CHAPITRE XXII
d’appui solide aux organes de loeoinotion postérieurs. Ces organes eux-inèincs sont tou jouis lormés par un os simple au point où ils s’unissent avec les quadrants supérieurs et inférieurs, et ils adhèrent avec eux par une articulation. Cet os simple s’appelle, aux extrémités antérieures, humérus , aux postérieures, fémur. Après lui viennent deux os, conformément au principe de l’accroissement en nombre, et à la tendance de tous les membres de s’étendre en surface qui entraîne cet accroissement ; les antérieurs s’appellent radius et cubitus , les postérieurs tibia et péroné. A partir de ce point le nombre des os, placés les uns à côté des autres, devient irrégulier ; cependant il existe encore plusieurs cas, et notamment aux extrémités postérieures de l’Homme, où, dans une troisième série, trois os sont placés les uns à côté des autres, dans une quatrième, quatre, et dans une cinquième, cinq. Les Poissons seuls dépassent ce chiffre, jamais les autres Vertébrés. Les séries suivantes sont aussi, à partir de ce point, en grande partie indépendantes, et se présentent sous la forme de doigts et d'orteils complètement séparés, dont le nombre d’articles n’est pas absolument égal. Les doigts externes ont ordinairement moins d’articles que les médians, et le doigt interne (le pouce) en a le plus petit’ nombre. Nous de-’ vons encore ajouter, en terminant, comme caractère typique important des membres des Vertébrés, le rapport antithétique de chacun de leurs segments. En général leur partie libre, en dehors de la ceinture placée dans le plan du tronc, se divise en trois segments, le supérieur, le moyen et l’inférieur. Le premier dans le mouvement ou dans le repos est toujours dressé, le moyen toujours incliné et l'inférieur plus ou moins horizontal; mais ce qui s’incline en arrière dans la ceinture des épaules, s'incline en avant à la ceinture du bassin, et vice versa, si le premier va en avant, le second se dirige en arrière. Chacun des segments des extrémités libres obéit à ce principe jusqu'au troisième et dernier placé horizontalement, et que l’on nomme, suivant sa forme, patte, pied ou main. Ce dernier segment a dans tous les membres la même direction d’arrière en avant, lorsque ces membres servent à la marche, et ne sont destinés qu’à appuyer sur le sol. Mais lorsque la destination est différente, les segments inférieurs se conforment à la loi générale du rapport antithétique de leur position, comme tout le monde peut s’en convaincre aisément uir les
Oiseaux. Cette opposition des membres et de leurs segments n’existe point chez la plupart des Articulés ; ils suivent tous la meme direction, excepté chez, les Insectes où apparait, comme chez, les Vertébrés, une antithèse semblable entre les trois parties de chaque membre, et un commencement de la tendance antithétique des membres entiers entre eux, avec la direction opposée de la première paire en avant et de la troisième en arrière.
Les parties molles, fixées au squelette, se conforment autant que possible à son schéma, surtout le système nerveux, dont la forme concrète typique se trouve ici comme partout représentée dans sa plus grande pureté. Ses organes centraux, le cerveau et la moelle épinière , sont placés dans des cavités au-dessus du corps des vertèbres, le premier dans le crâne, la seconde dans le canal dorsal : l’un et l’autre envoient leurs nerfs par des ouvertures situées entre les éléments immédiatement à côté du corps de la vertèbre. La moelle épinière, d’une forme plus simple, demeure plus fidèle au schéma typique, et envoie sur ses deux faces deux nerfs qui se prolongent dans le tronc et les extrémités. Celui de dedans va dans les muscles, dont il est l’agent excitateur ; on l’appelle nerf moteur, et il agit du , centre à la périphérie (centrifuge) : celui de derrière embrasse l’antérieur dans un renflement près de la racine, se dirige surtout vers la peau, produit des sensations et s’appelle nerf sensible ; son action va de la périphérie au centre (centripète). En outre de quelques nerfs, avec différences analogues, et s’unissant dans leur cours de diverses façons, le cerveau envoie les nerfs des organes des sens qui agissent cenlripétalement, et ne sont sensibles que pour les impressions particulières de lu lumière, du son et des matières odorantes ou douées de saveur. Enfin, il existe encore un autre système particulier de nerfs destinés aux organes de la vie végétative, et composé de fibrilles nerveuses particulières, dont les fonctions sont à la fois sensibles et motrices ; on lui donne le nom de système ganglionnaire, parce que scs nerfs s’anastomosent en réseau au moyen de nœuds ou ganglions. Il tire son origine, en partie du cerveau, en partie de la moelle épinière.
Parmi les organes delà vie végétative, l’appareil de la nutrition est particulièrement développé et compliqué. L’appareil respiratoire se présente surtout comme déterminant le type du groupe par sa dualité générale; tous les Vertébrés ont, en effet, ù la fois des