CHAPITRE XXII
branchies et des poumons. Les premières sont placées extérieurement à l’origine du tronc sur le cou, et sont en général recouvertes par des replis de la peau ; les seconds forment des sacs cellulaires dans la région antérieure de la cavité du tronc, et sont en communication avec la bouche par un canal, la trachée-artère. Les branchies ont aussi des conduits communiquant avec la cavité buccale ou dans le pharynx. La respiration s'effectue donc, chez tous les Vertébrés, par un mouvement de déglutition, puisque ces animaux avalent, soit de l’air, soit de l’eau. L'air pénètre dans les poumons et en sort par une contraction de la cavité du tronc; l’eau s’introduit parles fentes branchiales, et s’écoule sur les branchies jusque dehors. Les Poissons seuls et quelques Reptiles respirent par des branchies ; leur poumon (vessie natatoire) demeure imparfait et manque souvent complètement. Les autres Vertébrés n’ont des branchies que pendant les premiers temps de la vie embryonnaire, et respirent ensuite toujours avec des poumons. La circulation du sang, toujours rouge, s’harmonise avec ces différences. Tant que les branchies fonctionnent, la circulation est simple, c’est-à-dire que la petite circulation à travers les organes respiratoires n’existe pas. Le sang passe du cœur pourvu d’un seul, ventricule dans les branchies, se répand de là dans toutes les parties du corps et revient au cœur avec les nouveaux éléments élaborés par le tube digestif. Mais aussitôt que les poumons commencent à jouer comme organes de la respiration, une seconde circulation (la petite) apparaît, et le sang chassé du creur dans les poumons revient à son point de départ, pour aller se répandre ensuite dans toutes les parties du corps. Dans ce cas, le cœur a deux ventricules, un droit, qui chasse le sang dans les poumons et un yauche, qui le pousse dans toutes les parties du corps. Le canal digestif se distingue, d’un côté par sa longueur, de l’autre par ses grands organes accessoires. Les glandes salivaires, le foie, le pancréas, les glandes intestinales, concourent avec lui à scs fonctions. A cause de sa longueur, il ne s’étend plus dans le tronc en ligne droite, mais il en. remplit la cavité de ses nombreux replis. Les poumons sont secourus dans leurs fonctions par deux organes, qui concourent à purifier le sang, et au mouvement de renouvellement de la matière, ce sont la rate et les reins. On ne connaît pas encore bien le rôle de la rate ; les reins évacuent l’eau introduite dans le corps pour dissoudre les substances alimentaires, ou qui en con-
tenait déjà de dissoutes, ainsi que l'urée, substance azotée qui vient s'accumuler dans le sang à la suite des échanges de matière.
I.es modifications, qui peuvent affecter le schéma typique des Vertébrés, deviennent l’origine des distinctions en classes ; la cause de ces modifications est encore ici le milieu, auquel chaque forme modifiée doit s’accommoder. Nous avons donc des Vertébrés aquatiques, des Vertébrés aériens, des Vertébrés terrestres, et un groupe intermédiaire dont le nom indique le caractère: on les appelle Reptiles, et les autres groupes, dans la langue ordinaire, prennent les noms de Poissons , il'Oiseaux et de Mammifères.
Voyons maintenant les modifications tvpiques des quatre classes. Nous remarquons d'abord que le milieu entre les deux extrêmes tombe chez les Reptiles, et que, par conséquent, ce groupe est réellement un groupe de transition. L’absence d’une face recourbée en arrière, produite par la position fixe" et horizontale de la base du crâne ; la concavité des surfaces des vertèbres et la niasse plus grande de cartilage intercalé entre elles, qui en est la conséquence, l'ossification généralement plus imparfaite, le nez mal formé, la persistance des branchies comme organes respiratoires pendant toute, ou une partie de la vie, et le ventricule unique du cœur qui en résulte, sont des caractères distinctifs du premier degré inférieur des Vertébrés. Il embrasse tous les Poissons et les Reptiles nus. Au contraire, la courbure de la face, la cambrure de la base du crâne, le nez plus parfait, la mobilité plus complète de la tète, les vertèbres à surface plate, une disposition un peu déviée des vertèbres entières, et surtout de leurs éléments supérieurs, et enfin, la respiration toujours pulmonaire après la naissance, et la double circulation qui lui correspond avec un cœur à deux ventricules, tels sont les traits qui placent les Reptiles écailleux, les Oiseaux et les Mammifères sur le degré supérieur des Vertébrés. Il est donc difficile de déterminer rigoureusement le type des Poissons, bien que pour le vulgaire il paraisse si aisé de distinguer une Grenouille d’un Poisson. Les meilleurs caractères extérieurs sont encore ici les organes de la locomotion; tous les Poissons ont, en effet, des nageoires, c’est-à-dire des appareils membraneux, pourvus de rayons osseux, divisés ou non en nombre infini de parties, et toujours attachés à des ceintures incomplètes; les Reptiles, au contraire, ont de véritables pieds, dont les doigts ne dépassent jamais cinq, et ne se composent plus d’articles