CHAPITRE IV
plqs ou moins grande de couler, exercent sur la lorme de la sur-.«, ^ lace des laves une iiil1ii0nc(v.|ilus grande que sur la texture interne ' de la roche refroidie. Cette dernière dépend évidemment du nié- *■ lange chimique des éléments et résulte du degré de facilité avec lequel les diverses matières peuvent se séparer les unes des autres.
Il en est de iiièmc pour la coloration. A ces deux derniers points de vue, la prédominance dans la masse, soit de Vaugite, soit du ^feldspath, parait être la cause la plus effective.
Les laves auQiliques récentes sont de beaucoup les plus répandues. Elles ont une couleur foncée, noirâtre, brune et même entièrement noire, et sont composées d’un mélange intime de felilsjiath et d'augite. Ces deux minéraux jouent un des rôles les (dus importants parmi les matières qui constituent l’écorce de notre planète.
Le feldspath surtout qui, nous l’avons vu déjà lorsque nous décrivions les phénomènes de désagrégation, est un sel double de silice, foçme dans presque toutes les roches'cristallines la partie la plus importante et la plus considérable. Il constitue la base, non-seulement des», montagnes pyrogènes d’origine ignée, mais encore, après sa décomposition à l’état u'argile, il donne naissance à beaucoup de sédiments npptiHïiens. Dans les laves augitiques, on rencontre en quantité prépondérante ou seulement disséminée une variété que nous étudierons plus loin (ch. ix) sous le nom de labrador. Sa couleur est blanchâtre, plus souvent d'un gris clair ou rougeâtre. Sa densité (2,7) est, moindre que celle de l’augitc. Cette dernière roche se distingue du feldspath par sa couleur d’un brun fottcé ou même entièrement noire, par son poids spécifique |3,5) plus élevé ( et par sa imposition chimique caractérisée par une absence complète, ou au moins une faible quantité d'alumine, et par la liante proportion de chapx et de magnésie. On y rencontre fréquemment, comme troisième élément, du fer magnétique, combinaison d’oxyde et de pçotoxyde de fer qui, par sa coloration noire, rembrunit encore l’aspect de là lave et élève sa densité (5 à 3,5) par son grartd poids spécifique (4,9 à 5,2). Ces trois corps forment un alliage uniforme, homogène, de texture basaltique, dans lequel chacun d’eux se distingue peu des autres. Du moins,' leur isolement n’est pas général, bien qu’on puisse quelquefois le rencontrer. Le fer magnétique s’isole, en effet, assez souvent. D’autres matières étrangères telles que la leuâte ou amphigène, qui, accompagnant la matière
laviquc s’cn snnl séparées dans le refroidissement, donnent quelquefois à la lave l'aspect porphyroide . Dans lieaucoup de lieux, par exemple, près du lac de Bracciano, au nord de Home, ou de celui de Laacherà Andernach, les cristaux blancs de lencite sont si abondants dans les laves anciennes qu'elles en prennent une texture bigarrée. Cette leueite résiste à la décomposition «pii détruit la lave. F.lle tombe et couvre le sol *de toutes les régions où se trouvent ces laves. En beaucoup de lieux, c’est le feldspath qui domine. Il donne à la roche une couleur plus claire et une si grande ressemblance dans sa masse et dans ses fragments avec l'ancien basalte ou dolérite, qu’on ne peut mettre en doute son identité matérielle avec ces produits des volcans antéhistoriqnes. Cependant, l'analyse chimique a démontré que les basaltes contenaient toujours une proportion d'eau , ce qui donne un moyen de les distinguer des laves analogues, tant anciennes que modernes. Ce caractère distinctif ne peut plus servir pour la dolérite. File ne contient en combinaison chimique aucune partie d’eau et ressemble entièrement à beaucoup de laves par son aspect général. Réduite en petits fragments, lorsqu’on ne peut plus se servir des bulles d’air des laves, elle se confond sans distinction possible avec ces dernières. Ordinairement, la dolérite et le basalte forment les couches extérieures les plus anciennes des régions volcaniques. Nous voyons encore de nos jours la lave sortir de leurs abîmes béants. D’autres fois, les laves anciennes se sont étendues en coulée sur leurs pentes. Dans certains lieux, on peut voir la dolérite et le basalte formant des montagnes coniques sans coulée de lave, qui tantôt s’élèvent solitaires au-dessus de. vastes chaînes, tantôt constituent un petit système isolé dans le voisinage de hauteurs platoniques primitives. L’absence de quarts est un caractère important commun aux anciennes roches augitiques aussi bien (pi aux laves augitiques modernes. Il donne un moyen suret rarement en défaut de les distinguer et établit leur parenté.
Les laves feldspathiques ont une nature toute différente. Leur couleur claire, d'un gris jaunâtre, blanchâtre ou même rougeâtre, les distingue si bien des laves augitiques qu'il est impossible de les confondre. Files sont composées surtout d’un feldspath finement granulé, à cristallisation indéfinie et opaque, d’une faible dureté, avec une pâte souvent poreuse et plus ou moins cellulaire, qui enveloppe de grands cristaux brillants de feldspath vitreux. Un y