CHAPITRE XXVIII
paume des mains, à la plante des pieds et sur quelques points du visage, comme on peut s’en convaincre en regardant avec attention toutes les autres parties du corps. .Mais dans le plus grand nombre de ces points les poils restent petits et sans développement, bien qu’ils ne. soient pas plus elair-semés que sur le crâne, sur le contour du visage de l'Homme et sur les autres parties portant des poils longs et bien développés. La couleur et la forme de ces poils n’est point livrée au hasard ; mais elles obéissent â des lois de race très-accusées. Ces lois, connue celles qui président à la coloration de la peau, mais peut-être plus aisément, ne peuvent être détruites que par des changements dans le genre de vie et |>ar des croisements de races différentes. Les poils présentent deux types principaux dans leur conformation : le poil frisé, laineux et mou du Nègre et le poil long, lisse ou à grandes boudes de l’Européen, du Malais et des Américains'. On ne sait pas encore bien d'où provient cette différence. Sans doute qu’elle a sa cause dans la structure des poils eux-mêmes et semble provenir d’une compression discontinue du fil pileux. Les poils de la première forme sont toujours noirs ; ceux du second groupe prennent, au contraire, plusieurs couleurs, depuis le noir le plus intense jusqu’au jaune ou blond le plus clair. Chaque peuple resté sans mélange a une conformation et une couleur particulière, les mêmes pour tous les individus ; mais toutes se modifient de bonne heure, non-seulement à la suite de croisements, mais encore par suite de changements dans la manière de vivre. Le poil a, non pas seulement chez l'Homme, mais aussi chez tous chez les Mammifères, une tendance à se modifier plus facilement qu’aucune autre des parties du corps. Il est donc le premier à perdre son caractère national ; et, entre toutes les parties du corps de l'Homme, c’est lui qui offre le plus de variations et de nombreux et nouveaux degrés intermédiaires. Aussi est-ce seulement chez les populations absolument sans mélange et conservées dans l’état de pureté primitive que sa nature peut servir de caractère de race. Ce n’est pas à dire qu’il n’existe point des individus, même parmi les nations civilisées, qui aient conservé sans tache le type national primitif.
Les quatre points, que nous avons traités jusqu'ici, embrassent les différences extérieures les plus apparentes, sinon les plus importantes des races humaines, et elles nous donnent un moyen do classer méthodiquement les peuples. Mais avant d’entamer cette opération dé-
1IIST0IRF, DE LA CRÉATION.
licatc, il faut encore que nous fassions connaître quelques différences plus importantes du squelette et que nous nous arrêtions surtout à l’étude du eràiie. La diversité de scs formes, tout en conservant le même plan d’exécution, est très-grande ; mais on peut les ramener à trois types principaux, que nous allons caractériser exactement comme les trois formes primordiales du crâne humain. La première est la forme elliptique, comprimée latéralement de gauche .à droite. Les crânes de ce genre ont le visage étroit; le plus grand diamètre se place entre les os des joues, le front est bas et déprimé, la dentition en saillie, le menton fuyant, le sommet de la tète étroit, presque à arcte anguleuse et l’occiput très-saillant en arrière. Le second
Fig. 04. — Types tic crânes ovale, sphérique et elliptique*.
type est la forme .s sphérique ou cubique : elle se distingue par un ovale presque rond, un front bas, mais large, les os des joues fortement développés, une dentition large et verticale et un menton large aussi et vertical ; le sommet de la tête est faiblement bombé, l’occi-
1 Le n° 1 représente, comme prototype tic la forme ovale, le crâne d'un homme de vingt-huit ans, du pays de Halle, dont les proportions sont les suivantes : l.a hauteur totale du crâne placé horizontalement, depuis le menton jusqu’au vertex. est de 7 pouces 6 lignes ; la largeur, dans son plus grand diamètre au-dessus de la cavité orbitaire, ü pouces 2 lignes ; largeur entre les arcades zygomatiques, 5 pouces 5 lignes ; écartement «lu maxillaire inférieur à l’angle postérieur, 5 pouces 10 lignes. Le crâne n° 2 est celui d’un Kalmoiick ; sa hauteur est seulement de 6 pouces 10 lignes; largeur à la hauteur des yeux, 5 pouces fl lignes ; entre les arcades zygomatiques 9 pouces 7 ligues ; du maxillaire inférieur, 4 pouces 10 lignes. Enlin. le n* 3 représente le crâne d’un Cafre ; hauteur. 0 pouces 8 lignes; largeur, 4 pouces 10 lignes; entre les arcades zygomatiques, 5 pouces 0 lignes, et pouces 9 lignes i entre les branches du maxillaire inférieur.