CHAPITRE XXIV
breux . Les deux autres ordres (p. 419 et 422 ) manquent complètement , sans doute à cause de la structure molle de leur corps. Les Acéphales ont plus de représentants que les Gastéropodes. Quelques-uns de leurs genres, tels que les Meyalodon (fig.05. — 1) et les Pterinea (21, appartiennent principalement à la formation des grauwaekes ; d’autres, comme les Cardinia et les Cardiomorpha, existent seulement dans la houille; d’autres enfin, tels que les Schizodus et les Pletirophorus, sc trouvent uniquement dans le zcchstein. On connaît encore d’autres genres placés à des époques plus récentes, mais disparus
Fig. 3;». — Acéphales cl Gastéropodes de l'époque primaire.
1. Mfqaloibu cuchUuIhs- a, partie antérieure; b , coquille droite vue à l'intérieur. — i.Ptrrina-rt h-vin, coquille droite, partie interne. — ô. Po*uhnia Rrchrri. — 4. a, Euomphnht* Yerneuiltii ; b, coupe de la meine. — U. I •leurotomaria fasciata. — H. Munhitonia aiiffulata. — 7. Catanlostoma clathratn. — 8. Nachrocheilu* arcutatu *. — 0. ('.anima cnrbonaria. — 40. Cardiomorpha tclliniana.
dans l’époque actuelle. Tels sont les Posidonia ou Posidonomya (7), que l’on a rangé récemment, avec plus de raison, parmi les Crustacés à coquilles bivalves. Beaucoup de genres, et entre autres les Monomiarietis, munis d’un muscle constricteur, ont survécu jusqu’à l’époque actuelle ; mais ils n’existaient qu’en petit nombre dans les âges primitifs. Les Mollusques acéphales des schistes carbonifères, que l’on considéra d’abord comme des l’iiio, et que l’on
r>04 HISTOIRE DE U CRÉATION.
regarde comme d’eau douce, forment maintenant le genre Cardinia (0); ceux du calcaire carbonifère constituent le genre Cardio morpha (10). Nous nous contentons des ligures qui les représentent, sans perdre notre temps à en faire la description, ainsi que celles des autres formes reproduites comme caractéristiques de cette époque.
Les Gastéropodes des temps primitifs étaient, pour la plupart Phytophages (V. p. 422) ; mais ils ne différaient pas absolument des genres vivants comme les Acéphales. Les caractères morphologiques des types actuels existaient déjà alors, comme nous les voyons par les genres Dentalium , Chiton, Patella, Capulus, Nation cl Nerita. Mais des formes particulières détruites aujourd’hui, munies de coquilles à spire très-aplatie, telles que les Euomphalus (4) et les Schhostoma, nous démontrent l'existence d'un milieu différent par le nombre de leurs espèces. Ils sont encore peu communs dans l’étage silurien : ce qui d'ailleurs répond à la pauvreté de cette formation en organismes. Leur nombre s’accroît dans le terrain dévonien, et ils atteignent le maximum de leur développement dans le calcaire de montagne. C’est dans cet étage que l'on trouve les genres Pleurotomaria(b) à spire allongée, }furchisonia(6) à spire encore plus allongée, et enfin le genre Catanlostoma (7) à spire anomale, groupes dont il ne reste aucune trace dans les mers actuelles. Au contraire, le genre Macrocheiltis (8) représente le genre actuel Buccinnm, dont il sc distingue par la forme plus large et plus arrondie de l’orifice buccal.
L’abondance extraordinaire des Brachiopodes, pendant cette période, est d'une grande importance pour en déterminer les caractères zoologiques. Jamais, à aucun autre âge de la Terre, celte classe des Mollusques n’a donné naissance à autant d’espèces que pendant l’époque primaire. A côté de genres encore existants aujourd’hui, mais représentés par un petit nombre de formes, tels que les Terebratula, les Unguia , les Orbicula et les Crania, nous en rencontrons d’autres, tels que les Calceola , les Spirifer, les Orlhis, les Clumetes et les Productns , etc., qui manquent complètement aujourd'hui. Parmi eux, les uns se trouvent seulement dans certaines formations déterminées; ainsi les Obolus et les Strophomena dans le terrain silurien, les Calceola dans le silurien et le dévonien, les Stringocephalus dans ce dernier terrain seul. D’autres, comme les
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Chnneles , les Spirifer et les Orthis occupent tous les étages. Les espèces de ce dernier genre décroissent déjà dans le calcaire houillcr. Les espèces qui habitent les terrains plus récents, telles que les Terebratula et les Crania, s’y multiplient au contraire et atteignent leur maximum, soit dans le jurassique, soit dans le crétacé. Ce principe ne s’applique plus à aucun des genres existants ; tous les Brachiopodes vivants sont pauvres en espèces.
Si nous voulons pénétrer plus avant dans leurs différences génériques, il nous faudra borner nos observations aux coquilles, puisque la structure de l'animal peut être étudiée seulement sur les représentants vivants. Ordinairement il y a deux valves, dont nous avons déjà décrit les caractères généraux (p. 421). Elles sont inégales : l’une, qui dans la position normale se trouve au-dessus, est plus bombée que l'autre, placée en dessous. Le genre Unguia, si intéressant au point de vue géologique, fait seul exception à cette règle ; c’est un des rares animaux qui se rencontrent à la fois dans les plus anciennes époques et dans les temps modernes. Les Brachiopodes à valves inégales ont tantôt une ouverture constante située, le plus souvent (les Orbicula exceptés) au sommet de la valve la plus bombée (Terebratula, Delthyris), et qui sert de passage au pédicule membraneux au moyen duquel ils se fixent; tantôt cette ouverture manque, comme chez les Crania, les Calceola et les Produc lux. Mais ces circonstances ne peuvent pas nous servir à établir une classification convenable, il faut que nous empruntions nos caractères à la forme des charnières. La charnière, point sur lequel les deux valves s’unissent l’unc à l’autre, se trouve toujours près de l’ouverture du pédicule et n’occupe tantôt qu’une petite partie du bord des valves, tantôt forme une ligne droite séparée d’une façon tranchée du reste des contours. Tous les Brachiopodes de ce groupe, auquel appartiennent les genres Calceola (fig. 56. — \ ),Produclus('2), Spirifer (4) et Ortltis (5), sont exclusivement limités à l’époque primaire, et quelques rares espèces apparaissent à l’état d’exception dans le trias et le lias. Les Calceola et les Productus sont sans charnière et sans pédicule, par conséquent, sans ouverture dans la coquille. Les Spirifer et les Orthis possèdent ces deux caractères. Le premier de ces genres est muni de charnières à double apophyse sur chacune des valves et de lamelles tcstacécs, enroulées en spirale, pour servir de support aux bras ; le second n'a de charnière à double apophyse
qu'à une des valves, tandis que l’autre est garnie de fossettes correspondantes. Ce genre ne présente aucune trace d’une charpente testacée pour les bras ; elle manque aussi chez les Productus et les Calceola. Parmi les autres Brachiopodes à charnière courte, les Crama seuls manquent de pédicule. Leur coquille était fixée par la surface de la valve inférieure. Toutes les espèces sans pédicule adhéraient d'ailleurs par le même procédé.
Fig. 3»î. — Brachiopodes de l'époque primaire.
Calceola tanda/ina; a, d'en haut ; b, de côté. — 2. Productus aculcatus scu horridus ; d’en bas. — - 3. Cran in prisât, coquille supérieure par son côle interne; on voit les. quatre attache» des muscles et l'appareil pour le» liras. — A Sjtirifrr apcrtmratm : a. partie antérieure; h, région postérieure. — 5. Or tins elegantula ; n, d'en bas; h. coquille inférieure par »on côté interne ; on voit le» deux dents de la charnière et la charptMitc brachiale en avant. — 6. Terebralula (Atrypa) prisca vue d’en bas.
Les Orbicula , les Uncites , las Pentamerus , les Terebralula et les Rhynchnnella étaient munis d’un pédicule sur lequel ils étaient portés dans une position assez élevée et flottant librement. Chez les Orbicula, le pédicule traversait la valve plane inférieure; chez les Terebralula, les Rhychonella et les Pentamerus , l’ouverture était située dans la valve supérieure bombée, sur le crochet. Dans ces genres, l'ouverture ronde (ti) était rétrécie par de petites pièces testacées (deltidium), placées entre la charnière et le crochet. Les ligures nous reproduisent quelques espèces, empruntées à plusieurs genres
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et choisies parmi les plus frequentes, comme caractérisant le mieux certains étages de l’époque primaire. Leurs espèces, nombreuses, ont été dans ces derniers temps, surtout par les recherches profondes de Davidson, rangées dans des genres bien déterminés, au moyen des particularités distinctives observées dans la structure des coquilles, dans l’armature testacée des bras et dans les charnières; mais une étude plus complète de ces caractères nous entraînerait dans des détails de conchyliologie par trop minutieux. Qu’il nous sufiise de dire que les Terébratuhdes i coquille à structure ponctuée, ouverture sur le bec de la grande valve, et charpente testacée en anse pour les bras), renferment les genres Striiigoceplialus , Terebralnla et les Terebratella , Mayas , Argiupe, qui apparaissent plus tard ; que les Spririferides, munis de grandes charpentes osseuses contournées en spirale pour les bras, comprennent les genres Spiiifer, Athyris, Spirigera (placé autrefois dans les Terebratulides ), Illicites et Atnjpa ; les Rlujnconellides (coquille de contexture fibreuse, ouverture au-dessous de la pointe du rostre et apophyses brachiales libres), les genres Rliychmiella, trouvé dans toutes les formations jusqu’à nos jours, Camarophoria dans le sechstem, Pentamerus dans les étages silurien et dévonien; les Slrofihomenides (coquille de contexture fibreuse et ponctuée sans apophyse brachiale), les genres Orlliis , Orthisinu , Slroplwmena, LcpUcna : enfin les Productides (coquille ovale, sans apophyse brachiale), les genres Productus, Clwneles et Strophalosia .
Les Céphalopodes teiitaculifèces (p. 42 i) ont une importance encore plus grande que les Rrachiopodes. Aujourd'hui, le genre Nautilus est le seul représentant de cette classe ; tous les Céphalopodes de la première période lui appartiennent aussi. Leur coquille, le seul débris qui leur ait survécu, est polythalamc, c’est-à-dire qu’elle est divisée en chambres par des cloisons. L’animal habitait tout à l’extrémité de la coquille par-dessus la dernière cloison. La forme de ces cloisons est caractéristique pour déterminer les genres cl l’époque à laquelle ces animaux vivaient. Toutes les espèces de la période la plus reculée ont des cloisons formées de lames pliées sur le bord, tantôt par une courbure, tantôt par un angle, mais ne sont jamais lobées et ramifiées à l’infini, comme chez les Ammonites venues plus récemment. Le genre vivant possède le même caractère; ceajui explique pourquoi on lui a emprunté son nom, Auutile, pour
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I« donner à Imites les espèces analogues, bien qu'elles aient un bord déprimé en forme de cornet, sur lequel se place l'ouverture du siphon dans la cloison. Le groupe des Nautiles de cette période nous présente trois types principaux dans la grauwackc et l’étage carbonifère : les Ortlwceratites à coquille droite non enroulée en spirale; les Utilités à coquille enroulée en spirale, les tours de la spire libres ou seulement juxtaposés, et enfin les Nautilites à coquille enroulée complètement et les tours intimement soudés. Le genre, Orthocerns (fig. 57. — 1) a la forme d’un cône creux, allongé en pente très-douce ; les cloisons sont concaves de bas en haut et percées d’un siphon central, marginal ou intermédiaire. Dans les espèces les plus anciennes, le tube est marginal et très-large ( Vaijinata ) *; dans les espèces plus jeunes, il est étroit et éloigné du bord ( Regularia ); les roches siluriennes inférieures leur ont emprunté le nom de Calcaire vaginatifère. Les Utilités ont une cloison concave, une coquille tantôt en forme de cône allongé avec quelques tours de spire, tantôt courte, peu courbée, avec élargissement rapide du cône, et les cloisons très-rapproehées ( Cyr laceras, !ï). Dans le genre Nautilus, enlin, les tours de spire sont non-seulement contigus, niais encore ceux qui sont extérieurs débordent sur ceux qui les précèdent et les enveloppent plus ou moins. Ce caractère est toujours moins prononcé dans les espèces de l’époque primaire que dans celles qui sont plus jeunes ; et chez, celles-ci les spires complètement recouvertes ne sont jamais devenues aussi générales que dans les espèces vivantes. Lorsque le tube du siphon est encore placé dans la cloison elle-même, celle-ci est simplement concave, comme chez les Orthoceras, et nous avons le genre Nautilus proprement dit; mais lorsque le tube occupe l’épaisseur de la coquille dans la partie appelée ventrale*, les cloisons deviennent irrégulières sur le bord et
1 Quelques espèces à siphon élargi en ampoule «lans chaque chambre, avaient «les lamelles radiales parlant d’un tube qui parcourait tout le siphon, et qui elles-mêmes étaient creuses. Ces Ûrthocératites, postérieure,« à la formation silurienne, ont été rassemblées dans le genre particulier Aclinocrrax. D'autres Orthocratites gigantesque« dos calcaires |Kistsiluricns présentent dans leur siphon très-largo des tubes coniques s’emhoilanl les uns «lans les autres ; on en a fait le genre Enilo>'ernx.
* L'étude anatomique du Saiitilux pompiliiis vivant a prouvé que la partie extérieure de la coquille ne correspond pas nu «lus île ranimai, connue le faisait croire, sa grande courbure» mais qu’elle répond nu ventre. L’entonnoir (p. 410 pincé dans le gosier de l’animal se trouve sur cette partie extérieure et détermine ainsi sa face inférieure. On doit donc npjN'ler ventrale la partie externe de In coquille, et dorsale la partie interne. Nous avons ec|K*ndant admis les dénominations inverses, consacrées par l’usage. .
CIIAPITHE XXIV.
Fig. 37. — Céphalopode* du l'épiique primaire.
I. Orfli'Hsra* régulant : a. donnn; b, nne «1rs pièce« <!«• IVilrémité inférieure; la prlic »upêricure j encore vin l«*st; «lait» la l'èiiion in l**ii«-iir<* il ne r<M«a i»lus que lr moule pirrreu\. — f. Ihllrnt/ihon elunyutux, l'orll. |>ro% «'liant il •«* cour lie» silurienne* d'Ii l.unlr — I». Fragment «lr l'.i/rlocrrus tfrprcsrus - 4. Sunlilu t jK-rplanatu», l'orllttck. — 5. (Hyménia intvtiuixlrinht : a. suture «I.* la cloison <l>' roulée ti. Gouuilifrs Ibrniuyxhauxti a. »ur d’en lias ; h. «I<* <v>lé ; f, lw»rd ili* la cluistm ili-r<iulé. — 7. Gamphnceras pirifonue mIurteit. s. (iyrocerot (inlil/inti tle l'Kilel. — î*. Htray macéra* venlrii »sinn silurien. — 10. Ilouilie «lu nn'iiir — 11. Orilire du Vbragmweras mthslumti. — 12. Utilités lituus »ilurieu. — lô. Am' uc d'n* boheinicum silurien.
1 I c genre lUllci ophon, à coquille glubuliloriiM très-délicate et enroulée en spirale
forment des selles et des lobes ; ces caractères appartiennent au genre Chjmenia. Ceux-ci apparaissent plus tard (pie les Nautilus; on les trouve exclusivement dans le terrain dévonien, tandis que les autres se rencontrent déjà dans le calcaire vaginatifère. Les Gomphoeeras cl les Goniatites sont les compagnons des Clymcnies ; les Lituites sont exclusivement siluriens; les Phrngmoatras, siluriens et dévoniens. Les Orlhoceratiles et les Cijrtoceratites ' setrouvent dans tous les étages des périodes primaires. La plus grande ressemblance existe entre le genre Chjmenia et le genre Goniutites, le plus ancien représentant des Ammonites et le compagnon inséparable des Nautiles, aux formes indécises, et avec lesquels il a tant de rapports par scs caractères extérieurs qu’on ne peut y trouver une différence essentielle pour les séparer. Toutefois, les selles et les lobes, tantôt arrondis, tantôt anguleux, sont plus nombreux sur les cloisons bombées extérieurement des Goniatites. En outre, ces cloisons sont traversées par un siphon dorsal placé latéralement et à bord relevé en forme de cône, bien (pie le plan des cloisons se déprime dans cette région. Les caractères des Ammonidées sont semblables. Chez les Ammonites proprement dites, le sipbon occupe la même place, disposition qui, jointe à la convexité des cloisons et à la saillie dn tube du sipbon, donne pour toutes les Ammonites un caractère générique très-sûr. Le genre Bactrites, à coquille droite et allongée, et dont les cloisons offrent les mêmes caractères, doit donc être considéré comme une Ammonidéc non enroulée; de même que les Orthocératites sont regardées comme des Nautiles non enroulés. Ce genre a été découvert dans les couches dévoniennes de Nassau et disparait avec cet étage; les Goniatites, au contraire, passent du terrain dévonien dans le terrain carbon iférien. Les véritables Ammonites, à cloisons munies de bords niultiplemcut ramifiés, ne descendent pas plus bas que le musckclkalk. Le système du trias renferme un genre particulier, les Ceratites, servant d’intermédiaire
sans cloisons, a la bouche munie d’une fonte sur la lèvre externe tranchante. D'abord on le considérait comme allié de très-près aux Aryonautn, mais actuellement on le regarde comme un Hétéropode de la famille des A limita vivants. Ou en limitait environ cent espèces dans le* conciles siluriennes, de\ «miennes et cai ln tnifères.
• llarramlc, dans son ma^uiliipie ouvraee intitulé : Système silurien du centre de la Uohfone, vol. il il'rngue, ISüli , nous lait connaître la richesse surprenante «le ces genres : 105 espèces tYOrthoccrux, '1 il ► (j/rtorertn, 15 Axcoccra*, 70 tiumjdiorcrax, .i‘2 l'hratjmoevrOK, en tout 447 espères de Céplut Injuries dans le has>in silurien «h* la Bohème. — (».