‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 251 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

les premières traces de la famille intéressante des Cirripèdes devenus lixes et immobiles avec leur développement complet ; nous les retrouvons aussi ici, mais en plus grand. nombre et plus variés, et toutes les formes principales vivantes sont représentées. Après eux, viennent les coquilles bivalves des genres Cypris et Cythère , qui existent en grand nombre dans plusieurs calcaires d'eau douce. Aujourd'hui encore, on retrouve ces créatures dans tous les lacs et les étangs dont les eaux sont claires. Parmi les Crustacés molluscoj'dcs ( Limulus ) dont nous avons constaté l’existence pour la première fois dans les couches supérieures du inuschelknlk, mais dont la présence n’est pas encore démontrée dans la craie, la première espèce tertiaire a été découverte tout récemment dans le grès à lignite de Weissensfels*. A côté des Stomapodes et des Macroures, que nous avons déjà lenconlrés dans le terrain jurassique et dans les couches les plus inférieures du trias, on voit apparaitre en grand nombre les Brachyures, d’abord rares dans le jurassique et le crétacé : de mémo aussi se montrent les premiers vrais Crustacés annelés fArihros traça) à tète libre, mobile et yeux immobiles, les Isopodes. I.eurs cuirasses sont trop molles [mur avoir pu résister à des pressions considérables; nous ne les retrouvons donc qu’en petit nombre dans les couches tertiaires, et peut-être est-ce pour cela qu’on n’a pas pu constater leur présence dans le crétacé. On a observé des Oniscides terrestres dans l’ambre jaune. On y retrouve aussi beaucoup de Mites et d Araignées ; ces dernières ont laissé leurs traces dans la marne d’eau douce d’Aix et d’Œningen, très-riche en Insectes des groupes les plus divers. Ces formations lacustres, observées dans les régions des plus éloignées et que l'on peut considérer comme des dépôts de lacs intérieure, renferment des quantités considérables de ces animaux et ont révélé une faune d’insectes très-importante pour l’époque tertiaire. Oswald Heer a déjà décrit 844 espèces d’insectes provenant de la marne lacustre d’Œningen : ce sont en majorité des Coléoptères, des Hémiptères et des Hyménoptères, quelques Diptères, Orthoptères et Nevroptères et seulement 5 Lépidoptères. Cette marne, dont la llore est remarquable par l'abondance des arbres, voit aussi prédominer dans la même proportion les In-

1 Vid. ii ton nvnxiirc sur le Limnhis ttcchnn, liens la Zeilnrhriß für gcs. Snliinriurt .

1863. Kl, 01. Cf. I. — G.

sectes lignivorcs. Dans la faune actuelle de la Suisse, les Coléoptères lignivores sont aux autres Coléoptères dans le rapport de 1 à 8 ; dans la faune d’Œningcn, cette proportion s’élève de i à 5. On remarque surtout le grand nombre de Buprestides (40 espèces), auxquels se rattachent les nombreux Capricornes et Trogosites, tandis que les plus terribles de nos destructeurs de forêts, les Scarabées disséqueurs, manquent complètement. Les voraces insectes d’eau, tels que les Coléoptères et les larves de Libellules et de Cousins, les Nèpes et les Punaises d’eau, sont abondants. 44 genres seulement et f40 espèces sont particuliers à la faune d’Œningen; les 180 autres genres existent actuellement en Europe et en Amérique. Ceux de ce dernier pays ne déterminent point le caractère général qui se rapproche plutôt de la faune entomologique actuelle de la Méditerranée par la parenté des espèces. Après la marne d’Œningen, l’Ambre jaune, si riche en corps d'insectes, a le plus contribué à nous instruire sur ce groupe d’animaux pendant l'époque tertiaire. Ici encore nous ne retrouvons point une complète identité spécifique de cette période avec le temps présent, bien que cependant il y ait de grands rapports avec la zone tempérée actuelle. On y remarque aussi des formes exotiques, mais aucun type tropical extraordinaire .que le climat, beaucoup plus chaud, et la végétation si luxuriante rendaient probable. Parmi les plus remarquables, on peut citer, à cause de leur abondance, les enveloppes de larve. s île Phryyanes , que l'on a rencontré en Auvergne dans des marnes lacustres. Leur conformation ressemble complètement avec les formes analogues actuelles ; leur taille est très-grande, puisque quelques-unes ont plus de 2 pouces de long et J pouce de large. Ces tubes ont été déterminés sous le nom d'Imlusia Uibulala , et le calcaire qui en renferme des bancs complets a pris le nom de calcaire à In Juxes.

Si nous passons maintenant aux Vertébrés tertiaires, nous rencontrons parmi les Poissons, en grande partie, des genres existant encore aujourd'hui. Les formes primitives à écailles anguleuses ont complètement disparu, car les quelques dents que l’on rapportait aux Pycnodontes de l’époque jurassique proviennent de Poissons osseux et même de genres encore vivants. Parmi les Poissons osseux à écailles pectinéesetcycloïdes (Cténoïdes ctCycloïdes, p. 458), on a retrouvé presque toutes les familles vivantes, et les plus abondantes

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