CHAPITRE XXVI
lités de la France; une autre dans les couches du même âge du comté de Suffolk, et comme les mâchoires de Stonestield, dont nous avons déjà parlé, appartiennent aussi à ce groupe ( Thylacotherium , Phascololherium) , ce type est, non-seulcincut le plus ancien des Mammifères, mais encore des Marsupiaux.
Après les Pachydermes, les Carnassiers sont, sans conteste, les représentants les plus importants des Mammifères antédiluviens, parce que leurs os sont les plus abondants et qu'ils sont mieux conservés à cause de leur plus grande dureté. Presque tous appartiennent aux époques les plus rapprochées des temps actuels, fait très-intéressant, en ce qu’il nous prouve que les Mammifères herbivores ont été d’abord plus nombreux que les carnivores, comme on pouvait le prévoir d’avance en réfléchissant à la nature de leurs besoins. Actuellement on divise les Carnassiers en trois groupes principaux ; les Ours omnivores, à molaires munies de mamelons tronqués; les Carnivores proprement dits, pourvus de 6 incisives, d’une canine triangulaire et de molaires hérissées de pointes et les Insectivores, petits animaux à molaires hérissées de pointes, incisives oscillantes et clavicules qui font défaut aux autres groupes. Ces trois divisions nous sont représentées par des espèces diluviennes et ter- . tiaires, surtout les Ours, par le genre typique Ursus. L’Europe possède actuellement deux espèces d'Ours, y compris l’Ours polaire qui n’existe que sous les latitudes boréales les plus élevée» : autrefois notre continent avait le même nombre d’espèces. L’une d’elles qui, à cause de la présence fréquente de ses ossements dans les cavernes d’Europe, surtout dans celles de la Wcstphalie et de la Franconie (p. 591), est connue sous le nom d’Ours des cavernes (U. spelæus), est un des animaux fossiles les plus connus et les plus communs. Nous donnons la figure de son crâne (fig.61 . — l),en même temps que celle du crâne de l’autre espèce fossile (U. prisais, 2) et de l’Ours brun (U. ardus, 5), afin de bien faire voir les différences de conformation et la grandeur relative des animaux entiers. L’Ours des ca vernes était presque d’un tiers (exactement dans le rapport de 9 à 7) plus grand que l’Ours brun actuel et dépassait encore beaucoup l’Ours polaire; mais ses mœurs devaient être plus douces que celles du ce dernier, et peut-être même ce grand animal était-il encore moins sauvage que l’Ours brun. Cette assertion s’appuie sur le développement relativement moins grand de la dentition et surtout
des canines, sur le front fortement bombé et sur la faible hauteur des arêtes pariétales du crâne. Comparons à ces trois points de vue les crânes figurés : VUrsus priants , qui atteignait seulement la grandeur de l'Ours brun, avait des défenses relativement plus grandes,
des molaires plus courtes, un front beaucoup plus abaissé et des crêtes pariétales plus élevées (pie les deux autres espèces, mais sur tous ces points se rapprochait beaucoup plus de l’Ours polaire que de l’Ours brun. Cependant, il ne dépassait l’Ours polaire ni par la taille, ni en férocité, comme le prouvent son crâne, présentant la même courbure que l’Ours polaire, et sa mâchoire inférieure [dus faible. Les analogies de VUrxtia tpelætts cl de VUrsus arclos sont dans un rapport inverse. I.c premier, l’espèce la plus grande, appartient aux époques anciennes et paraît avoir été moins féroce (pie