et avec les os voisins, comme l’exigent les efforts énergiques qu’ils ont à supporter. Lorsque le maxillaire supérieur ou antérieur s’attache à la première et à la seconde vertèbre crânienne, en se rehaut avec l’os de l’oreille ou os temporal au moyen de l'arcade zygomatique, le maxillaire inférieur ou postérieur s’articule avec le même os et appuie par son intermédiaire sur la vertèbre crânienne postérieure. Les deux maxillaires se meuvent verticalement l’un par rapport à l’autre et jamais horizontalement comme chez les Articulés ; ils sont revêtus d’une enveloppe cornée pour mâcher ou déchirer, enveloppe qui devient osseuse et forme des dents en s’encroûtant de calcaire. L’ensemble de ces os attachés aux vertèbres crâniennes constitue le visage. La nature a apporté une grande diversité dans sa conformation et marqué le degré intellectuel de l’animal dans scs rapports de dimension avec le crâne. L’Homme, placé au-dessus de tous les animaux â ce point de vue, a proportionnellement le plus petit visage et le plus grand crâne.
1 H. Owen, le plus autorisa <le tous les anatomistes comparateurs vivants, a expose cil peu «le nuits et avec une grande impartialité In théorie vertébrale. Cous. Frorieps, Nette Suiizcn , etc., ur, série 2, t.II, p. 1 W.
Oigitized
Pour les organes de la locomotion, ou extrémités, le développement de l'organisation animale suit, en ce qui concerne leur • nombre, la même voie que chez les Articulés : plus les types appartiennent à un degré élevé, moins nombreux et plus parfaits sont ces organes. Le nombre six, le plus petit que l’on trouve chez les Articulés, est encore réduit de deux chez les Vertébrés ; mais en même temps les Poissons, chez qui la grandeur des organes locomoteurs est insuffisante, sont pourvus d’un appareil accessoire dans les nageoires impaires. Les quatre organes locomoteurs des Vertébrés se partagent par couples aux extrémités antérieures et postérieures du tronc, et doivent, en qualité de supports et d’étais de tout le corps, avoir avant tout une base solide qui leur permette de remplir leur destination avec sûreté. Ce but est rempli par un anneau d’os; attaché aux colonnes vertébrales supérieure et inférieure, et par conséquent décomposé en deux moitiés, une sénestre et une dextre. Chaque moitié, à son tour, se divise en une partie supérieure et une partie inférieure, formant par leur point de contact une articulation espacée. Chaque anneau se compose donc de quatre quarts ou </widrants. Mais son type général ne se borne point là ; un nouveau caractère essentiel vient, encores’y ajouter par le redoublcmcntdesquadranls inférieurs. Évidemment cette augmentation procède d’une cause générale, et probablement de cette circonstance que les membres, considérés dans leur nature essentielle, sont des séries d’os placées les unes derrière les autres, dont le nombre s’accroît d’un avec chaque série successive. Comme les ceintures, ou supports des membres, font évidemment partie de ces organes et non du tronc, elles obéissent aux mêmes lois que tous leurs autres éléments. Si maintenant nous passons du schéma à la réalité, nous voyons l’anneau antérieur représenté par la ceinture des épaules, le postérieur par la ceinture du bassin ou simplement le bassin. Dans la ceinture des épaules les quadrants supérieurs s’appellent omoplates, les quadrants inférieurs et antérieurs coracoïdiens , les inférieurs postérieurs clavicules; dans le bassin, les quadrants supérieurs sont nommés os iliat/ues, les inférieurs et antérieurs os pubis, les inférieurs postérieurs os ischions. Comme la colonne vertébrale secondaire n’existe plus dans la région du bassin, les quadrants inférieurs s’articulent immédiatement entre eux, disposition causée uniquement par l'absence de cet organe, et alin de donner ün point