‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 265 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

le dernier, qui, tout en étant plus petit, a cependant des parties comme l'arcade zygomatique, les appendices de la couronne plus développés au maxillaire inférieur et les crêtes pariétales fortement marquées, qui en font un carnassier achevé. Les deux espèces fossiles différaient donc dos doux espèces vivantes d’Europe, non-seulement au point de vue spécifique, mais elles étaient encore des animaux moins dangereux, en ce sens que la plus grande avait les mêmes moeurs que la petite espèce vivante, et la petite, au contraire, le naturel féroce de l’Ours polaire vivant, doué d'une taille beaucoup plus grande. Il est encore intéressant de remarquer que l’Ours des 4 cavernes n’avait que trois molaires postérieures à la mâchoire supérieure et qu’il perdait les fausses molaires entre elles et les canines. VUrsus prisais, au contraire, semblable aux Ours vivants, avait quatre molaires au maxillaire supérieur et conservait longtemps ses fausses molaires. Comme conséquence do ceci,- la dernière molaire supérieure du fond de la bouche de VUrsus spelæus était proportionnellement plus longue que chez VUrsus prisais et chez les espèces vivantes, ainsi qu’on peut s’en convaincre par les dessins de cette molaire chez VUrsus spelæus (fig. 61. — 4) et chez VUrsus prisais (5).

A côté des Ouês proprement dits, on ne trouve à l’état fossile en Europe aucune autre espèce de Carnassier omnivore, et leur distribution géographique semble avoir été tout d’abord la même qu'aujourd'hui. Aux Carnivores proprement dits, appartiennent les Belettes, les Civettes, les Chiens, les Hvènes et les Chats qui constituent autant de groupes naturels et de types principaux. Tous ont existé aux époques préadamiques. Les Belettes, représentées actuellement en Europe par les Martes, les Putois, les Gloutons, les Blaireaux et les Loutres, se montrent avec tous ces genres à côté de l’Ours des cavernes, et plusieurs espèces ont été trouvées avec les os de ce dernier et dans le terrain tertiaire. Los Civettes, limitées aujourd’hui presque exclusivement à l'Asie et à l’Afrique, ne manquaient point alors dans nos contrées; elles y apparaissent avec plusieurs formes étrangères au monde actuel que la mauvaise conservation des fragments ne permet point de déterminer exactement. Parmi les Chiens, les Loups et les Renards existent en nombre suffisant pour établir l’existence de ce genre pendant les temps primitifs aussi évidemment que pour l’époque actuelle ; ic Chien domestique, facile à

reconnaître à son front bombé, vivait aussi alors. Tous trois sont identiques avec, les espèces actuelles. Mais les os de Chien sont en résumé assez rares. A l’époque miocène, avant l’apparition des véritables espèces de Chiens, vivaient plusieurs Carnassiers dont les formes concordent dans leurs traits essentiels avec le type des Carnivores, mais qui, pourvus de trois grandes et fortes dents tuberculifères au maxillaire supérieur, au lieu de deux, conjme chez le Loup, présentent plutôt un caractère omnivore, et cette- affinité avec les Ours est encore augmentée par la conformation lourde du squelette. On en connaît plusieurs espèces, trouvées en l' rance et en Allemagne, ayant une taille depuis celle du Renard jusqu’à celle de l’Ours ; on les a réunies dans le genre Amphicynn. Il’autrcs espèces, enfouies dans des couches encore plus anciennes, dont on a fait le genre Cijuoilon, relient très-bien les Chiens aux Civettes. Les ossements ù' Hyènes, dans les dépôts diluviens, sont plus abondants que ces Carnassiers tertiaires : on y trouve surtout une grande variété surpassant considérablement en force les espèces vivantes et dont les débris existent dans plusieurs contrées en quantité bien supérieure à celle de tous les autres ossements fossiles. Elle constituait une espèce (Hijæna spelæa) analogue à l'Hyène mouchetée actuelle (H. ameuta), et, comme l’Ours, elle paraît avoir vécu de préférence dans les cavernes. Sa crête pariétale, extraordinairement saillante, dénote une grande puissance de la dentition cl prouve, en y joignant la forme arrondie des tubercules des dents, qu’elle était destinée à broyer les os, que ces animaux voraces dévorent avec la même avidité que la chair put ridée des cadavres dont ils se nourrissent. Cinq molaires en haut, quatre en bas derrière la canine, la rendent facile à reconnaître; cependant la dernière molaire supérieure du fond dê la bouche, qui est très-petite, manque souvent complètement. Une seconde espèce, plus rare, du diluvium, H. prisca, çst analogue à l'Hyène rayée vivante; et une troisième, trouvée dans les étages tertiaires les plus récents, occupe le milieu entre elles. La disparition d'une molaire et le développement plus marqué des angles et des arêtes de toutes les dents distingue la dentition des Chats de celte des Hyènes; ce genre renferme les Carnassiers les plus pauvres en dents (quatre molaires en haut, trois en.bas), mais aussi les mieux caractérisés. Répandu actuellement avec de nombreuses espèces sur toute la surface du Globe, il n’existe cependant que sous deux formes

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