CHAPITRE XXVI
coulaient par te* vallées après des inondations générales, et les remplissaient, autant que le permettait le poids du niveau supérieur de l'eau et l’élasticité de l’air enfermé. Ces deux forces sc mettaient dans un état d'équilibre réciproque, qui avait pour conséquence la précipitation au fond de l’eau des matières transportées. Il se déposait sur le sol des cavernes des couches de calcaire, de lelini, ou de sable que l'eau charriait avec elle, et les ossements d’animaux qu’elle roulait avec ces graviers s’y enfouissaient. Plus tard, lorsque l’eau venait à s’abaisser au-dessous du niveau de l’entrée, celle qui était à l’intérieur s’écoulait aussi, si la position de cette ouverture le permettait, ou bien s’évaporait lentement, si elle avait dû rester en grande quantité. Ces inondations ont pu se répéter de nouveau, à des époques différentes, et couvrir le sol des cavernes de formalioua très-diverses. Ces cavernes peuvent aussi avoir servi, longtemps avant leur remplissage, de repaires aux animaux les plus différents. Des Chauves-Souris, des llibous, d’autres oiseaux nocturnes et des animaux carnassiers de toutes espèces, peuvent y avoir habite à coté les uns des autres, comme ils le font encore aujourd’hui dans les excavations naturelles ou artificielles de cette nature, et n’y avoir été ensevelis ou détruits que lorsque les eaux les remplirent au milieu des bouleversements causés par le conflit des éléments. Ce dernier cas est le plus vraisemblable pour quelques cavernes qui ne contiennent en grande quantité des os que d’une seule espèce d'animaux, par exemple d’Hyènes ou d’Uurs. Le fait même est complètement avéré, depuis qu’on a observé, à l'entrée ainsi qu'aux parois, des places usées par le frottement répété qu'y ont exercé ces animaux et depuis qu’on a remarqué, au milieu de leurs ossements, des os d’Herbivores rongés et broyés, ainsi que des couches entières de l|mrs excréments étendues sur le sol, au-dessous des sédiments postérieurs. D’autre part, il y a des cavernes qui contiennent seulement des os d’Herbivores, tels que Chevaux, Rhinocéros, Moutons et Cerfs ; et comme ces animaux n’aiment guère à se retirer dans les cavernes, il faut croire que, poussés par la terreur causée par les bouleversements, ils y cherchaient un lieu de refuge, ou, ce qui est plus probable, qu'ils vivaient dans les lieux voisins, et que les courants d’eau ont charrié leurs restes où nous les trouvons aujourd’hui. On a des preuves évidentes de tous ces cas. Les cavernes de Müggendorf et de Gailenreuth, creusées dans la dolomie du terrain