‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 211 sur 295 · CHAPITRE Will · texte numérisé non relu

CHAPITRE Will

Après celle description des cinq grandes régions organiques qui partagent la surface du Glohe, nous devons encore ajouter que le caractère général de chacune d’elle, en tant que modification particulière du règne organique sur ce point déterminé de la surface terrestre, est incontestable; mais que des formes identiques, produites par des circonstances extérieures semblables, reparaissent d'une région à l’autre. Cette loi se réalise plus particulièrement dans les zones chaudes et brûlantes, lorsque la contrée s’élève beaucoup au-dessus du niveau de la mer, ou bien fait partie d’une baute chaîne de montagnes. La nature tropicale s'affaiblit dans la proportion où l’on s’élève au-dessus du niveau général. Les formes particulières endémiques disparaissent et sont remplacées par un type d'organismes qui devient peu à peu semblable aux êtres vivants des zones tempérées. Mais cette ressemblance se manifeste seulement dans les traits généraux de l’organisation et ne va pas jusqu’à produire une identification spécifique. Lorsque nous faisons l’ascension d'une montagne située sous les tropiques, et dont le sommet atteint la région des neiges ou même la dépasse, le caractère tropical disparait à mesure que nous nous élevons. Les Palmiers et avec eux toute vie tropicale, nous abandonnent à une hauteur de 5,000 pieds au-dessus de la surface de la mer. Des forêts, composées d’arbres analogues aux nôtres, apparaissent, et les Conifères s’y entremêlent de plus eu plus, à mesure qu’on s’élève plus haut, jusqu’à ce qu’enlin, arrivé à une certaine hauteur (sur les Cordillères, sous l’Équateur, 12,000 pieds, sur l’Itimalaya, 8,000), ces derniers végétaux prédominent complètement et deviennent les uniques représentants des plantes arborescentes. Au-dessus, on ne trouve plus que quelques buissons, puis de simples plantes herbacées, enfin des Mousses et des Lichens placés sur les limites extrêmes de la végétation. A côté de cette ressemblance générale, il existe toujours quelque chose de particulier qui, assez souvent, dépasse les limites de l’espèce et même de groupes plus généraux et plus élevés. Ainsi nous ne rencontrons sur les Andes aucun des Chênes et des Conifères de l’Europe, mais des espèces différentes particulières à ces mantagnes, appartenant aux mêmes genres ou aux mêmes familles1. A côté de

1 Les Conifères À longue* feuilles aciculnires ne dépassent )ms le an sud, eu

Amérique ; à partir de ce point, ils sont remplacés par les genres Aratu nrin et Podocarpux Sur l'hémisphère occidental, les Conifères s’étendent jusqu'à Sumatra, où leur dernière limite se trouve en dehors des tropiques.

ces types végétaux, propres à notre pays, on voit apparaître sur les Cordillères des formes nouvelles, telles que les Quinquinas , complètement étrangers à nos yeux. Chaque région organique indépendante conserve donc sa physionomie particulière, malgré les ressemblances générales avec les autres régions que nous pouvons noter dans quelques-uns des traits. Ces caractères communs subsistent à coté des caractères particuliers, et ces derniers servent à établir l’autonomie propre aux régions.

Si nous résumons les faits généraux qui ressortent de cette étude, nous arrivons aux conclusions suivantes : I" Tins on s’éloigne d’un lieu tout en restant sous le même parallèle, plus les produits du sol différent dans les individus tout en conservant les traits généraux du type ; ‘2° A quelque hauteur que nous nous élevions au-dessus de la mer sous les latitudes les plus diverses, le caractère général de la région passe toujours par une série de Variations spécifiques dans un ordre constant ; 3“ Plus on s’avance sous le même méridien du pôle lloréal vers le pôle Austral, plus les variations individuelles et générales deviennent grandes. Les rivages situés on face l’un de l’autre, et séparés par de vastes mers, bien que sdus des méridiens différents, ne sont pas, ainsi que les sommets méridionaux des grandes masses continentales, sans manifester quelques traits communs dans leurs organismes. Bien qu’il ne soit guère facile qu’une même espèce, à l’exception toutefois de quelques Oiseaux de proie et marins émigrants, se montre sirr des points situés à de si grandes distances les uns des autres, il n'est cependant pas rare d’y trouver des types analogues, se trahissant an premier coup d’œil comme les modifications d’une forme primordiale, et dénotant une similitude de conformation. Ces ressemblances sont d’autant plus profondes, que. les contrées en question sont moins éloignées du berceau d’origine des êtres qui les 'occupent, et qu’elles sont moins divisées par de hautes chaînes de montagnes. Ces dernières, en effet, produisent partout les limites organiques les plus tranchées. L’eau, au contraire, sert plutôt de véhicule pour les êtres animés, et ils lsrtraversent avec la plus grande facilité. Les animaux aquatiques ne présentent jamais des différences aussi marquées; ils prennent des formes semblables sous toutes les zones et toutes les latitudes. Beaucoup, parmi ceux qui habitent la mer, vivent dans les régions les plus éloignées les unes des autres, par exemple aux

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