CHAPITRE XXII
lagineux; die/, eux il n'existe point d'os de revêtement isolés, et toute la boîte crânienne, primitivement cartilagineuse, s’ossifie uniformément. On rencontre aussi des Poissons qui, tout en ayant un squelette osseux, ne possèdent point d’os crâniens isolés.
Tels sont les Pertognathes; ils réunissent donc les caractères des deux extrêmes, et empêchent d'établir une séparation tranchée. Toutefois, sur ce point ainsi que sur d'autres encore, ils se rapprochent plus des Poissons cartilagineux que des Poissons osseux: car leu» cèles, toujours absentes chez les premiers, sont très-petites et imparfaites, ou disparaissent complètement. Même quelques autres Poissons, connue le Hrocht't, par exemple, qui évidemment appartient aux Poissons osseux, ont plusieurs os du crâne cartilagineux et réunissent ainsi les caractères des deux groupes. Les naturalistes discutent moins sur lui que sur les Pectognathes, pour savoir s'ils appartiennent aux Poissons osseux ou aux Poissons cartilagineux. Néanmoins, comme tout l'aspect extérieur de leur corps répond plus à celui des Poissons osseux qu’à celui des Poissons cartilagineux, le plus juste serait peut-être de les placer dans le premier groupe. Mais, sans donner plus de suite à cette observation, le groupe des Osteacanthes , de beaucoup le plus nombreux, exige tout particulièrement une subdivision plus profonde, très-difficile à réaliser à cause de leur grande ressemblance générale, (ànier choisit, comme principe du division, la conformation des rayons des nageoires, suivant qu'ils se composent de rayons simples {nageoires épineuses, Acanllwplenjgii) ou de rayons articulés (à nageoires molles, Malneoplenjgii) ; mais ce choix ne donne aucune base naturelle certaine, comme on le constate au plus simple examen, puisque les deux genres de rayons existent, en général, sur le même Poisson. Linné employa, avec pl us de bonheur, à ce qu'il semble, la position des nageoires pectorales et abdominales ; elles représentent les membres véritables et ont certainement une iullueuce sur la conformai ion de l'animal par leur position. Dans le type normal des Poissons, on les trouve aux extrémités antérieures et postérieures du tronc, et on les appelle, à cause de cela, nageoires pectorales , les premières; nageoires abdominales , les secondes. Les Poissons die/, lesquels elles occupent réellement ces positions, prenaient, suivant Linné, le nom de Poissons abdominaux (Abdominales). Lorsque, au contraire, les nageoires abdominales se déplacent en avant et viennent jusqu’au-
dessous des pectorales, on a les Poissons pectoraux (Tlioracici) ; s’avancent-elles encore plus avant jusqu’à la gorge, cette disposition caractérise les Poissons jugulaires tJuijulares ) ; font-elles défaut, les Poissons apodes (Apodes). Comme cinquième groupe, on comprend les formes sans aucune nageoire paire. Mais cette division n’a point de base sûre dans la nature, puisqu'on trouve dans une seule et même famille plusieurs positions diverses : les trois premières, par exemple, cher, les Perches ; les groupes supérieurs ne peuvent donc point être déterminés ainsi. On chercha d’autres principes de division, et Agassis recourut enfin aux écailles qui recouvrent la peau des Poissons, à quelques exceptions près, telles que les Silures. Les écailles sont des os renfermés dans des capsules de la peau et fixés par ce moyen ; cependant elles coupent souvent la peau de la capsule avec leur pointe ou leur bord tranchant, et se montrent à découvert. Le savant naturaliste cité, à qui nous devons tant pour la connaissance des Poissons fossiles, a établi quatre groupes d’après la forme de ces écailles et d’après leurs connexions avec la peau, i. Placoïdes: les productions osseuses cutanées forment des amas inégaux, non unis, de corps de diverses formes plus ou moins aculéiformes et qui sont souvent de très-petite dimension. 2. Ganoides: les écailles sont des plaques régulières, rhombiformes, composées de lames cornées et osseuses alternantes et recouvertes d’une couche comparable à l’émail ; elles sont dures comme les dents, auxquelles elles ressemblent aussi par leur structure. 3. Cténoides : les écailles, uniformes, se composent de lames osseuses juxtaposées dont le bord libre est denticulé ou pectiné. 4. Cycloides : écailles do meme structure que les précédentes, sans bord denticulé, avec dessins gravés à la surface.
Dans cette classification, on ne tient naturellement aucun compte de la forme du squelette, et les Poissons cartilagineux se confondent avec les Poissons osseux, comme cela est nécessaire, d’après la forme de leurs écailles. Cette circonstance s'oppose, déjà à l’emploi des écailles, comme principe d’une classification naturelle des groupes supérieurs, et ne permet de les utiliser que pour former les divisions subordonnées. 11 restait donc encore à chercher un caractère primordial pour distinguer les Poissons en familles. Müller l'a enfin trouvé dans la conformation du pédoncule artériel. Du ventricule de tous les Poissons sort, en avant, une artère pour porter le
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.sang dans les branchies, et qui, à son origine immédiate près du ventricule, est plus ou moins dilatée. Cette partie dilatée porte le nom de bulbe de l'aorte ( bulbus aortæ), à cause de son aspect bulbifurme. Tous les Poissons osseux ont un pédoncule, bulbiformc de cette nature, dont les parois épaisses se composent de fibres élastiques et dont la cavité interne est séparée du ventricule par deux grandes valvules. Les Poissons cartilagineux possèdent, au contraire, un pédoncule artériel, long et conique, formé de fibres musculaires dans ses parois, et pourvu de plusieurs séries de valvules placées intérieurement les unes à coté des autres. Cette différence importante accroît évidemment la distinction déjà indiquée par l'ossification du squelette, et la séparation en Poissons osseux et cartilagineux se trouve mieux précisée. En outre, les deux divisions sont nettement séparées l’une de l’autre par un groupe de Poissons réunissant le pédoncule artériel des Poissons cartilagineux et le squelette dur des Poissons osseux. Ces Poissons sont les seuls Candides vivants a écailles rhombiformes et émaillées; on peut donc les considérer comme les rares représentants d'un type intermédiaire de Poissons très-nombreux aux époques primitives et avec lesquels certains Poissons cartilagineux vivants, les Esturgeons , ont une très-grande affinité par l’opercule libre des branchies. En prenant pour guide le caractère fondamental que nous avons indiqué dans la forme du pédoncule artériel, les Poissons se divisent on deux groupes supérieurs, partagés eux-mêmes à leur tour en deux sous-divisions. Les Poissons à pédoncule artériel bulbiformc et à deux valvules embrassent et les Poissons osseux et quelques Poissons cartilagineux, dont l’orifice buccal est rond et fait fonction de ventouse sans avoir de vraies mâchoires. Tous ces Poissons n’ont point d’opercule branchiale, possèdent six paires de branchies, tandis que tous les autres n’en ont que quatre, sont dépourvus de nageoires paires, d'écailles et d’une enveloppe protectrice quelconque, et les parois de leur pédoncule artériel ne sont point renforcées d’une couche do tissu élastique. Tous ces caractères les placent au degré le plus inférieur de la classe, et ils se rattachent par maintes circonstances au plus rudimentaire des Poissons, 1 ’Amphioxus lanceolatus (ou Branchiostoma lumbricum ), complètement dépourvu de cœur, et par lequel on doit commencer la série des Poissons et des Vertébrés. Leur bouche, ronde, leur a fait donner le nom de Cqclostomes. A eux se
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rattachent, par la conformation du cœur, le» Poissons osseux proprement dits ( Teleostei ) avec pédoncule artériel élastique, deux val vules à son orifice, bouche transversale armée de véritables os maxillaires, opercule branchiale libre, quatre paires de branchies, une vessie natatoire simple et des écailles uniformes possédant soit les caractères des Cténoïdcs, soit ceux des Cycloïdes, et manquant trèsrarement complètement (chez les Silures). Les Cténoïdes, qui en grande partie sont Acanthoptérvgiens, embrassent les Perches (IVrcoïdcs), les Aigrefins (Squamipennes), les Sciénoides , les Spar ouïes, les Trigloides et les Plies (Pleuronectoïdes ; dans le groupe des Cycloïdcs se placent les Anguilles (Murænoïdes), les Goujons (Gobioïdes), les Luire* (Labroïdcs), les Thons (Scomberoïdes), les Morues (Gadoïdes), les Harengs fClupcaci), les Saumons (Salmonei), les Brochets (Esocei) et les Carpes (Cyprinei), auxquels se rattachent les Silures ( Silurini ), encore nus ou recouverts de grandes cuirasses osseuses. Nous trouvons ensuite les familles typiques des Pectognathes et Lophohranches. Les premiers, déjà cités comme Poissons d’une organisation particulière, ont le cœur et les os icsTéléostéens, mais ils n’en possèdent ni le manteau d'écailles ni les larges ouvertures branchiales, sont toujours dépourvus de nageoires abdominales et de côtes, n’ont pas les os de la tète isolés, et leur intermaxillaire est soudé au maxillaire; ils constituent donc, sous plusieurs rapports, une sous-classe très-divergente. La forme de leur corps est déjà entièrement particulière, soit qu'il ait une forme quadrangulaire (chez les Ostraciens ), ou celle d’une vessie (chez les Dindons), ou qu’enfin il soit dépourvu de queue (chez VOrlhragoriscus). On en peut dire autant, sons plusieurs rapports, des Lophohranches, dont les branchies ont la forme de houppes tronquées ; chez eux aussi manque le manteau d’écailles remplacé par de minces cuirasses anguleuses; leur tète, prolongée en bec, accroît encore leur originalité. Avec eux, que nous les placions tout en haut ou tout en bas, connue je le préférerais, finit le premier groupe supérieur des Poissons. La seconde division, caractérisée par un pédoncule artériel musculeux et des séries multiples de valvules, se décompose en Ganoïdes et Elasmobraiichiens. La seule particularité exclusive qui, avec le pédoncule artériel, distingue les Gauoïdcs, est l’opercule osseux servant à protéger les branchies libres. Pour le reste, ils présentent tantôt un squelette osseux cl des écailles rhombiformes
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(■maillées comme les Polypterus et les Lepidosteus , tantôt un squelette cartilagineux, sans écailles, mais avec des cuirasses incomplètes, emboîtées les unes dans les autres, comme VEsturgeon (Acipenser) , ou bien encore aucune enveloppe protectrice avec le même genre de squelette, comme les Spalularia. Ce genre est le prototype des Squales. Les Elasmobranchiem sont de véritables Poissons cartilagineux à bouche transversale, dont les mâchoires portent des dents émaillées, mobiles et rhomboidales ou triangulaires et dont les branchies se soudent avec la peau par leur bord externe, mais ne sont point protégées par un opercule. Le courant d’eau respiratoire s’écoule chez eux par cinq fentes branchiales ouvertes dans la peau entre et à côté des quatre branchies. Ils n’ont jamais de vessie natatoire encore existante chez les Ganoïdes, et pondent des œufs, gros, carrés, à coquille coriacée, qui, fécondés avant la ponte, éclosent souvent jusque dans le sein de la mère. Tous les autres Poissons, même les Ganoïdes, frayent, c’est-à-dire qu’ils pondent des œufs nombreux, petits, globulilôrmes, sans coquille, fécondés par le mâle seulement après la ponte. Néanmoins, quelques-uns de ces Poissons mettent au monde leurs petits vivants, comme, par exemple, P Anguille | Blennius viviparus). Les Élasmobranchiens ne sont jamais revêtus d’écailles, mais de cuirasses, de piquants ou d’ossifications engagées dans la peau ; ils ont toujours quatre nageoires paires dans la position abdominale, et ils se subdivisent en Squales ( Squulini ) et Raies (Rajacei), que l’on distingue facilement les uns des autres par les nageoires pectorales libres chez les premiers, soudées chez les secondes.
La classe des Reptiles (Amphibia) n’a guère d’autres caractères communs que la forme plus élevée des membres, ayant toujours pour point de départ des ceintures fermées, et se divisant, comme nous l'avons vu plus haut, en région supérieure, moyenne et inférieure, lorsqu’ils existent avec un développement complet. A cela s’ajoute le sang froid, les ventricules du cœur incomplètement divisés, un poumon, l'articulation occipitale, et le cloaque; caractères dont la réunion ne se retrouve ni chez les Poissons, ni chez les Oiseaux. Les lteptilcs se présentent sous deux aspects très-opposés, les Reptiles nus et les Reptiles écailleux. Les Reptiles nus se rapprochent plus des Poissons par 1a disposition de leur squelette ; ils ont cependant un double condylc à l’occiput, aucun opercule brauchial osseux même
lorsqu’ils respirent toujours par des branchies, mode de respiration qui, d’ailleurs, est propre à tous les individus de la classe dans les premiers temps après la naissance. Pendant cette première phase ils sont dépourvus d’extrémités ; elles ne commencent à se former que plus tard. Tant que ces Reptiles vivent dans l'eau, et qu’ils possèdent une peau lisse et visqueuse sans écailles et productions osseuses cutanées d’aucune espèce, ils conservent cette peau, et ils l’humeclent avec la sécrétion de nombreuses glandes cutanées lorsqu’ils abandonnent la vie aquatique. Tous frayent à la manière des Poissons osseux, pondent des œufs nombreux sans coquille, dont quelques-uns écloseut dans le sein de la mère; les autres sont abandonnés dans l’eau. Un genre sans pieds, en forme de Serpent (Caedlia), à branchies temporaires et faces d'articulation concaves des vertèbres, commence la série. Ensuite viennent les genres à branchies persistantes ou à fentes branchiales ( Ichthyodes) qui, tantôt ne possèdent que des membres antérieurs (Siren), tantôt ont aussi les postérieurs et sont munis de vertèbres concaves. A ces deux points de vue, il se rattachent aux Poissons osseux. Chez les Amphiiima et Menopoma, les vertèbres sont cachées; chez les Hypochthon, les Monobranchus et les Stegopoms , elles sont visibles et extérieures. La plupart de ces animaux habitent les lacs de l’Amérique du Nord et du Mexique, V Hypochthon anyuineus, la grotte d'Adclsberg,sur la route de Leibach à Trieste. On a découvert de grands Ménopomes au Japon. Le prétendu Homme de Scheuchzer, du calcaire fétide de Oeningen, était très-rapproché d’eux. Les Reptiles nus, à branchies temporaires, ont des membres développés peu à peu (Batrachia) et sont pourvus, tantôt d’une queue et de vertèbres convexes en avant et concaves en arrière ( Snlamandrina ), tantôt de vertèbres à disposition inverse, c'est-à-dire concaves en avant et convexes en arrière avec absence de queue (Ecttudata) ; chez les premiers, les pieds de devant apparaissent d’abord, chez les seconds les pieds de derrière, et leurs petits portent le nom de têtards. Les Grenouilles et les Crapauds sont les espèces les plus connues de ces groupes. Les Reptiles écailleux ont déjà été cités plusieurs fois en ce qui concerne leurs propriétés essentielles : des vertèbres à surfaces |danes, ou concaves en avant et convexes en arrière, articulées en partie ou en totalité (chez les Serpents) entre elles, un crâne à hase plus courbée, un seul condylc au-dessous du trou occipital, un os lympaual mo-