CHAPITRE XXIII
Géographie de» être» organûèi dui I« tempi moderne«
Dans les chapitres qui précèdent, nous avons fait connaître les (ormes typiques de l'organisation et les traits qui caractérisent son développement depuis le commencement de la période actuelle. Il nous faut maintenant étudier les caractères en relation directe avec la distribution des êtres animés à la surface de la Terre, et qui reposent sur la diversité des zones et des climats de notre planète. Nous avons déjà vu, en effet, que chaque organisme est soumis dans le mode de son existence aux influences du milieu habité par lui, et nous avons prouvé que toutes les différences de races sont produites par cet agent. D'ailleurs, l'action du inonde extérieur sur les êtres organisés estai évidente que maintes espèces répandues à la surface de la Terre, depuis les temps historiques par les relations des peuples entre eux, ont subi des modifications, produites par les zones et les climats, modifications dont nous constatons l’origine endémique par les termes de races nouvellement formées.
Cette influence est d’autant plus marquée que l’individu organisé possède des caractères particuliers moins profonds. Si nous accordons une existence générale à un certain type spécifique, l'action que nous étudions en sera, pour ainsi dire, le point de départ, la cause qui a imprimé ce type général sur tant de représentants et il espèces partiellement diverses. Cette doctrine n’a pas seulement pour but d’expliquer par l’influence du milieu extérieur la diversité des espèces vivant actuellement sur la Terre, elle prétend encore retrouver dans les mêmes causes l'origine des déviations subies par les espèces, dont les restes sont conservés dans lesrouchesdu Globe,
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et ramener ainsi les changements des caractères spécifiques des périodes successives de création aux modifications qui se produisent constamment dans les agents extérieurs eux-mèmes. Il est donc nécessaire de connaître les lois sous lesquelles vivent actuellement les êtres vivants, si on veut apprécier sainemcntlcs différences que nous rencontrons pendant les époques primitives. Nous allons tenter de donner un tableau des diversités géographiques du règne animal el du règne végétal.
En dehors de l’Homme et de son inséparable compagnon, le Chien, il n’existe pas actuellement d'autre créature vivante habitant indifféremment sur tous les points de ta surface du Globe ou qui puisse y habiter. Toutes les autres ont une circonscription limitée, un domaine d’autant plus resserré, que les caractères de leur organisation sont plus particuliers et plus spécialisés. Ainsi nous rencontrerons toujours des- formes nouvelles, à mesure que nous nous éloignerons de notre point de départ dans notre excursion à la surface de la Terre. Nous constaterons en outre, en généralisant les résultats donnés parles observations, que les lois qui en découlent ont un sens tout autre, suivant que nous porusuivons leurs effets, en allant du Nord et du Sud vers l’équateur, ou bien de l'Ouest à l’Est-,
Avec la première direction nous voyons la loi de répartition des organismes rester partout la même sur la surface entière de la Terre, et la diversité et le nombre des espèces s’accroître dans le même sens, si bien que les zones de plus en plus chaudes possèdent une plus grande richesse de formes et de vie que les latitudes froides situées sous le même méridien. La vie organique cesse entièrement dans les régions où le sol est recouvert par des neiges et des glaces éternelles. Du moins elle n’y apparaît que temporairement sur quelques points isolés, dont le manteau de glace disparait pendant quelques semaines de l’été. Elle s’y manifeste sous la forme de petites plantes cryptogames, appartenantaux familles des Lichens et des Mousses (p. 59ti). Ges plantes dépourvues de fleurs colorées forment seulement un tapis monotone, et d’un vert sans uniformité. Les animaux terrestres manquent presque toujours dans ces contrées. La mer seule, sur ces rivages lointains, sert de retraite à des êtres vivants dont l’existence pénible au milieu des glaces n’est qu’une lutte continuelle entre eux et avec cette nature glacée. Mais à chaque degré, dont nous nous éloignons du pôle, nous voyons croître la vie