‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 263 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

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lourds membres postérieurs, il redressait la partie antérieure du corps, plus dégagée et année de membres longs, alin de recourber les branches suspendues au-dessus de lui et de s’en nourrir eu les broyant lentement. C’était l'uniipic travail auquel il lut soumis, et il devait encore lui être assez pénible, vu la lenteur très-grande de ses mouvements. Le Meyalonix, un peu plus petit et d’une conformation plus élancée, était armé de bras encore plus longs et de phalanges unguéales proportionnellement plus grandes, comprimées latéralement et crochues; sur ce point, il ressemblait plus aux Paresseux actuels. Peux autres genres, les Mijlodon et Platymnjx

Fig. 60. — Mijlodon robust us, 11 pieds de long du museau à la queue.

(Scelidotherinm) , sont voisins des précédents pour la taille, mais conservent l’aspect lourd des premiers. Tous quatre avaient en avant cinq doigts, avec de longues griffes aux trois internes, et quatre en arrière, deux avec grilles, le Metjalonyx peut-être cinq et- trois. On les trouve dans le diluvium de l’Amérique du Sud, et ils vivaient probablement des feuilles des arbres, qu'ils se procuraient au moyen de leurs puissantes griffes, en se dressant le long des arbres et courbant les branches. Le genre Mijlodon , découvert seulement en 1841 et décrit admirablement par Owen, est on ne peut plus propre à montrer la puissance de leur structure anatomique. Os animaux n’avaient point de pelage, de même que leurs représentants

tili HISTOIRE DE LA CRÉATION.

actuels, les Paresseux, maïs ils étaient couverts de mamelons osseux engagés dans la peau et de minces lames cornées qui formaient une cuirasse, ainsi que je l'ai mis hors de doute dans mon travail sur le Mylodon gracilis Mais cette cuirasse était plus faible que celle des Tatous (Glyptodonseu Hoplophorus) de la même époque, que Lund a découvert dans le Brésil, en mémo temps que Darwin dans le Banda Oriental, et dont les débris de cuirasses, connus déjà antérieurement, avaient été attribués à tort au Mégathérium. Les Tatous gigantesques des temps géologiques n’avaient point de ceinture dans la cuirasse, comme les Armadillos actuels (Dasijpus), mais la cuirasse dorsale était continue, fortement bombée, avec une cuirasse pectorale plate et séparée de la première, d’où je leur ai donné le nom de Biloricata ’.

Les Rongeurs, ces Mammifères représentés aujourd’hui par des espèces petites dont nous avons décrit les caractères plus haut (p.i67) , se trouvent rarement à l’état fossile, à cause de leur petitesse ; on a cependant observé assez fréquemment des os de Lièvre et de Souris des champs dans des cavernes ou des brèches. Les os de Porcs-Épics, de Cochons d'Inde, de Castors, de Marmottes, de Zisèls et d’Écurcuils se montrent rarement et présentent tant de formes analogues à celles d’aujourd’hui, qu'on peut en déduire l'existence de variétés absolument semblables pendant l’époque tertiaire. La plupart de ces os appartiennent aux couches les plus récentes du diluvium ; quelques-uns seulement ont été trouvés dans le tertiaire moyen et même dans l’inférieur. On ne connaît encore que quelques formes étrangères manquant complètement aujourd’hui.

Les Marsupiaux , les plus singuliers de tous les Mammifères vivants, dont nous avons vu apparaître les premières tracesjusque dans le terrain jurassique (p. 570), n'habitent plus aujourd'hui que la Nouvelle- Hollande, les îles voisines et l’Amérique. Dans cette dernière contrée, Lund en a déjà fait concorder un grand nombre d'espèces fossiles avec celles qui vivent encore; et la Nouvelle-Hollande aussi a ses espèces vivantes représentées par des formes géologiques assez généralement douées d’une taille gigantesque. On a trouvé plusieurs espèces de Didelphiens dans les couches éoeèues de diverses loca-

* Archive* d anatomie, de physiologie et de médecine. Berlin, 1865, p. 534.

* Sur ces animaux de l’Amérique du Sud, consulter le mémoire de Fauteur, inséré dans les Anales dcl musco publico de Buenos Aires. 1806, t. I, n* 5, tab. 5-8. — G.

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