CHAPITRE XXVI
cuber, nous retrouvons les Infusoires avec les mêmes caraetèros que dans la période crétacée. Nous les y avons vus (p. 279) contribuer à la formation de couches entières et nous avons distingué les Foraminifères à carapace calcaire et les Sponijilles producteurs de silice. Ces animaux reparaissent de nouveau dans les couches tertiaires. J, es Foraminifères (p. 407 ) se présentent sous l'aspect de coquilles calcaires de grandeurs microscopiques, composées de chambres placées les unes à la suite des autres ; les cloisons des chambres sont pourvues tantôt d’une grande ouverture, tantôt de plusieurs petites; et ces chambres vont tantôt en s'agrandissant à partir de la première, tantôt sont absolument égales. Elles se soudent les unes aux autres, d’après des modes différents; mais elles sont ordinairement sur un seul plan, quelquefois enroulées en spirale, d’autres fois opposées les unes aux autres de gauche à droite, tantôt enfin sur une seule série, se succédant en ligne droite*. Les représentants actuels de ces êtres animés habitent les mers et se fixent sur les plantes marines, ou reposent par milliards dans' le sable du littoral; on les a retrouvés dans des conditions semblables mélangés aux dépôts marins de l’époque tertiaire. Plusieurs, tels que les Nummulina, Lenticulina et Miliola, sont d’une abondance extraordinaire et ont servi à dénommer des couches qui ont pris les noms de calcaire à Nummulites et à Lenti culites (p 289). Ce genre est très-facile à reconnaître par sa forme en disque, ayant une grandeur variable, depuis celle d’une lentille jusqu’à celle d’uti thaler, mais plat et composé de nombreuses petites chambres. Ces coquilles gracieuses attiraient déjà l’attention des anciens, et Strabon (xvir, I. g 54) raconte, sans y ajouter foi, à l’cccasiôn des Pyramides égyptiennes, construites de calcaire à Nummulites, que les ouvriers de ces constructions gigantesques avaient laissé tomber des Lentilles qui, après s’élrc transformées en pierres, lenr avaient servi de matériaux de construction. Mes lecteurs savent maintenant que ce n’étaient pas les ôuvriers égyptiens, mais les sédiments qui, en s’accroissant peu à peu à la surface du sol, enveloppèrent Jes tests lenticulaires dans la roche et furent employés des milliers d'années après pour édifier les monuments les plus gigantesques élevés par la main de l’homme.
Les Pohjpes de l’époque tertiaire ne sont pas nombreux, sans
1 Dans le sexond et le troisième cas, les chambres vont toujours eji croissant, ce qui est très-contradictoire avec l'opinion que ces animaux sont des Polypes bryozoaires.
doute, parce que beaucoup des étages de cette période sont des dépôts d’eau douce et que les quelques Polypes qui y vivaient n'avaient que des enveloppes peu résistantes. Parmi les Bryozoaires, on a quelques espèces calcaires appartenant aux genres Cellaria, Flustra , Eschara, Relepora, Cellepora. On a aussi trouvé des genres éteints, tels que les Lunulites , Cupularia, Dactylopora et Ceriopora. On les rencontre dans le calcaire grossier, dans le sable conchylicn, dans le calcaire de Leith, le crag et d'autres dépôts marins (p. 294). Les Anthozoaires ne sont guère plus nombreux et appartiennent, soit à des genres vivants, tels que les Isis, les Millepora, les Madrepora , les CaryophyUia, les Aslrea , les Mœandrina, les Oculina, les Turbinolia et les Fungia, soit à des genres éteints, parmi lesquels les Cyclolithes, les Montlivaltia, les Trococyathus et quelques autres, possèdent les espèces les plus nombreuses et les plus curieuses.
Les Rayonnées de l’époque tertiaire se présentent avec le même aspect que les Polypes, probablement pour la même cause. On ne connaitavcc certitude que quelques espèces de Crinoides tertiaires des genres Pmtaerinus et Apiocrinus. Les Astéroïdes sont tout aussi rares ; les Échinoïdes sont, au contraire, très-nombreux et appartiennent tant aux groupes rigoureusement réguliers des Cidarites et des Lchinitcs qu’à ceux, encore très-rares ou manquants avant la formation crétacée, des Clypéastrides, des Nucléolithos et des Spatangides, et proviennent, soit de genres vivants aujourd’hui dans nos mers, comme les Clypeasler, les Êchinocyamus, les Brissus, les S chisaster, soit de genres particuliers à l'époque tertiaire, comme les Scutella, les Pygorhynchus , les Conoclypus, ou déjà existants dans le terrain crétacé, tels que les Pytjurus , les Hemiaster et les Micr aster. 'Les Salenics, si fréquentes dans la craie, ont Complètement disparu, et nous ne retrouvons plus les Galérites de la période secondaire, ni les Ëchinomètres de l’époque actuelle. Les gisements sont les mêmes terrains où se trouvent les Coraux.
Les nombreuses coquilles de Mollusques que les couches tertiaires renferment sont beaucoup plus importantes pour reconnaître l’âge des divers étages, mais ont une signification bien moins grande pour déterminer le caractère particulier de l’organisation durant celte époque. On en a déjà recueilli plus de 500 genres et environ 9,000 espèces; 50 à peine des premiers manquent aujourd’hui. Lorsqu’un genre est éteint, ce groupe appartient en général exclu-