‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 247 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

et de fleurs. D’après les espèces que nous connaissons, ta prépondérance appartient encore, dans la flore de la molasse, aux Cryptogames vasculaires et aux Gymnospermes; ces dernières forment les premières ^ de tontes les espèces, et dans la Suisse actuelle les premières ne constituent que — et les secondes de la flore. Le rapport des Gymnospermes aux Monocotylédonos et aux Dicotylédones était aussi, à l’époque miocène, tout différent de ce qu’il est aujourd'hui. Alors il était comme 1 2 : 5 J : 20; aujourd’hui, au contraire, il est comme I : 5| t 6 J. Parmi les Phanérogames les plus riches en espèces de la flore miocène, on trouve les Papillonaeées H 1 7 espèces), les Cupulifères (41), les Cypéracécs (59), les Protéacécs (55), les Laurinées (25), les Graminées (25), les Rhamnées (25), les i-alicinées (25), les Synanthérécs (21) et les Acérinées (22) ; beaucoup d’autres familles sont représentées par de 10 à 20 espèces. La grande variété des Papiflonacées rappelle la zone torride, où cette. famille occupe actuellement Ta première place; mais la richesse des Amcnlacées, qui constituent 15 j pour 100 de la flore miocène, lui appartient en propre : car dans l’Amérique du Nord, où cette famille, atteint actuellement à son plus grand développement, elle ne forme que les 4 -J- pour 100 de la végétation. La présence des Lauriers est tout aussi remarquable; ces arbres, prépondérants par leur nombre dans la molasse, ne jouent actuellement ce rôle que dans la Nouvelle-Hollande, où ils déploient leur plus grande richesse en espèces.

Des 920 espères miocènes, 114 appartiennent aux [liantes cryptogames et 800 aux Phanérogames. Parmi les premières, 64 sont des végétaux cellulaires, et pour la plupart des Champignons parasites, vivant sur les feuilles d’autres plantes, sur des Peupliers, des Érables, des Chênes, dont les feuilles sont encore aujourd'hui préférées par ces Champignons globuleux et punctiformes. Parmi les Algues, les Clraras occupent la première place avec 9 espèces et leurs fruits remplissent la roche par milliers sur certains points. On n’a ps encore reconnu de Lichens et seulement de rares débris de Mousses. Les Cryptogames vasculaires, si prépondérantes dans les époques précédentes, sont connues par 50 espèces de Fougères, de Prêles et de l.ycopodiacées. Les Prèles sont très-rapprochées de celles qui vivent actuellement, tandis que les 57 espèces de Fougères différent beaucoup et que presque la moitié sont tropicales, et 7 espèces

seulement correspondent aux espèces vivantes d’Europe. I’armi les Gymnospermes, les Conifères des genres Cyprès et Allies eut joué un grand rôle dans la tlorc forestière de l’époque miocène, sur toute l’Europe, et on en a retrouvé 21 espèces en Suisse. Le plus fréquent des premiers est le Glyptostrobus europaeus, dont l’espèce la plus voisine, le Gl. Iteleropliyllus, croit en Chine et au Japon; après vient le Taxodium dubium, dont on rencontre les restes partout, en Europe et en Amérique, et dont les représentants actuels sont trèscommuns dans le sud des Etats-Unis et au Mexique. Avec eux on trouve dans la molasse des Cyprès de Californie, du Chili et d’Australie, ainsi que des Sapins. Des 1 1 espèces de Pins, plusieurs s’assimileut parfaitement avec des espèces américaines actuelles et les deux espèces de Séquoias, observées dans presque tous les gisements miocènes de l'hémisphère nord jusqu’en Islande et au Groenland, ont leur.' parents les plus rapprochés dans- les géants du monde actuel, les Séquoia yiyanlea, qui élèvent dans les forêts de la Californie leurs troncs hauts de 250 à 520 pieds. Les Monocotylédoncs ne donnent point lieu à une comparaison aussi complète avec les formes actuelles. Leurs feuilles et liges fossiles ont permis de distinguer 25 Graminées et 59 roseaux identiques avec des espèces vivantes du sud de l’Europe, ainsi qu’une espèce de la famille des Ananas et fo Palmiers différents. Ces derniers appartiennent, soit à la tribu des Hora sei nées, soit à celle des Coryphinées : do celle-ci est le Sabal major, très-rapproché du Sabal umbraculifera des Antilles et qui se rencontre dans toutes les couches miocènes de l’Europe ; d’autres formes rappellent encore les espèces américaines, ainsi que l'unique Palmier européen, le Palmier nain. Parmi les Dicotylédones entin, nous trouvons beaucoup de familles qui n’existent plus en Europe et d’autres avec une plus grande richesse d’espèces qu’aujourd’hui. Les arbres à ambre portent de nouveau un caractère américain, de même que le Platane, très-répandu alors en Europe, Plat anus ace roules. Les espèces de Saules ne correspondent point à celles de nos balliers actuels ; ils se rapprochent plutôt des Saules arborescents de la zone torride. Les Peupliers, au contraire, offrent une parenté à la Ibis avec les types européens, asiatiques et américains. Parmi les 99 espèces d Amcntaeées, les Cupulifères dominent, représentées, le Ilètre excepté, dans tous les genres actuels- de l'Europe; mais leurs espèces ont surtout un ca-

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