‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 24 sur 295 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

(il

montre que dans les combinaisons de corps fluides ou gazeux, tandis que dans l’incandescence les matières sont encore solides ou liquides. Des qu’un corps, quel que soit son état, devient lumineux par incandescence, ou au moyeu de flammes, il développe toujours de la chaleur. Aussi, toutes les combinaisons de l’oxygène avec d’autres corps simples, ou, comme on dit, tous les phénomènes de combustion, ne se produisent jamais sans développement d’une certaine quantité de chaleur. '

I.a chaleur est donc le produit necessaire de tous les phénomènes dans lesquels il y a manifestation de feu. Appuyé sur ce principe, nous saisirons parfaitement les rapports de la chaleur avec le feu, lorsque nous étudierons son action sur les diverses matières. Ces recherches se résument dans le principe suivant : La chaleur agit uniformément sur toutes les substances, elle les dilate d’autant plus qu’elle s’accroît plus elle-même. Toute élévation de température produit donc dans les corps1 un accroissement de volume. Ce phénomène n’est pas le même partout; il se manifeste plus ou moins rapidement suivant les corps. De là naissent les divers états des corps que nous distinguons par les termes solide, liquide, et volatile (c’est-à-dire gazeux, aérien, vaporeux). Ce sont les modes de la matière. Les corps peuvent donc, à un certain degré de chaleur ou à une température déterminée, ce qui signilic la même chose, être solides, devenir liquides à un degré plus élevé, et vaporeux à un degré plus élevé encore. L’eau pendant l’hiver, l’été, et dans l’ébullition, nous en fournit un exemple. En hiver, elle est solide ou glacée, avec une température au-dessous de 0°. En été, elle devient liquide. Enfin, soumise à une chaleur artificielle de 80° Itéaumur, elle bout et se vaporise*. Beaucoup d’autres substances possèdent cette faculté, sans que leurs points de congélation et d’ébullition soient aussi rapprochés. Nous pouvons cependant recon-

1 Nous rappelons à nos lertours l'anomalie «le l'eau, qui ne suit In régi«* générale qu’à partir de 5* Iléaumur au-dessus du point de rongélaliou. Ile froid te au-dessous de ce degré «le température, elle se dilate «le plus en plus justpi'à ce qu'elle se congèle.

* Nous devons faire observer ici que l'eau se volatilise et forme des vn|>eurs, non-seulement sous l'action d'une liante chaleur, mais que ce phénomène se produit * tontes les températures. On npjwllo brunie la vapeur d'eau pro«liiite à une hass«* température. Elle ne devient visible «pie lorsqu'elle s'est condensée sous forme de vésicules brouillards, nuages). La propriété de se volatiliser lentement à toute température appartient à tons lt*s cotjH liquides et a Itenucmip de matières solides, surtout celles qui sont odorantes, telles que le musc, le camphre, etc.

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naître assez l'acileinenl les limites dans lesquelles beaucoup de métaux passent par les états solide, liquide et volatil, Le mercure, par exemple, devient solide à — 50" Keaumur (température assez. Fréquente dans le nord de la Sibérie) ; il est liquide à la température ordinaire et bout en se vaporisant à -+- 280" Héauinur.

Si ce principe est juste dans toute son extension, tous les corps de notre Globe peuvent se liquéfier sous l'inOucncc d une température élevée, et même se vaporiser ou volatiliser si cette élévation de température continue à s'accroître. En outre, comme le degré de chaleur avec lequel ces phénomènes se produisent subit de grands écarts suivant les substances, certains corps seront déjà liquéfiés, quand d’autres seront encore solides et d’autres vaporisés. L'eau, le mercure et l'air atmosphérique nous donnent un exemple de ce triple cas. Le dernier reste à l'état de vapeur, quand l’eau et le mercure sont déjà devenus solides. L'eau, à son tour, se solidifie quand le mercure reste encore fluide.

Les courtes considérations qui précèdent sont, en fait, beaucoup plus fécondes pour expliquer la formation de la Terre, que toutes les études précédentes sur l’action des eaux. Eu effet, si nous pouvons prouver (pie l'intérieur du Globe se trouve à un liant degré de chaleur, il nous sera permis de le considérer comme un corps composé de matières qui jadis ont existé à l’étal liquide ou même de vapeur.

Il est à peine besoin de rappeler à mes lecteurs l'existence de volcans ou montagnes vomissant du feu, qui, aujourd’hui encore, sont en activité sur de nombreux points de la surface terrestre. Ils donnent à notre hypothèse un haut degré de vraisemblance, puisqu’ils démontrent la réalité d’une chaleur intérieure extrême, qui peut s’élever jusqu’à fondre beaucoup de corps. A des moments et sous l’influence de circonstances indéterminées, leurs profondes ouvertures ou cratères vomissent des matières en fusion, ou laissent couler le long des flancs de la montagne des torrents incandescents qui sc refroidissent avec le temps et forment de nouvelles assises terrestres auxquelles on a donné le nom de roulées de lave1. La structure des laves est tout à fait analogue à celle

• Ifnprè# Elit; «I«* Ileauuiont, les laves en fuMou ne peuvent s’arrêter et s’accumuler • pie sur un sol tic moins île 5° île petite.

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des roches cristallines et compactes que nous avons déjà reconnues comme insolubles dans l’eau, üc plus, en étudiant bien ces laves, on y découvre presque tous les minéraux que l’on rencontre sur les autres points du Globe comme éléments constituants. Rien ne nous empêche donc d’admettre que ces derniers peuvent passer à l’état de fusion sous l’influence d’une haute température. Ajoutons encore, qu’on trouve dans les laves refroidies une foule de minéraux plus ou moins cristallisés, qui apparaissent absolument de même dans les basaltes, les porphyres, les granits, les syénites et Jcs diorites cités plus haut ét vont jusqu’à constituer une grande partie de leur masse. Mais , ce qui est encore beaucoup plus intéressant, c’est qu'elles renferment des minéraux, tels (]ue le grenat, la leucite, la zéolilhe, l’épidote, la tourmaline, le corindon et le zircon. Ces minéraux ne se rencontrent que très-isolés sur certains points de puissantes montagnes, ce qui les a fait appeler, par les minéralogistes, minéraux sporadiques. ‘Beaucoup d’entre eux sont composés des substances les plus dures. Presque toujours l’eau est absolument impuissante à les dissoudre ou à les désagréger. Elle n'a donc pu les former par voie de dépôt cristallin. [,a matière elle-même qui les empâte ne peut pas être un sédiment. Dans ce cas, en effet, les corps disséminés se trouveraient par couches ou bien distribués dans la masse suivant leur poids. Les laves, loin d’offrir ces conditions, présentent un mélange s’i bigarré, que les matières éruptives d’un seul volcan sont souvent l'occasion la plus favorable pour un collectionneur, de recueillir en peu de temps des échantillons de la plupart des minéraux.

Le mode suivant lequel les coulées de lave se refroidissent jette encore une grande lumière sur les divers genres de forme de matière que nous avons distingués plus haut par les épithètes de cristalline et de compacte, et sur h-s causes des crevassements et des structures par retrait, phénomènes (pii apparaissent aussi bien dans les roches cristallines que dans les roches compactes. Nous y apprenons qu’une même substance peut prendre telle ou telle forme, suivant son état au moment de son émission hors du volcan, et suivant la rapidité de son refroidissement. Nous allons développer ces faits en commençant par décrire les principales variétés de forme que l’on remarque dans les laves.

Tous mes lecteurs, je le suppose, connaissent cette matière legere«

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cellulaire, poreuse, analogue à de l'écume solidifiée, qui porte le nom de pierre ponce et qui est employée dans une foule d'industries. C’est une des matières éruptives les plus communes de beaucoup de volcans. Sa présence suffit à prouver l'existence de volcans éteints s’il n’en existe plus d’actifs dans le voisinage. Cette roche, dans une même coulée de lave, en devenant peu à peu compacte, se transforme en obsidienne. Ces deux substances, en effet, ne sont que deux modes divers d’une même matière. L’obsidienne est une roche homogène, noire, d’un gris jaunâtre ou brune. Mlle ressemble à de la poix durcie, et sa cassure est conehoïde. Sa structure n’est donc pas cristalline, mais vitreuse oti amorphe'. L’analyse chimique apprend que ces deux roches, l’obsidienne et la pierre ponce, sont composées de silice, d'alumine et de traces d'alcali, composition analogue à celle du verre fondu, auquel elles ressemblent par leur aspect extérieur. Personne n’ignore que le verre est le produit d’un mélange, pendant la fusion, de silice avec un alcali, potasse ou soude et un peu de chaux, auxquels on ajoute quelques traces d'oxyde métallique, pour lui donner une belle couleur. On peut donc considérer l’obsidienne comme un verre fondu dai s lequel l'alumine liquide a pris la place de l'alcali. Elle est colorée en noir par de l’oxyde de 1er. Cette substance prend la forme homogène de l’obsidienne ou spongieuse de la pierre ponce, suivant qu’elle a été traversée ou non par îles dégagements de matières gazeuses qui produisent la porosité de la pierre ponce. On trouve des bulles d’air dans nos verres artificiels lorsqu’ils ne sont pas manipulés avec de grandes précautions. Le nombre s’en accroît, lorsque la masse liquide a été agitée, soit qu’on l'ait remuée ou qu’on y ait précipité quelque chose d’eu haut. Ces bulles d'air restent lorsque le liquide se refroidit. Elles se pressent vers la partie supérieure tant que la fluidité de la masse le permet. La pierre ponce dénote une lave agitée et pour ainsi dire en ébullition, et témoigne d’un violent dégagement de gaz à travers la matière incandescente. D’après les plus récentes recherches, ces gaz provenaient de potasse réduite en vapeur ou, suivant une opinion plus ancienne, ils étaient le résultat de vapeurs d’eau*. D’un autre côté, l’obsidienne à éclat vitreux passe,

1 Sur \'amorphimnct vov. la sixième note du dix-septième chapitre.

- Ik Mies expérience» ont prouvé que le feldspath naturel se transformait en pierre police, lorsque, soumis à une fusion artificielle, la polie se s’en éch:i|ipait à l’état de va-

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