CHAPITRE XXIV
forme d'un panicule encore couvert de feuilles, sur lequel se développait plus tard des cônes longs et cylindriques semblables aux pa meules du Typha. Le numéro 4 représente la partie inférieure d’un de ces cônes. Un y distingue chacune des écailles qui le composent, et au milieu l’axe mince qui les porte. Deux écailles, vues de côté (5), laissent apercevoir un pédicule délié, auquel se rattachent à droite et à gauche des appendices en forme d'ailes. L’extrémité du pédicule s’élargit eu forme de lame concave à contours rhomboïdaux et située verticalement; elle enveloppe la graine portée par l’écaille inférieure, tandis que l'écaille supérieure n’en produit pas.
La famille des Sigillariées se rapprochait beaucoup de celle des epidodendron. Les différences principales, qui les séparaient, se trouvaient dans la structure anatomique du tronc. Cette famille renfermait aussi des arbres puissants, sur l’écorce desquels les feuilles ont aussi laissé leurs cicatrices. Dans le genre Sigillaria, type de la famille, les feuilles étroites presque aciculaircs et sans pédicule, ont produit des cicatrices ovales ou faiblement angulaires. Les bords en sont relevés et tranchants, et le milieu porte la trace de trois faisceaux de vaisseaux brisés. (Le numéro 1 1 représente un fragment d’écorce du Siijill. Brardii à sa demi-grandeur naturelle, et provcnantdes houillères de Wcttin). Les cicatrices elles-mêmes reposent sur le dos d'une pulvinule convexe et affectent une disposition en quinconce. Elles sont plus ou moins serrées les unes contre les antres. D’autres végétaux fossiles, que l’on rencontre fréquemment dans toutes les houillères, ont été reconnus dans ces derniers temps comme étant les rhizomes de Sigillariées du genre Stigmaria. L’espèce représentée St. ficoules (7 à 10), provient des houillères de la Bohème. L’écorce du tronc était creusée en fossette à intervalles égaux. Dans chaque fossette. (9) on aperçoit une cicatrice ronde, traversée au milieu par un seul faisceau de vaisseaux. De fines radicules rondes et très-probablement charnues étaient attachées à ces cicatrices. Ces radicules étaient parcourues par un faisceau vasculaire central et inunies d'un pédicule court en forme de bouton (8). Elles restaient quelquefois simples jusqu’à leur extrémité, mais pouvaient s’y bifurquer en radicules secondaires (7, a). Le tronc, épais et court, était cylindrique; nous le trouvons presque toujours elliptique à cause de la pression qu’il a
subi (10). Il est composé de fausses trachées situées au milieu d'un tissu cellulaire mou et de faisceaux ligneux disposés circulaircment, d’où partent obliquement et même presque horizontalement d'autres faisceaux plus petits vers chacune des feuilles et vers les rameaux persistants, ha coupe liguréc représente deux anneaux de ces vaisseaux placés entre l’anneau de faisceaux ligneux et la surface extérieure du tronc sans son écorce. Des rameaux longs, d’abord dirigés obliquement, puis plus tard horizontalement, couverts de feuilles, peu ramifiés, partaient du tronc en rayonnant de tous côtés et donnaient à cette plante un cachet particulier, assez semblable à celui d’une Anémone de mer (Actinie) gigantesque. Ces trois végétaux appartiennent, du reste, aux formes particulières les plus caractéristiques des houillères de. la formation devonienne. On ne connait malheureusement point les fruits des Sigiliariées.
Les plantes vasculaires crvplogrames caulocarpes, développées avec tant de puissance pendant l’époque houillère, forment le caractère végétal le plus important de cette période de la Terre. A leur côté, les plantes vasculaires cryptogames caulocarpes ou Fougères (Filices) apparaissent en nombre plus grand encore, mais moins variées dans leurs espèces. Leurs formes ne sont pas si originales et ne s'écartent pas autant par leur multiplicité et leur taille de celles qui vivent encore aujourd’hui. Elles constituent, à la vérité, la plus grande partie du contenu organique des houillères, mais la plupart de leurs espèces sont si analogues à la végétation actuelle, qu’il est souvent très-diflicilc de les en distinguer avec précision. Cette difficulté provient surtout de ce que les fructifications ne se sont point conservées à la face inférieure des feuilles et que leur disposition nous sert aujourd’hui de caractère principal pour la détermination des genres. Nous sommes donc forcés d’attribuer au réseau vasculaire des feuilles nu à la disposition des faisceaux de trachées dans le tronc, la valeur la plus importante et de distinguer les genres à l’aide des particularités que l’on y rencontre. Le tronc nous offre deux espèces principales correspondant à celui des Cyalhèacées et des Murattiacées vivant actuellement. La tige du Cynthea mborea (tig. 55. — 1 à 5), Fougère arborescente qui croit sur les iles des Indes occidentales, atteint de 15 à ‘20 pieds de haut; elle est cylindrique et de la grosseur du liras. Extérieurement elle présente des cicatrices losangiques laissées par les feuilles et sur lesquelles on aperçoit les
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