‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 25 sur 295 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sans rien perdre de son homogénéité, à une substance moins brillante, émaillée, plus flexible et à cassure moins anguleuse et tranchante. Cette substance, sans changer de nature, prend deux formes. Tantôt elle se divise en petits globules, tantôt elle conserve son 'homogénéité. La première forme prend le nom de perlite , la seconde de rétinile. Toutes deux accompagnent l’obsidienne et la pierre ponce. Aussi ne peut-on mettre en doute qu’elles ne sont toutes qu’une même substance différenciée par son aspect extérieur.

Ces matières vomies par les volcans, ou laves, ont donc comme caractère général et dominant une structure vitreuse amorphe qui leur a fait donner le nom de laves vitrifiées. Kn outre, elles ressemblent par leur extérieur aux scories de nature terreuse mélangées au minerai et que l’on sépare des métaux par la fusion dans nos hauts fourneaux. Mais, il y a encore une série de laves dans lesquelles le caractère cristallin de leurs éléments domine. Pour les distinguer des précédentes, on les nomme cristallines et on les divise en plusieurs espèces. Celles dont toute la substance est à texture cristalline et dont les éléments sont assez volumineux pour être trèsdislincts, prennent le nom de laves ijranitoides. D’autres, dans lesquelles une pâte plus amorphe enveloppe les matières cristallines et les divise en cristaux isolés, s’appellent laves porphyroîdes . D’autres, dont la substance compacte est un mélange homogène de cristaux très-fins, sont nommées laves basaltiques. D’autres, enfin, dans lesquelles les particules cristallines deviennent extrêmement fines et granulées, prennent le nom de laves terreuses.

Outre les roches que nous voyons encore de nos jours apparaître en fleuves incandescents et leurs analogues formées depuis les temps historiques, les laves , si l’on veut rester fidèle à la méthode scientifique, doivent encore comprendre toutes les anciennes matières éruptives qui se sont déversées en coulées ou ont été soulevées à l’état liquide. Leur extension est donc grande, et d’après leur composition chimique elles ne se distinguent guère de la totalité des produits volcaniques . Suivant les circonstances, chaque roche volcanique peut avoir formé une coulée et s’etre ainsi transformée en

pour. Après ce phénomène, la substance *c contractait et prenait la forme d'obsidienne. Yov. les travaux importants d’Abich, Étude s géologique n nur len phénomènes volcaniques de l'Italie moyenne et busse. Brunswick, 1841.

lave. Avec celte manière (le voir, une description plus étendue des laves nous entraînerait à parler de toutes les roches volcaniques. Nous renvoyons plus loin cette étude, nous proposant de réunir ensemble les roches plutoniqiies et les ruches volcaniques. Pour le moment, nous nous bornerons à décrire quelques particularités de formation qui caractérisent les laves historiques ou laves modernes.

Un des caractères extérieurs les plus importants des laves modernes est la présence dans leur pâte de cavités rondes, hulliformes, appelées chambres à air. Ces ampoules sont disséminées dans toute la masse de la lave, mais )>eaiicoup plus nombreuses à la surface. Elles varient beaucoup de dimensions et ne forment jamais un mélange intime spongieux, comme dans la pierre ponce. En général, les huiles sont entièrement vides et leurs parois sans dépôt aucun. Leur surface est brillante et vitreuse. Quelquefois elles renferment uiiq poussière d'une coloration propre, lorsque les matières gazeuses qui y étaient primitivement eufermées se sont condensées sur les parois. Dans certains cas très-rares, elles contiennent de petits cristaux qui font saillie dans le vi.de de l’ampoule. Très-souvent elles ont une forme en amande et sont placées obliquement dans la direction du courant. Ces deux circonstauccs’provicuncut du refroidissement de la lave plus rapide dans les parties supérieures, ce qui a empêché l’uniformité du mouvement dans la masse. Les couches inférieures, plus molles, purent continuer à marcher lorsque celles de dessus étaient déjà immobilisées. I.a bulle, d’abord ronde, fut étirée obliquement en pointe par en lias et prit la forme d’une amande Lorsque ces bulles sont entièrement remplies d'une substance étrangère, on donne à la roche le nom de roche amygdalaide, surtout si les noyaux amygdalins sont plus durs que la roche enveloppante et survivent à sa décomposition. Dans les laves modernes, on ne rencontre point ce remplissage des amandes, leurs cavités sont absolument vides.

«Après la présence des bulles d’air, il n’est pas dans les laves modernes de caractère extérieur plus certain que la nature linciucnt granulée, opaque et amorphe de leur substance à l’intérieur et que l’aspect de leur surface tantôt scoriacée, tantôt bouleversée et à couches contournées dans tous les sens. Aucune règle uniforme n’y existe d ailleurs, ni pour tous les temps, ni pour tous les lieux. Il semble que la rapidité de l'éruption, la pente du sol et la facilité

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