CHAPITRE XXVI
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on Europe et dans la zi^ie tempérée, 1 eLynx et leChnl sauvage. Mais à l’épo(|ue où les Eléphants et les Itliinocéros vivaient sur le sol de notre patrie, les Tigres de la zone tropicale ne lui manquaient pas non plus. On retrouve, en effet, les ossements d’une grande espèce (Felis spelæa), éloignée du Tigre actuel, en société avec les os des
échelle*. Le premier a exactement un pied de long, le »ccond dix pouce?« un quart; 3. dents de b mâchoire supérieure de l'espèce vivante vue (Kir leur surrace triturante; I. molaires de la mâchoire inférieure vues de côté.
Ours et des Hyènes, quoique moins nombreux que ceux-ci; on les a longtemps considérés comme appartenant à un Lion. Les os fossiles des autres Félins sont aussi rares que ceux des Chiens. On peut
1 Os doux dessins, ainsi qu'une grande partie de ceux qui précèdent, ont été exécuté* par moi-mémo d’après des crânes existants dans les collections de Halle. Pour VH. spelaa, j’ai eu cinq exemplaires du loess de Sevckenherg, près de Quedlinbourg ; mais au-
Fig. 62. — Crâne* d'Ilyènes.
cun n’avait l’arcade zygomatique complète.
HISTOIAE DE LA CDfiATION.
donc regarder comme un caractère de l'époque actuelle la riche abondance des variétés de ces deux types do Carnassiers, tandis que dans la période antérieure les Durs et les Hyènes étaient les Carnassiers les plus nombreux et les plus diversifiés. Ils étaient encore plus rares à l’époque tertiaire, mais plusieurs genres particuliers et voisins les remplaçaient alors. Un des plus curieux est le Muchxrodus, à cause de scs canines supérieures très-longues et à arêtes tranchées et qui, chez quelques espèces, étaient entaillées sur les arêtes en dents de scie, chez d’autres tranchantes. La dentition, le crâne cl toute la constitution ostéologique le rapprochent plus des Chats que d'aucun autre Carnassier. Leurs espèces sont très-répandues dans les couches tertiaires les plus jeunes, et on les a trouvées aussi dans l'ilimalaya et le diluvium de l’Amérique du Sud'. Les Insectivores représentés actuellement par le Hérisson, la Musaraigne et la Taupe, ne Faisaient point défaut à l’époque préadamique. On a trouvé leurs restes, mais en petite quantité, parce que ces petits animaux ont une structure trop délicate pour reparaître en grand nombre dans les dépôts fossilifères. Il en est de même des Chauves-Souris, dont on retrouve les os jusque dans le gypse de Paris, et qui ne manquent point complètement dans le tertiaire plus récent, mais y sont rares. Longtemps on a cru que l’existence des Singes dans l’époque présente était un caractère qui distinguait son organisation aussi sûrement que la première apparition de l’espèce humaine, mais de nouvelles découvertes ont renversé celte opinion erronée. Nous sommes actuellement en possession d’os de Singes fossiles, et nous devons donc aussi reconnaître ce curieux type animal comme appartenant à la période préadamique. Les singes n’étaient point limités, comme aujourd’hui, aux régions australes, mais s’étendaient, comme les Lléphants, les Rhinocéros, les Girafes, les Tigres et les Hv ènes, sur toute l’Europe centrale. On a découvert les premiers restes au pied de l’Himalaya dans la chaîne de Siwalik ; d’autres ensuite, dans le département du Gers, au sud de la France; plus tard, un maxillaire inférieur en Angleterre*. Plus récemment, Lund en a trouvé au Brésil; et plu> tard encore, de nombreux restes, pro-
* Consulter In notice «le l'auteur sur un squelette de Machœrodus du inus/'uni «le Buthios-Ayres, dans les Mémoire» de la société des naturalistes de Halle. 18G7. t. X, avec planche. — G.
4 Vid. L. Martin, A genrr. introd. to the nat . h ist. of mammif. anim., p. 350, Lond. 1841. In-8*.
CUAPITKK WVI.
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venant de la Grèce, au pied du Pentélique, ont été distribués dans de nombreuses collections. Parmi toutes ces localités, celles d’Europe ne possèdent plus aucun Singe, bien que leur présence sur ie rocher de Gibraltar démontre qu’ils pourraient très-bien habiter nos contrées méridionales. Avant l’époque diluvienne, ils se sont retirés au delà de la ligne des Alpes qui actuellement constitue, sous plusieurs rapports, une limite tranchée entre le Sud et le Nord, au point de vue de l'organisation. Bien que les Eléphants et les Rhinocéros de ces hautes latitudes de l’Europe pussent vivre dans des régions plus froides que leurs survivants actuels, la présence des Singes dans les mêmes lieux prouve, à mon avis, que le climat y était plus chaud sans être tropical. Les Singes tertiaires et diluviens n’olfrcnt point de caractères particuliers dans leur organisation exigeant de nous une description plus complète de leurs débris.