‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 241 sur 295 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

et l'ouverture nasalo située plus haut, le maxillaire inférieur dépourvu d’une apophyse montante; bref toute la conformation du crâne est analogue au type des Lézards. Les sept vertèbres cervicales sont, à la vérité, une particularité qui rappelle les Mammifères; mais le Crocodile aussi nous offre le même nombre. Le Sternum (h), avec sa forme plate en cœur et large, ne se retrouve que chez les Sauriens, et l'omoplate (a), étroite, est tout aussi éloignée de celle des Mammifères, surtout de l’omoplate large et triangulaire de la Chauve-Souris. Le bassin, au contraire, est plus grand que chez la Chauve-Souris et parait avoir servi à l’animal pour prendre une position assise, que les Chauves-Souris ne connaissent point. Les côtes sont très-nombreuses, elles ne laissent libres que deux des vertèbres lombaires et garnissent par conséquent les quinze vertèbres dorsales sans exception ; nous n’en dirons rien de plus, bien qu’elles soient entièrement opposées avec l’organisation des Chauves-Souris, et nous allons parler des membres, dont le prolongement alilbrine rappelle si bien ces derniers animaux. Ce prolongement a un aspect particulier dès qu'on l’examine avec attention; chez le Ptcrodactylus, en effet, il n’affecte que le petit doigt (k), et non tous les os du bras, comme chez les Chauves-Souris, dont le pouce seul reste court. Le Pterodactylus avait donc des ailes plus petites que les Chauves-Souris et ne pouvait pas voler avec autant de vigueur qu’elles. Laissons de côté le prolongement du petit doigt et recherchons le nombre de ses phalanges et celui des autres doigts: sur ce point encore, la Chauve-Souris disparaît devant le Lézard. Toutes les Chauves-Souris, comme tous les autres Mammifères, ont un nombre égal de phalanges aux quatre doigts externes; le Pterodactylus, au contraire, porte une phalange de plus à chaque doigt successivement, à l’exception du dernier, dont le nombre de phalanges décroît d’une. Il en est absolument de même chez les Lézards, et sa nature de Reptile est déjà suffisamment évidente comme cela. Nous ne pensons donc point qu’il était couvert de poils, comme certaines stries observées dans le voisinage de beaucoup d’individus fossiles l’ont fait croire ; ces empreintes, en forme de poils, peuvent provenir, soit de replis de la peau, soit de moisissures développées après la mort de l’animal sur le cadavre. Le Plerodactylus était certainement nu comine les Enaliosauriens ; car, s’il avait eu des écailles ou des plaques sur la peau, on en aurait trouvé des

restes sur les fragments bien conservés. Il avait aux doigts des griffes très-grandes, fortement recourbées et aiguës, absentes seulement aux deux doigts des ailes, ce qui prouve qu’il pouvait se suspendre avec. Les Ptérodactyles vivaient probablement dans les régions rocailleuses et s’accrochaient avec leurs griffes aux parois raboteuses. Leur tête longue, prolongée chez, le Pt. longirostris dans la forme d’un bec de Bécasse, correspond toujours à un cou de longueur égale, mais est toujours composé de sept vertèbres, et sa grande mobilité, semblable à celle du Plcsiosaurus, fait penser que les Ptérodactyles prenaient leur nourriture au vol. On a souvent rencontré, près d’eux, de grandes Libellules, du genre Æschna, qui pouvaient servir de proie à ces Lézards volants. Les Insectes sont, en elfet, î:i source propre où les petits Reptiles puisent leur alimentation; les Serpents, seuls, qui alors n'existaient pas encore, et les Crocodiles dévorent de grands Vertébrés. Les Ptérodactyles étaient de petits animaux dont le corps ne dépassait guère ceux d’un Passereau ou d’une Corneille. On les rencontre surtout dans la région de Solenhofcn, et on en trouve seulement quelques traces à Ranz, Lyme Regis, Stoncsfield et Tilgate en Angleterre. On en distingue actuellement seize espèces différentes, mais on n’en connaît que la moitié d’une manière suffisante ou complète. Une espèce (Pt. iMvateri s. ornithopterwi) avait seulement deux phalanges au doigt de l’aile, à partir du plat de la main, tandis que les autres espèces en ont quatre, comme celle que nous avons figurée. La plupart avaient une queue très-courte et de grandes défenses jusqu’à la pointe du maxillaire. Quelques-uns | Pt. macronix s. ramphorrhynchus) étaient pourvus d’une queue plus longue, et leurs maxillaires se terminaient en pointe rostriforme sans dents. La force de celte queue fait supposer qu’elle jouait un rôle essentiel comme support de la membrane des ailes. Mais, eu résumé, les espèces à longue queue sont d’une conformation plus frêle et plus petite. Elles ne semblent pas aussi avoir eu d’anneau osseux dans les veux. En Angleterre, tous les individus trouvés appartiennent à ce groupe ; tous les Ptérodactyles à queue courte viennent de Solenhofen où, du reste, on en a rencontré aussi à queue longue.

Les Reptiles écailleux de l’époque jurassique sont ou des Sauriens ou des Chélonims. Parmi les Sauriens, on trouve surtout des Gavials (Teleosaurus), espèces de Crocodiles dont les formes sont

Page 1