‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 272 sur 295 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

L’Homme* le dernier venu de* habitant« de la Terre.

Les considérations qui précèdent nous ont amené à ce point de l’évolution organique où vient se placer la première apparition de l’Homme, et nous nous trouvons maintenant sur le seuil des temps modernes. Nous allons essayer de soulever le voile qui sépare deux périodes de création, en nous appuyant sur des observations scientifiques pour apprécier les faits et les traditions et les faire concourir à s’éclairer mutuellement.

Est-il bien certain qu’il n’a point existé d’Hommes avant la période d’organisation actuelle? Nous allons d’abord répondre à cette importante question 1 .

On a cru longtemps que cette question devait se résoudre par une réponse négative, et nous l’avions fait ainsi dans les éditions antérieures de ce livre; mais, durant les dix dernières années, des faits nouveaux sont venus combattre avec tant de puissance cette ancienne manière dé voir, défendue d’abord par les savants les plus considérables et les plus autorisés, que vouloir la soutenir encore aujourd’hui, n’est plus que de l’entêtement et de l’opiniâtreté à ne pas abandonner des idées devenues insoutenables. Nous admettons l’existence d’ossements humains fossiles, et nous reconnaissons, nonseulement la contemporanéité de l’Homme avec les grands Marnmi-

1 II est peut-être beaucoup de nies lecteurs qui espéreront rencontrer ici un examen critique sur le comment de l'origine du premier Homme, une véritable histoire de sa naissance. Mais la science ne peut écrire cette histoire que dans ses traits généraux, comme nous l’avons déjà l'ait au chapitre 17 ; elle ne peut présenter aucun fait avéré sur ce sujet, et, comme je n’en veux offrir que de tels à mes lecteurs, je les prie de se contenter des indications dounées plus haut.

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iï; res éteints du diluvium, mais éneore nous considérons comme très-probable son existence pendant les derniers temps de l'époque tertiaire, nous en remettant à l’avenir de donner une solution délinilivc sur cet important sujet de discussion.

Ce n'est point ici le lieu d’entrer dans les détails sur lesquels s’appuie la nouvelle théorie ; je renvoie le lecteur au beau travail de Cli. Lyell1, dont la traduction se trouve aujourd'hui entre les mains de tout le monde. Nous mentionnerons ici seulement quelques-uns des faiis les plus importants, principalement dans le but de corriger l’exposition primitive des éditions antérieures de cet ouvrage et démettre les laits qui y étaient cités dans leur véritable jour.

La plus ancienne mention d’ossements humains fossiles appartient à Joli. Fr. Esper, qui les trouva daus la caverne de Gailcnreuth et lit connaître sa découverte en 1771’. 11 est regrettable qu’on n’ait fait depuis, autant que je sache, aucune nouvelle recherche pour vérifier la valeur de cette trouvaille. Peut-être ces os avaient-ils été apporlés après coup par les courants d’eau à une époque beaucoup plus récente, comme ceux qui ont été trouvés plus lard à Koestrilz, dans la principauté de lleuss, à côté de. débris fossiles d’Ëléphants et de Ilhinocéros. Ils tirent beaucoup de bruit à l’époque de leur découverte, bien qu’ils fussent sans intérêt, comme on l’a prouvé récemment en examinant de nouveau le lieu de leur gisement *. On a trouvé des ossements humains, dans les mêmes conditions, sur plusieurs points; par exemple, à Sorau, dans la llasse-Lusace, dans une excavation calcaire; à Nice, dans les brèches à ossements qui existent [très de celte ville et en d’autres lieux. Quant aux prétendus Hommes fossiles découverts à la Guadeloupe, nous en avons déjà parlé antérieurement (p. 43|; leur gisement n’est qu'une sépulture peu ancienne des populations caraïbes primitives. Il en est de même du grand champ mortuaire, trouvé il y a peu d'années en Souabe, et qui n’est qu’un cimetière des anciens Allemanns ; la disposition régulière des squelettes et la nature peu ancienne du sol ne laissent subsister aucun doute surce point. L'/Iomo diluviilistis, de Scheuch-

* The gcohujical évidence of Ihr nnliguilg of nom, clc., liy sir Cli. I.yrll. lomlon, 18(u. ln-8°, 1" édit. — Trad. on français.

* Memoire circonstancié sur des gnodrujd'dc.s inconnus trouées récemment à Teint fossile, olc. .Niirernliorp, 1771. In- fol. Traduit aussitôt on fraudais par J. Y. Isonllainni.

* Consulter, j\ eo sujet, la notice tic Th. liebe dans la Zeitschr. /'. d. ycsammt. ynlurwtAS., t. XXIII, p. 433. 1804.

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