‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 253 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Rlumcnbarh et d’autres écrivains anciens attribuaient ces os à un Poisson siluroide. Plus tard, la découverte d'une grande Salamandre, longue de 5 pieds, rapportée du Japon et dont nous donnons le dessin, prouva la justesse de l’opinion de Cuvier, et d’autres savants démontrèrent que cette Salamandre avec la fossile et une troisième espèce qui conserve au cou les fentes branchiales ( Menopoma alleghanensix ) et habite dans les lacs de l’Amérique du Nord, constituent un seul et même genre, et n’est point, par conséquent, un être aussi énigmatique, comme on aurait pu le croire, d’après la première divergence d’opinions*. On en connaît déjà 15 exemplaires trouvés dans la n»arnc lacustre d’Œningen, qui a aussi fourni une Grenouille gigantesque analogue à la Grenouille à cornes {Ceratophys cornu ta) du Brésil, trois Crapauds et Orvets, autant de Serpents et deux Tortues. -

Les Oiseaux fossiles sont des raretés partout, même dans les couches tertiaires; on y en rencontre cependant beaucoup plus que dans les formations antérieures. On connaît à peu près 50 genres différents à l’aide d’os isolés et de fragments, et on n’a retrouvé que peu de squelettes complets ; aussi les renseignements sont-ils, pour la plupart, extrêmement douteux, et c’est à peine s’ils permettent d’atteindre à une certitude générique, pour ne pas dire spécifique. Ces fragments paraissent cependant avoir solidement établi que tous les principaux groupes actuels, tels que les Oiseaux carnassiers, les Grimpeurs, les Pigeons, les Gallinacés, les Échassiers, les Palmipèdes existaient alors. Leurs os se trouvent tantôt dans des couches lacustres, comme dans le gypse de Paris et d’Auvergne, tantôt dans des cavernes et des brèches à ossements où ils ont été charriés par des courants avec les os d’autres Vertébrés. La grande fragilité des os d'Oiscaux, causée, d'un côté, par leur faible dimension; de l’autre, par leur structure pneumatique creuse, a fait qu’ils n’ont pu se bien conserver dans les chocs qu’ils ont éprouvé de la

1 I.a concordance générique «U* la Salamandre du Japon avec celle d'Oeningen, établie par van der lloevcn [Tydichriß, etc. 18ÖN) , me parait incontestable, et l'emploi d'un nouveau nom de genre pour le fossile, inutile, l.e Mrnojtnrna ne diffère point ostéologiquemenl «le ces deux grandes Salamandres et devrait être introduit dans le même genre. Notre ligure de l’nuimaj japonais est au même rapport de grandeur que le crâne du fossile placé à côté : en les comparant ensemble, on voit que le dernier est relativement un peu plus large que la tète du ja|>onais , mais, |Hiur le reste, il offre la même conformation. l.e squelette, dans les deux espèces, est tout aussi ressemblant dans les parties que l'ou a pu comparer, et on u'y peut reconnaître aucune différence spécifique.

lIlSTOIMi DK LA CRÉATION.

part des grands et lourds os des Mammifères, au milieu de l'agita^ lion violente qui dut nécessairement régner avec les inondations*.

Les Fossiles les plus importants des formations tertiaires sont, sans conteste, les nombreux restes de Mammifères qu’on y a trouvé. Ils réclament tout particulièrement notre attention, non pas simplement parce qu’ils sont les plus nombreux, mais encore parce que c’est dans cette période que les Mammifères apparaissent, pour la première fois, en grand nombre, et qu’ils servent à déterminer l'âge différent des couches successives par la distance qui les sépare les uns des autres, aussi bien que des types actuels.

Commençons d'abord par les lieux où on les trouve. Les couches nepluuicnnes qui composent la formation tertiaire ne sont plus les gilcs uniques; mais il faut en ajouter deux nouveaux, que nous n’avons pas encore observés jusqu’ici, et qui, à cause de l’abondance de leur contenu, ont donné lieu à l’emploi des dénominations de cavernes à ossements et de brèches à ossements. Les cavernes à ossements sont des excavations naturelles qui existent dans les roches des diverses formations et qui s’étendent irrégulièrement à travers la roche, sans avoir de formes déterminées. Sur certains points elles s’élargissent en de hautes et vastes voûtes, pour sa rétrécir plus loin et conduire à de uouvclles salles par d’étroits couloirs ; elles peuvent se prolonger ainsi sous terre à de grandes distances, même jusqu’à un quart de mille. Leurs entrées se trouvent sur les lianes des vallées qui coupent les formations, et elles n’ont pu se former que très-tard, avec le creusement des vallées, longtemps après la naissance des couches qui les circonscrivent. Les cavernes, en effet, ne sont point d’origine primitive, mais le résultat de phénomènes locaux. Celli«, par exemple, qui existent dans les roches calcaires ont été formées par des érosions d’eaux chargées d’acide carbonique qui s’é* coulaient dans les vallées où se trouvent leurs ouvertures actuelles Quelques-unes, creusées dans des roches plutoniques, doivent peutêtre aussi leur existence à des actions plus complexes, par exemple, à l’expansion de gaz conlinés. Les courants d’eau pénétraient dans ces cavernes avec leurs matériaux de transport, lorsqu’ils s’é*

1 Tout récemment on a découvert à la Nouvelle-Zélande les os d'un Oiseau gigantesque du genre «les Autruches, le Dinar ni* , Palapteryx, Âplcromû, et on en a déterminé plusieurs espèces différentes. Des voyageurs aflirmoiit que quelques-uns d’entre eux ont encore vécu dans les temps historiques. Les os de Dinornis que j'ai sous les yeux, à Berlin, ne sont pas fossiles.

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