CHAPITRE IV
OU
trouve encore en faible quantité des cristaux d’albite, de mica, de hornblende, de quartz, de spath calcaire, d'augitc et de fer magnétique. Lorsque cette roche n’est pas en coulée comme la lave, mais qu’elle forme des cônes isolés et des mamelons éomme le basalte et la dolérite, elle se nomme suivant Haüy Iruchyte, suivant d’autres domite, à cause de la forme sphérique des montagnes, semblable à une cloche. Ses épanchement*, en forme de coulée, prennent le nom de lave trachytique. Ils sont si rares que plusieurs géologues avaient mis leur existence en doute. Mais des recherches nouvelles ont si bien établi la réalité des coulées de lave trachytique qu’on a pu démontrer que la pierre ponce et l’obsidienne, dont tout le monde admet l’épanchement en coulée, ne sont que des formes particulières de trachyte. Leur composition chimique ne diffère que par la proportion d'eau moindre : 1 à 2 pour 100 dans la pierre ponce et l’obsidienne. De plus, on a reconnu des coulées de lave trachytique à la Solfatare et peut-être aussi sur l’Etna. L’ile (l’ischia en donne l’exemple le plus décisif. D’après la description d’Abich, on y voit le trachyte tantôt en fragments massifs avec lissures horizontales se dressant verticalement, tantôt en couches à surface scoriacée, preuve évidente de coulées sous-marines soulevées hors des abîmes volcaniques. Elles sont entremêlées de couches de débris, qui tantôt sont enfermés dans leur masse, tantôt, au contraire, les recouvrent, et parmi lesquels la rétinite abonde plus que l'obsidienne. Ces formes scoriacées, cellulaires, passant à la pierre ponce, dénotent partout le résultat d’épanchements venus de l’intérieur, sous l’action desquels les matières à l’état de fusion ignée purent vaincre la résistance des éléments placés au-dessus d’elles. — Le trachyte massif occupe dans les volcans la partie supérieure et interne du cratère; il forme ordinairement le noyau da cône d’éruption, d'où les laves se sont épanchées plus tard en recouvrant les parois du cône primitif. Dans nos volcans encore en activité, nous trouvons rarement le trachyte à l'extérieur. Cette roche est inaccessible aux regards de l'observateur. Elle repose dans les profondeurs, et ne manifeste son existence que par les blocs lancés hors du cratère. Mais dans les volcans éteints le cône de trachyte est à nu. Sa tête chenue témoigne de l’âge antique du dôme qu'il a formé. Ces masses trachyliques nues ont fait imaginer, avec assez de justesse, que les montagnes auxquelles elles appartiennent
avaient primitivement une activité volcanique extrêmement violente, qui selon toute apparence ne dura qu’une courte période. On explique encore de là pourquoi les épanchements en coulée, qui dénotent toujours une activité intermittente et souvent répétée, se montrent moins fréquemment dans les montagnes trach y tiques; en réalité elles manquent absolument dans les grands cônes trachvtiques dans les fameux volcans des Cordillères, de Quito, à l’exception seule de l’Antisana. L’Europe, l'Auvergne, les régions du Rhin inférieur, les îles Lipari et particulièrement les environs de Pon/.a Gruppe sont riches en trachyte. On y trouve une forme particulière de trachyte qui, par le quartz isolé, le feldspath vitreux et le mica à couleur de tombac qu’il contient, ressemble beaucoup au granit; mais sa structure lui a fait donner le nom de porphyre trachytique. Abich a démontré que le porphyre trachytique est sorti de grandes crevasses du sol sous forme de filons, comme la lave aujourd’hui en bien des lieux, à l’Etna par exemple. Ce mode de naissance est la cause de la configuration déclive et semblable à une longue muraille des îles dont il constitue la charpente. La présence du quartz dans le porphyre trachytique est de grande importance pour établir la; théorie des phénomènes volcaniques. Elle renverse la croyance que l’absence du quartz est un des signes caractéristiques des matières volcaniques et qui voulait donner à cette roche une autre origine que la fusion ignée*.
La klinystein ou phonolitlie appartient aux formations trachytiques. Sa couleur d’un gris sombre l’a souvent fait considérer comme un degré intermédiaire entre le basalte et le trach j te. Mais c’était une erreur. La phonolitlie est plutôt un trachyte à coloration foncée dont les éléments ont une grande finesse et une grande homogénéité, très-dur et très-cassant. Il est rare qu’elle renferme des cristaux isolés de feldspath vitreux, plus rarement encore du hornblende, fie l’augitc ou du fer magnétique. Au contraire, elle se distingue du trachyte commun par son eau de combinaison chi-
1 On a distingué la roche de» volcan* des Andes par quelques particularités dans la composition chimique, et on l*a considérée comme une espèce particulière de trachyte, nommée andésite. Voy. Abich.
* Afin qu’on ne puisse pas me reprocher d’ignorer les laits nouveau* de cette controverse, j'ajoute que G. Bischof lui-même s’est rangé du côté de ceux qui donnent une origine aqueuse aux roches renfermant du quart/, à l’état libre. Il ne m'appartient pas de trancher In question. Je. dois seulement attendre le résultat final de ces discussions.