‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 255 sur 295 · CHAPITRE SXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE SXVI

d’Ours, mais elle est moins riche que les précédentes. La caverne du Chokier, creusée dans le calcaire houiller, sur le Maas, à Lüttich, se distingue, an contraire; par sa grande richesse en os ossiles.- Un trotive encore d’autres cavernes intéressantes et riches en France, par exemple, à Montpellier, dans le calcaire grossier, à Bi/.c (département île l’Aude), dans le calcaire jurassique ; en Italie, dans l’Amérique du Nord, et surtout dans l’Amérique du Sud, àVelhas, desquelles tout récemment M. Lund a extrait une grande abondance de types de Mammifères fossiles, dont le nombre dépasse la faune actuelle du Brésil, déjà très-variée, cl fournit des formes antédiluviennes correspondant à presque toutes celles qui vivent dans ce pays. — Les brèches il ossements sont moins importantes; ce sont des crevasses, ouvertes dans d’anciennes roches et béantes à la superlicie ; elles se sont remplies avec les décombres que les eaux y ont entraînées. Au milieu de ces remplissages se trouvent des os d’animaux fossiles qui en constituent souvent la masse principale. On les rencontre surtout le long des eûtes de la Méditerranée, par exemple, au château de Nice, en Corse, à Cagliari, en Sardaigne, à Cette et à Gibraltar, à San Cino, près de Païenne, à Syracuse et en d’autres endroits. On a même déjà trouvé une de ces crevasses remplies d'animaux antédiluviens dans la Nouvelle-Hollande, sur le llcuvc Bell, dans l’intérieur des terres, à 35 milles de Newcastle. L'Allemagne en possède aussi dans plusieurs endroits, par exemple, une à Ouedlinbourg, qui a déjà fourni quatre dents de Rhinocéros, des dents de Mammouth et des os nombreux d’ilyèncs, de Chevaux, de Cerfs, de Lièvres et de Marmottes. Elle se trouve dans le gypse et est remplie avec du loess qui empâte les ossements.

Les espèces trouvées dans ces divers gisements se présentent tantôt comme des forme» particulières et étrangères que l'on rencontre plus particulièrement dans les couches tertiaires inférieures et moyennes contemporaines des lignites les plus anciennes, du calcaire grossier di> bassin de Paris et de Londres, ou de la formation de la teijel (argile plastique, p. 505), tantôt offrent des types nombreux qui se rattachent de très-près aux espèces actuelles et que plusieurs savants ont même considéré comme de simples variétés. On a constaté qu'il ne manque aucune des familles de Mammifères vivants, et si on rencontre quelques formes qui n'entrent pas sur-lc-champ dans ces familles, c’est que leur véritable affinité

n’est pas encore complètement déterminée. En général, nous ne possédons que des fragments incomplets qui nous laissent en suspens, à cause de l’absence de leurs organes caractéristiques. Quant aux espèces parentes et très-rapprochées des nôtres, elles sont le plus souvent plus grandes que celles qui vivent et, bien qu’il y ait eu aussi alors des espèces petites, il est cependant rare que les grandes n'aient pas existé simultanément. L’Ours antédiluvien des cavernes dépasse de beaucoup, par la taille, l'Ours polaire et l’Hyène de la même époque est, quant aux dimensions, avec l’Hyène actuelle, comme le Dogue au Barbet. Les Éléphants tertiaires ne semblent point avoir été beaucoup plus grands que ceux d'aujourd’hui : les Ithinocéros et les Hippopotames avaient des espèces plus grandes et plus petites que celles qui vivent actuellement. Ces animaux possédaient alors un vêlement de poils longs et épais, comme les Porcs, seuls parmi les Pachydermes, en portent aujourd’hui. On a voulu en conclure l’existence d'un climat plus âpre auquel ces animaux étaient exposés dans leur lieu d’origine, et on a admis qu’à l’époque tertiaire la plus récente, lorsque l’Éléphant habitait nos plaines, les différences de zones étaient déjà aussi tranchées qu’aujourd'hui. Mais ce vêtement épais de poils ne justifie nullement ces conclusions, puisque nous voyons encore sous nos yeux des animaux à pelage très-épais, comme les Paresseux, vivre dans la zone tropicale, et que les animaux carnassiers polaires n'ont pas une fourrure plus chaude que ceux des tropiques. Malgré ce vêtement épais de poils des Pachydermes, le climat de l’Allemagne peut donc très-bien n’avoir pas été plus chaud à cette époque qu’il ne l’est maintenant, et même, lorsqu'on prend eu considération la llore et la faune entière, scs variations semblent avoir eu à peu près le caractère du régime climatologique que nous trouvons actuellement sur le littoral de lu Méditerranée. Là, eu effet, vivent encore aujourd’hui, dans les endroits où l’intlDencc modificatrice de l’homine a eu le moins d'action, toutes les formes organiques qui alors étaient répandues stille sol de l'Europe centrale. Ces Hyènes, ces Ours, ces Tigres, etc., de dimensions beaucoup plus grandes, nous apprennent aussi que les animaux carnassiers prédominaient à cette époque et nous donnent lieu de présumer qu’il devait aussi exister un nombre considérable de grands Herbivores pour satisfaire aux besoins de Carnivores si grands et si nombreux. Le fait est d’ailleurs avéré pour le

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